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	<description>Ecolosphere.net est un lieu d’information, d’analyse et de débats, où sont abordées toutes les thématiques de l’actualité au sens large, mais analysées selon les critères de l’écologie politique, avec une visée prospective.</description>
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		<title>Dette publique&#160;: trois options non écolos et une autre</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1376-dette-publique-trois-options-non-ecolos-et-une-autre/</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 13:14:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Morel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[L’auteur souhaite ici montrer que les partenariats publics privés (PPP) s’apparentent au système des « fermiers généraux », cercle vicieux dont l’amplification nous mène au bord d’une rupture à venir. Il apporte ensuite des éléments pour une réponse écolo à cette situation.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>«&#160;Mme Pecresse propose que la “double boucle” de métro automatique projetée par Christian Blanc soit financée par la région à hauteur de 300 millions d’euros par an à partir de 2012 en partenariat public-privé&#160;».</em></p>
<p>Le 11 Juillet 1789, Louis XVI révoque Necker de sa fonction de Directeur Général des Finances du royaume.</p>
<p>La royauté est en faillite morale, politique, mais aussi financière. Depuis plusieurs années les dépenses publiques excédent les recettes d’un quart voire d’un tiers. Pour combler ces déficits, le Trésor fait appel à l’emprunt et à des expédients financiers coûteux.</p>
<p>Un de ses expédients est l’affermage. Le roi reçoit des fonds de financiers privés, les fermiers généraux qui obtiennent en échange le droit de collecter les impôts. Les fermiers versent immédiatement le produit escompté des impôts au Trésor et se chargent ensuite de prélever les impôts. Evidemment le financier minimise le produit escompté car l’excédent d’impôts prélevés ira dans sa poche. Face à un Trésor en permanence au bord de la banqueroute, il lui est facile de négocier. Comme une part des impôts prélevés ne revient pas au Trésor, les déficits s’accroissent.</p>
<p><em>«&#160;Les déficits ne sont pas un problème, <em>dit le financier au Roi</em>, je te prêterai de l’argent et cela à des taux d’intérêts de plus en plus élevés puisque ton déficit s’accroit. Certes ces intérêts augmenteront tes dépenses, et donc ton déficit, et donc les taux d’intérêt auxquels je te prêterai de l’argent, mais l’essentiel c’est d’avoir de l’argent aujourd’hui qu’importent les générations futures&#160;»</em>. Au XVIII<sup>e</sup> siècle on disait «&#160;après moi, le déluge&#160;».</p>
<p>Ce cercle vicieux devait avoir une fin. Après le 11 Juillet, il y eut le 14 Juillet, une rupture qui inaugurait un changement d’époque.</p>
<h3>Ce qu’est un partenariat public privé</h3>
<p>Imaginons un projet de construction d’un lycée, la Région peut décider de passer un marché avec une entreprise de bâtiment qui va construire le Lycée, la région paiera les travaux de l’entreprise soit par son autofinancement (l’excédent de ses recettes fiscales sur ses dépenses de fonctionnement) soit par emprunt. Elle assurera ensuite la maintenance de l’ouvrage. Elle collectera des impôts pour payer cette maintenance, payer les intérêts et rembourser son emprunt.</p>
<p>Donc si un élu veut investir, il doit soit augmenter les impôts, soit réduire les dépenses, soit accroitre la dette. L’élu traditionnel n’aime pas augmenter les impôts, il aime distribuer des prébendes. C’est un «&#160;bon père de famille&#160;» qui veille à maintenir la dette à un niveau raisonnable. Ce sont trois contraintes lourdes. Le PPP partenariat public privé est une «&#160;entourloupe&#160;» qui va lui permettre de desserrer ces contraintes.</p>
<p>Le PPP est un contrat qui lie une collectivité (état, ville, région), un constructeur -exploitant et un financeur. Le constructeur-exploitant va construire et maintenir l’équipement, un financier va en devenir propriétaire et le louer à la collectivité qui en deviendra propriétaire au bout de 20 à 25 ans. Certes il faudra payer les loyers, mais sur une durée telle que l’impact sera faible dans les années du mandat de l’élu.</p>
<p>Vous me direz qu’un engagement de payer une série de loyers s’apparente à une dette et que l’on devrait l’additionner à la dette. Vous avez du bon sens et vous avez raison. Mais toute la perversité du PPP est de créer un écran de technicité qui cache cette réalité simple et évidente. Un PPP est une dette publique cachée au citoyen.</p>
<p>Et c’est une dette couteuse. La collectivité paiera dans son loyer le coût de la construction, le coût de la maintenance, la non mutualisation des risques, la rémunération ordinaire du capital, le supplément de rémunération que réclament les actionnaires et les honoraires des multiples juristes qui vont établir les contrats entre les différents acteurs puis gérer les litiges. À cela peut s’ajouter la corruption, mais même sans cela, le PPP est une entourloupe perverse.</p>
<p><em>«&#160;Les déficits ne sont pas un problème, <em>dit le financier à l’élu</em>, je vais te prêter de l’argent et cela à des taux d’intérêts de plus en plus élevés car ton déficit s’accroit. Certes ces intérêts augmenteront tes dépenses, et donc ton déficit, et donc les taux d’intérêt auxquels je te prêterai de l’argent, mais l’essentiel c’est d’avoir de l’argent aujourd’hui qu’importent les générations futures.&#160;»</em></p>
<h3>Comment cela évoluera-t-il&#160;? Trois options non écolos</h3>
<p>Il est probable qu’un jour prochain, les PPP seront comptabilisés dans les dettes publiques. Ce n’est pas le cas dans la comptabilité française, mais si les collectivités publiques appliquaient les normes comptables internationales des groupes privés, cela serait déjà le cas. La commission Européenne réfléchit à intégrer les PPP dans le calcul de l’endettement public. L’immensité des dettes apparaitra alors plus crûment. Que se passera-t-il alors&#160;? Je vois trois options non écolos&#160;:</p>
<h4>Le bricolage</h4>
<p>L’inventivité des financiers est sans limite. Si le PPP est comptabilisé dans la dette, des financiers inventeront un nouveau montage financier et juridique, une nouvelle «&#160;entourloupe&#160;» pour continuer à empiler les dettes sur les dettes en les cachant. Les montages seront plus complexes, les honoraires et marges seront donc plus élevés. Les «&#160;fermiers généraux&#160;» continueront à s’enrichir et la montagne de dettes à s’élever. On gagnera du temps mais on aggravera le problème. Nous ne pouvons soutenir cela.</p>
<h4>Le risque systémique</h4>
<p>C’est quand les dettes sont telles que le système bancaire s’effondre. Nous avons frôlé ce risque avec la faillite de Lehmann Brothers. La réponse a été une injection massive d’argent public. On a accru les dettes publiques. Aujourd’hui la prochaine faillite peut être la Grèce, l’argent allemand peut colmater cette brèche, mais après il y a l’Espagne, l’Italie, la France… «&#160;L’Allemagne paiera&#160;» ne peut pas être la seule réponse. Le risque systémique, c’est la situation où le distributeur de billets répond «&#160;appareil définitivement hors d’usage&#160;». Après un moment de stupéfaction, on comprend qu’il ne nous reste comme moyen d’échange que la violence et la barbarie. Il est de notre devoir d’éviter cela.</p>
<h4>Le plan Pinay Rueff</h4>
<p>En 1958, le général de Gaulle revient au pouvoir. Il prend en main le dossier algérien, il lance aussi un plan d’assainissement des finances publiques, le plan «&#160;Pinay Rueff&#160;», du nom de ces deux initiateurs — je développerai un jour mon avis sur l’habileté d’associer ces deux noms, eau et feu, «&#160;bon sens&#160;» et technocratie, car un succès financier est d’abord un succès de communication. Ce plan est rude&#160;: réduction des remboursements de sécu, hausse des impôts et même proposition de réduction des retraites d’anciens combattants. Deux groupes sociaux renfloueront les caisses de l’État, les classes populaires et les classes moyennes. Et cela a été accepté. La puissance politique du général de Gaulle est alors gigantesque. Il est soutenu par les factieux d’extrême droite d’Alger, par la Droite, mais aussi par le MRP, les radicaux et même l’essentiel de la SFIO. Demain, un pouvoir politique «&#160;d’union nationale&#160;» peut tripler la taxe d’habitation et réduire de moitié les remboursements de santé, et d’un tiers les retraites. La mise sous tutelle de la ville de Grigny en est un avant-gout. Qui peut assurer que Martine Aubry ne s’associera pas à une action de ce type&#160;? Quand à Dominique Strauss Kahn, y a-t-il un doute sur sa capacité à «&#160;être un gestionnaire rigoureux&#160;», c’est-à-dire celui qui fait payer les pauvres&#160;? Nous connaissons ce triste mois de Décembre où pour beaucoup, les cadeaux de Noël sont amputés du paiement de la taxe d’habitation. Décembre pourrait devenir beaucoup plus rude encore. Cela ne peut pas être notre politique.</p>
<h3>Éléments pour une réponse écolo à la question des PPP et plus généralement de la dette publique.</h3>
<p>Parce que nous sommes écolos, nous avons un raisonnement de long terme et nous ne pouvons pas reporter sur les générations futures une dette non maitrisée. Pour paraphraser une formule célèbre, je dirais que <em>«&#160;Nous n’héritons pas de la dette de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants.&#160;»</em></p>
<p>Parce que nous sommes écolos, nous sommes pour la transparence. Nous devons faire un bilan complet de la dette, des quasi dettes (PPP et autres) et construire des projections financières pluri annuelles de réduction de la dette. </p>
<p>Parce que nous sommes écolos, nous sommes pour le contrat citoyen. Nous devons établir un pacte fiscal, techniquement viable, juridiquement solide, socialement juste qui soit un engagement réciproque. Nous sommes les enfants de Thoreau, l’impôt doit être moral. Cela nécessite de se débarrasser des «&#160;fermiers généraux&#160;». La proposition d’emprunt populaire émise par les Verts Paris et qu’Europe Écologie a reprise à son compte en est un pilier technique mais aussi une prise de position politique. </p>
<p>Parce que nous sommes écolos, nous avons une logique systémique. La dette publique sera remboursée par des rentrées fiscales, ces rentrées fiscales seront fonction de l’activité économique. Mais ce n’est pas une croissance écologiquement insoutenable qui peut être la solution. C’est un projet systémique, écologique, social, économique qui intégrera la solution à l’endettement public.</p>
<p>La fondation pour l’innovation politique a commandé un sondage en janvier, il en ressort&#160;:</p>
<ul>
<li>que 69&#160;% des personnes interrogées pensent que la dette est un lourd fardeau pour les générations futures&#160;;</li>
<li>que 26&#160;% pensent que la dette est trop importante pour être remboursée&#160;;</li>
<li>que 67&#160;% voterait oui à un référendum proposé par Nicolas Sarkozy interdisant le déficit public&#160;;</li>
<li>que 92&#160;% pensent qu’il faut réduire les dépenses publiques&#160;;</li>
<li>que 25&#160;% pensent que c’est l’aide aux chômeurs qui doit être réduite en priorité.</li>
</ul>
<p>Voila la réponse de droite à la question de la Dette&#160;!</p>
<p>À nous écolos, de prendre en main cette question pour y apporter une réponse écolo .</p>
<p>Raisonnement de long terme, transparence, contrat citoyen, logique systémique, voilà les bases d’une vision écolo. Cette vision écolo, rupture civilisationnelle, sera le soubassement de notre projet pour les prochaines échéances électorales de 2012.</p>
<p>Nous avons les ressources intellectuelles pour apporter une réponse écologiste à la question de la dette publique, il nous faudra aussi trouver les mots pour le dire en évitant l’excès de technicité car la finance écolo est citoyenne, compréhensible par tou-te-s, alliance du bon sens et de la compétence.</p>
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		<title>De Seattle et Porto Alegre à Copenhague, nouveaux défis pour les mouvements</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1375-de-seattle-et-porto-alegre-a-copenhague-nouveaux-defis-pour-les-mouvements/</link>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 13:50:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Aguiton</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Une quinzaine de jours après la fin de la conférence de Copenhague et dix ans après Seattle et Porto Alegre, qui ont marqué l’émergence du mouvement altermondialiste, il peut être utile de comparer les situations pour mieux comprendre quelques-uns des défis et problèmes auxquels seront confrontés les mouvements qui luttent pour une « justice climatique ».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Par Christophe Aguiton, militant d’ATTAC, actif dans la coalition <em>Climate Justice Now!</em> <a href="http://copenhague.blogs.liberation.fr/climat/2010/01/de-seattle-et-porto-alegre-%C3%A0-copenhague-nouveaux-d%C3%A9fis-pour-les-mouvements-.html">Publié sur <em>Copenhague le blog off</em></a> (Libération).</p>
<p>Copenhague, du point de vue des mouvements, est en effet très similaire à Seattle. Dans les deux cas les ONGs étaient les premières à se mobiliser sur les thématiques en cause, la dette des pays du Sud ou l’ouverture des marchés pour le mouvement altermondialiste, les questions climatiques pour Copenhague. Dans les deux cas les mouvements sociaux ont commencé à s’investir sur ces terrains, de façon déterminée pour le mouvement paysan avec Via Campesina, de manière plus timide pour le mouvement syndical. Dans les deux cas enfin, une importante mobilisation de la jeunesse a marqué l’émergence de nouveaux mouvements.</p>
<p>Du point de vue de la disposition des acteurs, Seattle et Copenhague sont, en revanche, dans des positions opposées. En s’opposant à l’OMC et au néolibéralisme, le mouvement altermondialiste se confrontait au point nodal du capitalisme contemporain : 1999, c’était l’époque de la « pensée unique » et du « consensus de Washington » qui ne voyaient aucune autre politique possible que celle de l’ouverture et la libéralisation des marchés. Sur la question climatique, à l’inverse, les ONGs et mouvements sociaux se retrouvent alliés — partiellement en tout cas — à des acteurs décisif du système et du capitalisme. Face aux responsables politiques qui nient encore — à l’image de George Bush — la réalité du changement climatique et face aux secteurs industriels qui veulent préserver leurs activités et leurs profits dans des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre, on trouvera les mouvements, mais aussi des acteurs industriels qui veulent être les gagnants du « <em>green capitalism</em> » et des responsables politiques qui veulent que leur pays soient les hérauts de cette transformation.</p>
<h3>Étrange sentiment de voir « <em>Climate Justice</em> » faire un bout de chemin avec Arnold Schwarzenegger, Angela Merkel, voire Nicolas Sarkozy !</h3>
<p>La scène politique, en particulier à l’échelle internationale, est coutumière de ces situations où les acteurs se retrouvent ensemble, pour une alliance ponctuelle qui n’efface en rien les différences d’intérêts et de point de vue. Cela avait été le cas lors de la guerre en Irak où les mouvements anti-guerre avaient été en alliance objective — de très courte durée — avec les gouvernements allemand, français ou russe.</p>
<p>Les paysage est beaucoup moins clair sur la question climatique, où il est difficile de situer les lignes de partage des eaux. Une difficulté qui tient à l’ampleur des défis posés par la crise climatique, mais aussi à la coexistence de trois approches différentes qui divisent tant les mouvements que les différents secteurs du capitalisme. La première de ces approches consiste à faire confiance aux marchés et à l’initiative individuelle et collective pour permettre l’éclosion d’une vague d’innovations techniques et économiques. La deuxième est étatique et technologique et s’appuie sur des grands projets dans des domaines tels que les transports, la construction de centrales nucléaires ou des programmes de stockage et enfouissement du carbone. La troisième approche s’appuiera sur les initiatives sociales : les initiatives d’habitants sur les transports ou l’énergie, les échanges directs entre producteurs et consommateurs pour relocaliser la production ou les campagnes pour étendre le champ des « biens communs » à la propriété intellectuelle sur les nouvelles technologies.</p>
<p>Si personne ne se reconnaîtra dans une seule de ces trois approches, le poids à mettre sur telle ou telle, et en particulier sur les grands projets technologiques, sera un objet de controverse entre les mouvements. À la différence du mouvement altermondialiste ou il était possible de voir une ligne de front entre des mouvements défendant les services publics et la protection sociale face à un capitalisme néolibéral tenant du « moins d’état » et des privatisations.</p>
<p>À Porto Alegre le Forum Social Mondial pouvait se contenter de proclamer, face à Davos et au « consensus de Washington » : « Un autre monde est possible ». Une réponse qui ne saurait suffire face à l’urgence climatique et aux risques de voir « d’autres mondes » surgir qui soient aux antipodes des valeurs et aspirations des militants pour une justice climatique comme, par exemple, l’imposition de mesures autoritaires par des États qui jugeraient que c’est la seule voie possible….</p>
<p>Pour avancer dans la définition de modèles de développement ou de projet de société, les mouvements devront cependant lever deux obstacles :</p>
<ul>
<li>les différences de point de vue renvoyant à l’existence sociale des acteurs, salariés des grandes entreprises, petits paysans en culture vivrière ou indigènes d’une forêt primaire…</li>
<li>l’héritage doctrinal de la gauche et de mouvements sociaux formés lors du siècle précédent, héritage assez éloigné des préoccupations actuelles des mouvements pour la « justice climatique »…</li>
</ul>
<p>L’élaboration d’un projet de société pourrait également permettre de revisiter une césure très ancienne entre ceux qui pensent pouvoir changer le monde en changeant le système et ses structures et ceux qui mettent en avant la nécessité de commencer par changer ses propres pratiques. Une césure qui remonte à Fourrier, adepte des phalanstères, versus Blanqui, maître de l’insurrection, mais qui n’a cessée de diviser le mouvement social.</p>
<h3>Autre différence entre Seattle et Copenhague, la relation aux institutions internationales et l’appréciation des rapports Nord–Sud.</h3>
<p>À Seattle, là aussi les choix étaient simples : d’un côté l’OMC, outil du néolibéralisme, les entreprises multinationales et les pays du Nord ; de l’autre les pays du Sud, étranglés par la dette et contraints de subir les plans d’ajustement du FMI. Pas besoin de longs débats pour savoir de quel côté se situer !</p>
<p>À Copenhague, première différence, c’est l’ONU qui est le cadre des négociations… Une ONU fragilisée par la place pris par le G8, le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC et, dans la dernière période, par le G20 et qui est de ce fait d’autant plus ouverte aux petits pays et à la participation de la « société civile ».</p>
<p>La deuxième différence tient au décollage de certains des grands pays du Sud, à commencer par la Chine. En dix ans les rapports de force mondiaux se sont transformés et la négociation de Copenhague en a été la démonstration éclatante. Le texte final a été écrit par les États-Unis et la Chine et avalisé par cinq pays, les mêmes plus le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud avant d’être présenté pour ratification finale à 28 pays, dont l’Europe et le Japon. Une réalité qui demandera une discussion dans les mouvements sur les stratégies d’alliance : s’il allait de soi d’exiger la reconnaissance de la responsabilité historique des pays du Nord dans le réchauffement climatique, il sera difficile de soutenir sans débat le « groupe des 77 plus la Chine » ce qui reviendrait à  mettre sur le même plan la Bolivie, qui a combattu — à juste titre — le texte final, et ceux qui ont été les protagonistes de son adoption !</p>
<p>Cette énumération de défis et problèmes à résoudre n’est pas exhaustive, et elle ne doit surtout pas être comprise comme une incitation à la résignation face à l’ampleur des tâches à accomplir. Elle est, au contraire, un encouragement à prendre à bras le corps des questions qui sont au cœur des préoccupations des militants et dont la prise en compte peut aider la gauche et les mouvements sociaux à redéfinir des orientations et des stratégies.</p>
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		</item>
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		<title>Copenhague – Taxe carbone : même logique, même échec</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1374-copenhague-taxe-carbone-meme-logique-meme-echec/</link>
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		<pubDate>Wed, 30 Dec 2009 16:51:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Mêmes causes, mêmes effets. Du flop de Copenhague au rejet de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, c’est le <em>greenwashing</em> de l’économie productiviste, c’est la tentative de faire passer pour écologiste la poursuite d’une croissance éternelle, fut-elle repeinte en vert, qui sont en échec.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À Copenhague, c’est l’acharnement des États-Unis à rester dans une logique « 20<sup>e</sup> siècle » et à considérer prioritaire sa compétition économique avec la Chine — et donc à limiter tout ce qui pouvait réduire la sacro-sainte productivité — plutôt qu’à inventer de nouvelles règles de coopération planétaires « 21<sup>e</sup> siècle » qui a  conduit à l’échec. Et ce d’autant plus que les autres pays riches (Union Européenne compris) se sont alignés sur cette logique. Ce sont alors les pays victimes (les États insulaires, les pays les plus pauvres) et les ONG qui ont dénoncé le fait que le compte n’y était pas.</p>
<p>Dans le cas de la taxe carbone, c’est la même logique « 20<sup>e</sup> siècle » qui a conduit le Président Sarkozy et le gouvernement à vider de son contenu la contribution climat-énergie, sous la pression des lobbies économiques (qui ont obtenu l’exonération de l’électricité et des industries polluantes) et de sa majorité législative (qui a obtenu l’abaissement de la taxe à un niveau inefficace et une redistribution injuste de son produit), ne conservant que l’enveloppe (pour la comm’, et encore une comm’ extrêmement maladroite privilégiant le terme « taxe » à celui de « contribution ») et reportant à plus tard les inévitables réformes. Mais là, plus surprenant, c’est le Conseil constitutionnel qui a dit que le compte n’y était pas, validant a posteriori la stratégie écologiste de reconnaissance des enjeux planétaires dans la constitution (principe de précaution, Charte de l’environnement, etc.).</p>
<p>Selon que l’on considère le verre à moitié vide ou à moitié plein, on peut donc se désespérer de ces deux situations, ou au contraire trouver matière à se consoler.</p>
<p>Se désespérer de voir le vieux monde résister à ce point aux évolutions rendues indispensables, et constater que décidément, ce ne sont pas les vieux responsables politiques — enfermés dans les vieilles logiques du 20<sup>e</sup> siècle et n’acceptant de prendre en compte les enjeux du 21<sup>e</sup> qu’à reculons, et donc de façon inefficace écologiquement et injuste socialement — qui arriveront à nous sortir de l’ornière, tant le court terme et la vision traditionnelle l’emporte sur le long terme et l’invention d’une nouvelle doctrine économique et écologique.</p>
<p>Profitons de l’occasion pour préciser que les communiqués triomphateurs du Parti socialiste, certes à l’origine du recours, ne l’exonèrent nullement des mêmes travers, tant ses propres contradictions dans l’opposition (quand sa propre candidate à la Présidentielle et cheffe de file pour les prochaines régionales se prononce avec force démagogie contre toute fiscalité carbone) ou en situation de pouvoir (quand dans les municipalités, il préfère retirer les délégations des élus écologistes ici, rejeter les amendements budgétaires là, construire des autoroutes et des aéroports ailleurs, plutôt que de mettre ses actes en accord avec ses propos écologistes de circonstances) s’apparentent à celles du parti au pouvoir.</p>
<p>Ou se consoler de constater que les « cordes de rappel » sont aujourd’hui suffisamment puissantes pour mettre en échec le <em>storytelling</em> de Sarkozy. Qu’elles prennent la forme des victimes actuelles et futures du dérèglement climatique à Copenhague, ou celles de la plus haute juridiction en France, elles montrent qu’il n’est plus si facile aujourd’hui de se prétendre écologiste en restant productiviste, qu’il n’est plus aussi facile de prétendre qu’on sauve les générations futures quand on continue de les enfoncer, de prétendre être au service des victimes quand en fait on ne sert que les lobbies.</p>
<h3>Et maintenant, « que faire ? » comme dirait Dany<sup>[1]</sup>.</h3>
<p>J’ai eu l’occasion ici de livrer <a href="http://ecolosphere.net/archives/1363-rebondir-apres-l-echec-de-copenhague/">des pistes sur la façon dont on pourrait rebondir après l’échec de Copenhague</a>, et à quel point les mois à venir seront cruciaux tant en ce qui concerne la reprise des négociations planétaires que sur la mise en place de politiques écologistes au niveau des régions, particulièrement en France.</p>
<p>Il en va de même pour ce qui concerne ce que nous continuerons d’appeler la contribution climat énergie. La solution est aujourd’hui connue. EIle est pour l’essentiel contenue dans les propositions de la commission Rocard :</p>
<ul>
<li>n’exonérer aucune source d’énergie non renouvelable ;</li>
<li>n’exonérer aucune industrie ;</li>
<li>revenir à un niveau de taxation efficace en tant que signal prix ;</li>
<li>consacrer le produit de la taxe à corriger ses effets pervers sociaux (redistribution aux plus bas revenus) et à la mise en  place de politiques écologiques (transports collectifs, isolation thermique, etc.).</li>
</ul>
<p>Et accompagner ce dispositif d’une communication enfin à la hauteur expliquant en quoi cette contribution est indispensable pour impulser de nouveaux comportements (bonus) et pénaliser les plus polluants (malus) tout en mettant en place — et c’est essentiel — les outils permettant à nos concitoyens de choisir ces comportements vertueux…</p>
<p>Faute de quoi, en culpabilisant sans donner le choix, le politique serait loin de jouer son rôle.</p>
<p>La résolution des deux questions — Copenhague et la taxe carbone — est intimement liée. Sortir rapidement de l’échec de la taxe carbone est d’autant plus urgent que la France pèse en Europe, et que l’Europe détient une partie des clés du succès de l’après-Copenhague. Et ce, dès le 31 janvier prochain, quand l’Union Européenne devra déclarer ses objectifs de réduction d’émission de GES à l’horizon 2020, conformément à l’engagement pris à Copenhague.</p>
<p>La France est dorénavant au pied du mur. Soit elle fait preuve de volonté politique et assume que lutter contre le dérèglement climatique nécessite une contribution climat-énergie efficace écologiquement et juste socialement, et elle aura acquis la crédibilité nécessaire pour porter une parole forte au sein des 27 et en direction du monde. Soit, comme il est à craindre, elle cède de nouveau à la facilité et aux lobbies et sa capacité à incarner un quelconque leadership climatique aura vécu avant même d’être éclos.</p>
<p>Au pied du mur, Nicolas Sarkozy doit choisir : s’en tenir à un <em>storytelling</em> défraichi, ou passer enfin au « <em>storymaking</em> » ?</p>
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1374" class="footnote">Daniel Cohn-Bendit, <em>Que faire ?</em>, éd. Hachette Littératures</li>
</ol>
]]></content:encoded>
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		<title>Un nouvel Esprit écolo ?</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 09:09:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Livres et Revues]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Laboratoire d’un certain modernisme progressiste, la revue <em>Esprit</em> découvre à l’occasion de Copenhague que l’écologie politique est l’avenir de la gauche. Une prise de conscience salutaire qui ouvre des chantiers prometteurs et dont on aurait tort de négliger l’importance.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Dossier <em>« Retour sur Terre, retour à nos limites »</em>, <em>Esprit</em> décembre 2009, avec des articles de Nicolas Bouleau, Dominique Bourg, François Chérèque, Daniel Cohn-Bendit, Albert Levy, Olivier Mongin, Marc-Olivier Padis, Joël Roman, Edwin Zaccai.</p>
<div id="attachment_1373" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2009/12/esprit-dec-2009.jpg" alt="Esprit, « Retour sur Terre, retour à nos limites »" title="Esprit, « Retour sur Terre, retour à nos limites »" width="500" height="500" class="size-full wp-image-1373" /><div class="caption"><p class="legende">Esprit, « Retour sur Terre, retour à nos limites »</p><div class="figure-description"><p><a href="http://www.esprit.presse.fr/review/details.php?code=2009_12">Sommaire du numéro de décembre 2009</a> (sur le site de la revue).</p>
</div></div></div>
<p>Si l’on parle ici de ce dossier de la revue <em>Esprit</em>, c’est moins pour ce qu’il pourrait apporter sur le fond aux lecteurs et aux lectrices d’<a href="http://ecolosphere.net/">ecolosphere.net</a> que pour ce que signifie une telle publication aujourd’hui. Depuis plusieurs décennies, en effet, <em>Esprit</em> est un lieu essentiel d’élaboration théorique pour la « gauche moderniste ». Antitotalitarisme et autogestion dans les années 70, deuxième gauche dans les années 80, acceptation de l’économie de marché dans les années 90 : cette revue a contribué à façonner la pensée « progressiste » et a toujours revendiqué un rôle actif d’influence des responsables politiques.</p>
<p>Aussi, quand <em>Esprit</em>, qui ne s’est pas beaucoup préoccupé d’écologie politique ces dernières années, consacre son dossier mensuel à ce thème, on est tenté d’y voir un signe important en terme d’évolution socio-politique et de regarder son contenu de plus près.</p>
<p>Articuler en trois parties (<em>« la fin du modèle productiviste »</em>, <em>« le déphasage de la gauche »</em> et <em>« la mondialisation freinée par le bas »</em>), ce dossier frappe d’abord par la vigueur de son positionnement. Pas de <em>green washing</em>, pas de croissance verte ou de fascination pour les <em>green tech</em>, une critique franche des mécanismes économiques soi-disant vertueux : dès son article introductif, Marc-Olivier Padis dénonce les <em>« fausses pistes de la croissance »,</em> et souligne que <em>« contre la perspective d’un emballement ou d’un effondrement, il convient de se demander comment freiner la mondialisation par le bas, c’est-à-dire maintenir le jeu des échanges mondiaux tout en retrouvant le sens des limites »</em>. Si la revue ne se revendique pas de la décroissance (bien que, pour la première fois en quatre ans, elle ait récemment signalé la parution du dernier numéro de la revue <em>Entropia</em>), ce dossier insiste néanmoins sur la nécessaire limitation de l’emprise humaine sur les biens naturels et négocie la sortie de l’imaginaire productiviste et consumériste.</p>
<p>Du point de vue qui nous intéresse ici, deux articles sont particulièrement intéressants. Tout d’abord, le double entretien avec Daniel Cohn-Bendit et François Chérèque. En soumettant l’euro-député et le secrétaire général à la même série de questions, on voit bien comment la revue tente de lancer un pont entre son histoire (la CFDT, dont elle a été très proche) et l’avenir qu’elle est en train de se choisir. Les divergences entre les réponses soulignent, évidemment, le chemin qu’il reste à parcourir pour pleinement articuler le discours de défense des droits des salarié-e-s et celui de la protection de l’environnement, mais ce double entretien permet aussi de tracer des pistes de convergences et de préciser les points de tension à travailler.</p>
<p>Mais pour nous, c’est évidemment l’article de Joël Roman qui retiendra le plus l’attention puisque, dès son titre, <em>« L’environnement, un défi pour la gauche »</em>, il marque une forte intention programmatique. Présenté aussi comme un <em>« inventaire des chantiers à ouvrir »</em>, ce texte inscrit dans l’histoire de la gauche l’émergence de questions écologiques : elles font suite à l’affaiblissement de la synthèse du social et du politique réalisée par Jaurès, affaiblissement lié aux trois « fractures » qu’ont été pour la gauche les luttes de décolonisation dans les années 1960, les mutations du salariat dans les années 1970 et les nouvelles formes d’exclusion sociale dans les années 1980. Pour Roman, <em>« la synthèse jaurésienne est à refaire, de fond en comble, en tenant compte du fait que la question sociale et la question politique se posent à nouveau frais, et que s’y ajoute la question écologique et environnementale »</em>. Car <em>« ces trois questions prennent à rebours les habitudes de pensée traditionnelles de la gauche, en éclatant son cadre d’action qui était classiquement la nation […], en modifiant le rythme de son action, qui ne peut plus se situer sur un axe temporel aimanté par un avenir de progrès […], et enfin en modifiant les ressorts de l’action, qui sont tout autant la volonté individuelle de vivre autrement dès aujourd’hui, que l’insertion dans les mouvements collectifs à géométrie de plus en plus variable »</em>.</p>
<p>Évidemment, toutes ces considérations ne paraîtront pas très originales ou nouvelles au lecteur familier ou à la lectrice familière de l’écologie politique. Et Roman le reconnait en soulignant que de nombreux éléments nécessaires à la reconstruction idéologique de la gauche qu’il appelle de ses vœux sont <em>« déjà disponibles »</em>. Mais, encore une fois, ce qui nous paraît ici signifiant est la publication d’un tel programme dans la revue <em>Esprit</em>, la revue qui a notamment soutenu la réforme des retraites de 1995 et accompagné la conversion de la gauche à l’économie de marché. Que cette même revue puisse maintenant écrire, à propos des négociations de Copenhague, que <em>« la rationalité économique tétanise l’intelligence des acteurs »</em> et que <em>« placer <em>a priori</em> la discussion climatique internationale dans le cadre économique standard de négociations commerciales […] est une option dont les conséquences peuvent être extrêmes »</em> montre, s’il était encore nécessaire, que les lignes sont en train de bouger, que des verrous idéologiques sont en train de sauter et qu’une importante dynamique en faveur d’une authentique écologie politique est en train de se mettre en œuvre.</p>
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		<title>Copenhague : l’échec d’une pensée</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Dec 2009 17:48:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yves Cochet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[L’accord de Copenhague est un échec flagrant : il est sans avancée pour la lutte contre le réchauffement climatique. À qui la faute ? Au « développement » semble-t-il ! aliénation pour les uns, <em>leitmotiv</em> pour les autres. Jusqu’où de telles illusions nous mèneront-t-elle ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Par Yves Cochet, Mathématicien, ancien Ministre de l’Environnement, Député de la 11<sup>e</sup> circonscription de Paris.</p>
<p>Il n’y a pas d’accord de Copenhague, seulement une déclaration politique indigente de quelques dizaines de chefs d’État et de gouvernement, sans objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, sans force juridique, sans solidité financière. Ce texte est émaillé de phrases d’autant plus grandiloquentes qu’elles sont moins contraignantes, alors qu’il fallait des objectifs datés et chiffrés, des trajectoires décrites jusqu’en 2020, 2030 et 2050, et un régime de respect des obligations et de sanctions en cas de défaillance. La rédaction du paragraphe 2 de ce texte constitue un exemple de phraséologie sans ambition ni engagement : <em>« Nous devrions coopérer pour atteindre le pic des émissions nationales et globales le plus vite possible, en reconnaissant que le passage du pic sera plus éloigné dans les pays en développement et en gardant à l’esprit que le développement social et économique et l’éradication de la pauvreté sont les premières priorités des pays en développement et qu’une stratégie de développement peu émettrice est indispensable au développement durable »</em>. Tandis que les documents et les paroles des experts du Groupe Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC) ne cessent d’affirmer que le pic puis le déclin des émissions mondiales doivent advenir entre 2013 et 2017, nos dirigeants mondiaux écrivent <em>« le plus vite possible »</em>, c’est-à-dire <em>« nous verrons plus tard »</em>. De même, le segment de phrase qui contenait une référence explicite à une division par deux des émissions globales en 2050 par rapport à leur niveau de 1990, ce segment a disparu du texte final. Comme le disait le président Obama dans sa conférence de presse, vendredi 18 décembre, vers 23 h 00 : <em>« Cet accord n’est pas juridiquement contraignant, et chacun fera chez soi les efforts nécessaires »</em>. On ne saurait être plus franc sur la fin du Protocole de Kyoto et de tout engagement collectif, sur le mépris de l’ONU et du multilatéralisme, sur l’indifférence aux alertes des scientifiques. J’invite chacun à lire cet <em>« accord de Copenhague »</em> afin d’en déceler, à chaque ligne et dans son ensemble, les marques de l’aveuglement à la catastrophe, du nationaliste économique et énergétique, de la croyance désuète au <em>« développement »</em>, fut-il <em>« durable »</em>.</p>
<p>Le vocabulaire du <em>« développement »</em>, souvent équivalent à celui de la <em>« croissance »</em>, est omniprésent dans tous les textes onusiens, notamment dans la Convention sur le Changement climatique et dans le Protocole de Kyoto. Il est la base de la partition de l’ensemble des pays en deux groupes : les <em>« développés »</em> et les <em>« en développement »</em>. Fondée sur le PIB par habitant, cette partition renvoie à une vision purement économique du bonheur des populations et de la santé des écosystèmes qui les soutiennent. On imagine ainsi un hit-parade des pays en ordre décroissant du PIB par habitant : les plus <em>« riches »</em> en tête, puis les <em>« grands émergents »</em>, jusqu’aux <em>« pays les moins avancés »</em> (PMA). Bien sûr, ce classement ne tient aucun compte de l’état de l’environnement naturel du territoire de chaque pays, ni des prédations d’énergies, de matières ou de produits que les plus <em>« riches »</em> effectuent au détriment des plus <em>« pauvres »</em>. Ces derniers n’ont donc qu’une seule image de l’avenir : rattraper le niveau de <em>« développement »</em> des premiers dans une course perdue d’avance. À entendre les délégués à Copenhague des pays africains, asiatiques ou sud-américains, leur obsession unique est de se doter eux-aussi des grattes-ciel, des routes et aéroports, des voitures, téléphones mobiles et autres exhibitions matérielles qui attestent de leur <em>« développement »</em>. Suggérer que 80 % de ces <em>« richesses »</em> proviennent du sous-sol à partir de matières premières non-renouvelables, que les réserves de certaines de ces matières premières commencent à s’épuiser, et que, par conséquent, c’est plutôt aux pays <em>« développés »</em> de réduire leur consommation desdites matières afin de partager équitablement et sobrement ce qu’il en reste, dans une décroissance de leur empreinte écologique, et afin d’imaginer un autre modèle de prospérité fondée sur une économie de flux et non de stocks comme aujourd’hui, et vous passez instantanément pour un écolo régressif genre retour à la bougie ou aux cavernes. L’immense majorité des dirigeants, au Nord comme au Sud, croient encore que l’on peut multiplier sans limite les productions et consommations matérielles, alors que l’évidence géologique de la finitude du monde terrestre montre que cette croyance est un fantasme irréalisable et, hélas, une origine banale des guerres passées et futures. Copenhague est d’abord l’échec de cette pensée productiviste du <em>« toujours plus »</em> pour les riches qui ne veulent pas baisser leur <em>« niveau de vie »</em> et pour les pauvres qui espèrent vainement rattraper le niveau de vie des riches.</p>
<p>Une seconde thèse peut aussi nous aider à comprendre l’échec de Copenhague, au-delà des explications plus ou moins justes de la défense des intérêts nationaux (Obama, par exemple, pouvait-il oublier la pression de ses lobbies automobiles, charbonniers et pétroliers, ainsi que ses fragiles projets de loi sur la santé et sur l’énergie). Lorsqu’autant de leaders mondiaux se réunissent, il s’agit de ne pas perdre la face. L’affichage public d’un engagement écologique considéré comme excessif par les autres ruinerait votre image. Peu importe de savoir si cet engagement est exactement fidèle aux constats et conseils du GIEC qui nous décrit l’urgence et l’importance de la catastrophe climatique, ce qui compte alors est moins la vérité scientifique à laquelle on croit peut-être en son for intérieur que l’opinion des autres sur les propositions que vous formulerez. Ainsi, la posture européenne décrite dans le <em>« paquet énergie-climat »</em> de décembre 2008 était-elle : nous sommes prêts à réduire de 30 % nos émissions à l’horizon 2020 (par rapport à 1990) à condition que les autres fassent un effort de réduction comparable. Sinon, nous ne ferons que -20 %. Cette posture en miroir, si elle n’est pas comprise de tous, implique une évolution par le bas des engagements de chacun. Elle se retrouve dans de nombreuses situations sociales, dont on comprends alors pourquoi elles évoluent si lentement dans des régimes où l’opinion des uns dépend de l’opinion des autres. L’atmosphère n’a pas cette subtilité. Elle se moque bien des échanges d’opinions et des promotions d’images de soi. Elle enregistre sans émotion les concentrations de gaz à effet de serre qui perturbent sa composition. Elle ne négocie pas.</p>
<p class="meta2">Article <a href="http://www.actu-environnement.com/ae/news/echec_copenhague_9233.php4">paru sur Actu-Environnement</a>.</p>
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		<title>Les naufrageurs du climat : qu’ils s’en aillent, tous !</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Dec 2009 17:15:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Lipietz</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Entretien de Alain Lipietz avec <em>El Watan</em> (quotidien algérien) sur le bilan de Copenhague, la responsabilité des dirigeants du « Nord » et de ceux de l’OPEP.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Paru dans l&#8217;édition du 21/12 de <a href="http://www.elwatan.com/"><em>El Watan</em></a>.</p>
<p><strong>E.W. : Comment évaluez vous les débats et les conclusions du sommet de Copenhague ?</strong></p>
<p><strong>A.L. :</strong> C’est une honte, un scandale inouï. Depuis deux ans — depuis la conférence de Bali qui avait fixé la « feuille de route » jusqu’à Copenhague — l’Humanité a été menée en bateau par ses propres dirigeants. Début décembre, on voyait bien que les propositions sur la table étaient bien en deçà du « strictement nécessaire » pour seulement limiter le réchauffement climatique à 2 degrés. Mais on se disait « Ce sont de rusés négociateurs, ils vont abattre leurs cartes au dernier moment ». Et puis les chefs d’État sont montés à la tribune, ils n’ont rien lâché ! Un petit groupe (les USA et les grands pays émergents) se sont mis d’accord pour réitérer la promesse de « 2 degrés », ils ont annoncé le vendredi soir que la conférence reprendrait en janvier, après les Fêtes, pour fixer la répartition de l’effort. Et le samedi matin tous avaient filé, on n’est même plus sûr du tout de cette histoire de janvier, on parle de juin, voire de Mexico, dans un an.</p>
<p>Ils ont eu peur de la foule immense des organisations non gouvernementales de la société civile qui encerclaient leur bunker de conférence. Ils avaient honte. Ils ont filé en se cachant. Mais qu’ils s’en aillent tous ! Ils ont trahi l’espérance de toute l’Humanité. Ils sont tous co-responsables.</p>
<p>Qu’est ce qu’on attendait d’eux ? Le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat (prix Nobel de la Paix) était en gros d’accord sur deux objectifs : pour les pays industrialisés, entre –25 et –40 % de réduction des émissions par rapport à 1990 d’ici 2020 (pour les pays émergents : une stabilisation vers 2015), et une aide du Nord au Sud de 110 milliards de dollars par an pour transformer son système énergétique. Résultat : des promesses de réduction de 50 % … pour 2050, 30 milliards sur les 3 prochaines années et 100 milliards par an en 2020 !</p>
<p>Le plus spectaculaire responsable est Barak Hussein Obama. Il avait reçu le prix Nobel de la Paix à l’avance, ce serait le continuateur de Wangari Maathai et du GIEC . Il s’est contenté de répéter une offre misérable de –4 % ! Bien sûr son opinion publique et le Congrès n’étaient pas encore prêts. Bien sûr que –40 % c’est presque reconquérir la Lune, tant les USA ont accumulé de retard.</p>
<p>Mais soyons sérieux. Un vrai leader américain aurait relevé le défi, comme Roosevelt avait reconverti l’industrie en quelques mois après Pearl Harbour pour battre le Japon, et comme Kennedy avait décidé d’envoyer un homme sur la Lune pour répondre au Spoutnik ! Une étude américaine a montré comment s’équiper en 10 ans pour produire 100 % d’énergie renouvelable. Obama aurait pu dire « Nous avons brûlé plus de bois, de charbon et de pétrole que tout le reste de l’Humanité, nous sommes conscients de notre responsabilité première, et mon peuple comprend depuis la catastrophe de la Nouvelle Orléans que le Tout Puissant (ou, si vous voulez, la Nature) ne laissera pas ce péché impuni. Les savants nous demandent Moins 40 % ? Je ne peux vous promettre de tenir cet engagement d’ici 2020, tant nos prédécesseurs ont pris de retard, mais je vous promet d’accélérer d’ici 2030 et de financer en compensation la totalité des efforts du tiers monde ». Il avait une certaine marge en jouant sur les deux objectifs de la conférence : les objectifs de réductions et les objectifs de financement. Il s’est discrédité, s’abritant minablement derrière des exigences de transparence envers la Chine.</p>
<p>La Chine ? Première puissance pollueuse, elle s’abrite encore derrière l’argument « Mais, en émissions par personne, on est loin des Américains ». Vrai. Mais avec 5 tonnes de CO2 par personne et par an, elle produit deux fois et demi ce qui est « soutenable » par l’écosystème terrestre (2 tonnes par personne et par an). À Kyoto, des pays européens plus « propres » que la Chine actuelle ont pris de engagements fermes de réduction ! Elle, elle n’offrait que « moins 40 % »… de pollution par yuan produit ! Avec ses taux de croissance à deux chiffres, ce progrès (par ailleurs indispensable) serait effacé en quatre ans.</p>
<p>Quant à l’Europe, jadis leader mondial de la lutte contre le changement climatique, elle a disparu. Le responsable n<sup>o</sup> 1 en est Nicolas Sarkozy, malgré ses impayables cocorico sur ses ergots de coq gaulois. Président de l’Europe en décembre 2008, il a obtenu, à la demande des industriels (notamment français, polonais, allemands et italiens) de rabattre de –30 à –20 % l’offre de réduction de l’Union européenne. Son parti, l’UMP, n’a cessé de raboter les consensus écologistes obtenus entre partenaires sociaux aux négociations de Grenelle. Le Parlement européen, élu il y a à peine six mois et qui représente donc assez fidèlement « ce à quoi les opinions publiques étaient prêtes », a voté, le 25 novembre 2009, une offre de –40 % de réduction d’ici 2020 avec 30 milliards par an pour le tiers monde. Les responsables européens, les Barroso-Sarkozy-Merkel-Brown, n’en ont tenu aucun compte !</p>
<p><em>Non, qu’ils s’en aillent, tous.</em></p>
<p><strong>E.W. : L’OPEP rejette la proposition de la taxe carbone. Y a-t-il une volonté des pays industrialisés de faire payer le prix aux pays du Sud ?</strong></p>
<p><strong>A.L. :</strong> J’allais en effet oublier l’OPEP… Elle seule a entre les mains l’arme absolue pour sauver le climat : ne plus mettre sur le marché que la quantité de pétrole et de gaz compatible avec ce que l’écosystème planétaire peut recycler. Le prix du pétrole bondirait plus haut qu’en juillet 2008, compensant la baisse du tonnage vendu. Tous les pays consommateurs seraient obligés de s’adapter. Bien sûr il faudrait organiser des livraisons à bas prix pour les pays importateurs du tiers monde . Mais seul le Venezuela de Chavez a semblé envisager une telle voie. Où était l’Algérie, autrefois leader progressiste du Tiers Monde ?</p>
<p>Pourtant, tous les peuples de l’OPEP sont particulièrement menacés par le changement climatique. Le Venezuela bien sûr, cruellement frappé, de plus en plus souvent, par de dramatiques inondations. À l’inverse, l’Algérie va voir le Sahara remonter jusqu’à la Méditerranée… Mais non : les dirigeants préfèrent protester contre les efforts des pays consommateurs pour diminuer leurs pollutions, ils protestent même contre la taxation du carbone émis ! « Brûlez, brûlez notre pétrole, c’est la Bible et le Coran ! » , tel semble être leur unique message !</p>
<p>Bien sûr, une taxe carbone chez les pays consommateurs n’est rien d’autre qu’une façon de partager entre pays consommateurs et pays producteurs l’inévitable et salutaire hausse du prix de l’énergie. Mais, sauf les « petits producteurs » comme le Soudan, la Bolivie ou l’Équateur, les pays exportateurs ont déjà des revenus pétroliers bien suffisants pour assurer à tous leurs habitants un niveau de vie et de services publics tout-à-fait décents. C’est uniquement un problème de choix de politique intérieure, de redistribution de la richesse.</p>
<p><em>Encore une fois, une envolée du prix final du pétrole serait dramatique pour les travailleurs et chômeurs du tiers monde. C’est pourquoi il vaut mieux que la hausse du prix de l’énergie soit décidée pays par pays, et redistribuée vers les plus démunis, c’est à dire par une taxe carbone intérieure, plutôt que provoquée par une hausse du prix à l’exportation.</em></p>
<p><strong>E.W. : Selon vous, que faut-il faire pour sauver la planète d’un dérèglement climatique ?</strong></p>
<p><strong>A.L. :</strong> Tout le monde le sait : réduire la consommation d’énergie fossile, préserver les forêts et réduire la production de méthane (un tiers de l’effet de serre).</p>
<p>Réduire la production de méthane est la voie la moins coûteuse et la plus efficace pour un pays du tiers monde. Cela passe par une gestion correcte des déchets, que l’on peut même utiliser pour produire de l’énergie.</p>
<p>Sauver et replanter la forêt demande une gouvernance plus stricte et honnête, mais aussi des compensations financières pour les pays qui auraient eu besoin de défricher et qui vont devoir renoncer à leur cultures de rente pour consacrer leur terres à nourrir leur peuple.</p>
<p>Pour l’énergie, c’est la grande affaire, mais là encore le GIEC a tracé les trajectoires obligatoires pour éviter la catastrophe. Le problème est que si chacun attend que l’autre fasse l’effort, personne ne bouge, car il ne sert pas à grand chose de réduire la pollution de l’atmosphère chez soi si les autres ne font rien. L’atmosphère est un bien public mondial. C’est pourquoi il était essentiel de s’entendre sur des objectifs chiffrés nationaux de réduction, étape de par étape. Ensuite chaque pays s’organise pour atteindre ses objectifs.</p>
<p>La voie principale (deux tiers des résultats économiquement efficients), c’est les économies d’énergie : consommer frugalement, produire mieux. Les pays du tiers monde ont besoin, en moyenne, de trois fois plus d’émissions de CO2 pour produire la même quantité que les pays développés. D’où le compromis signé à Rio en 1992 : les pays du nord financeraient la mise aux normes les plus propres des pays du Sud, ce serait le moyen de « payer leur dette climatique », le fait qu’ils ont commencé à polluer l’atmosphère un siècle avant les autres.</p>
<p>Et c’est seulement le dernier tiers des réductions qu’il faut obtenir par la généralisation des énergies renouvelables, pour l’essentiel venues du soleil.</p>
<p><em>Et du soleil, l’Algérie en a encore plus que de pétrole !</em></p>
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		<title>Panne électrique en PACA : le nucléaire victime du climat</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1367-panne-electrique-en-paca-le-nucleaire-victime-du-climat/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Dec 2009 15:25:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[La panne électrique qui affecte aujourd’hui la région PACA vient démontrer de la plus brutale des manières l’inadaptation du nucléaire aux aléas climatiques.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis de nombreuses années, les écologistes alertent sur la double vulnérabilité française liée à la dépendance énergétique nucléaire :</p>
<ul>
<li>qui dit réseau hypercentralisé dit réseau hypervulnérable : toute panne affecte des centaines de milliers d’usagers ; un réseau décentralisé, basé sur les énergies locales, serait beaucoup moins vulnérable ;</li>
<li>à chaque aléa climatique, centrales nucléaires et réseau électrique sont au bord de la défaillance : en période de basse température, comme maintenant, c’est la demande excessive liée au chauffage électrique à laquelle la production nucléaire ne sait répondre ; en période caniculaire, ce sont les réacteurs nucléaires qui sont menacés de surchauffe et qu’il faut arroser ; et à chaque coup de vent ou de tempête de neige, c’est le réseau de lignes à haute tension qui s’écroule comme un château de cartes !</li>
</ul>
<p>Le Président de la République s’était présenté comme le VRP planétaire du nucléaire pour sauver le climat (voir la chronique <a href="http://ecolosphere.net/archives/1348-vraies-et-fausses-solutions/">« Vraies et fausses solutions »</a>) : plutôt que de donner des leçons au reste du monde en promouvant la fuite en avant atomique, il ferait mieux de balayer devant sa porte, en commençant par adapter la production et la distribution électriques françaises pour être moins vulnérable aux aléas climatiques ! Réduction des consommations, efficacité énergétique, énergies renouvelables : les solutions sont connues, à l’exact inverse de la politique énergétique française depuis des décennies !</p>
<p class="meta2">Denis Baupin, Maire Adjoint de Paris, Membre de l’exécutif des Verts.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Copenhague : Mal de terre…</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1365-copenhague-mal-de-terre/</link>
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		<pubDate>Mon, 21 Dec 2009 09:34:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Stéphen Kerckhove</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Copenhague aura révélé l’incohérence du double discours de nos « leaders » politiques dont l’irresponsabilité historique met la planète en danger.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Par Stéphen Kerckhove, délégué général <a href="http://www.agirpourlenvironnement.org/">d’Agir pour l’Environnement</a>.</p>
<p>Que dire de plus que ce qui a déjà été écrit pour exprimer l’immense déception du peuple de l’écologie à la vue du piètre résultat du sommet de Copenhague. L’absence d’engagements contraignants, le peu d’ambition des uns, la gesticulation des autres, le tout allié au plus parfait cynisme ont eu raison d’un sommet que d’aucun annonçait comme historique.</p>
<div id="attachment_1366" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2009/12/copenhague-mal-de-terre.jpg" alt="Copenhague : mal de terre !" title="Copenhague : mal de terre !" width="500" height="300" class="size-full wp-image-1366" /><div class="caption"><p class="legende">Copenhague : mal de terre !</p><div class="figure-description"><p>Dessin : Red!</p>
</div></div></div>
<p>Si Copenhague est un échec, c’est avant tout parce que nos décideurs n’ont jamais cru sérieusement à un accord contraignant. Ou plutôt, ont-ils toujours feint de croire que cet accord serait contraignant… pour les autres. L’effort à consentir n’est ainsi acceptable qu’à la seule et unique condition qu’il soit supporté par les pays du Sud ou les générations futures. Certains ont même cru un temps que Copenhague serait une opportunité de marché supplémentaire, un moyen d’assurer un relais de croissance pour un capitalisme moribond. De sobriété, il n’en a jamais été question !</p>
<p>Mais cette incapacité à prendre en compte la crise climatique pour ce qu’elle est réellement, une crise systémique qui frappe à cœur nos sociétés repues, rend l’issue des négociations non plus incertaine mais kafkaïenne.</p>
<p>Si Copenhague est un échec, c’est aussi et surtout parce que les chantres de l’écologie hors sol, de Chirac à Sarkozy, ne peuvent atteindre la cohérence requise pour être crédible. Tenir de beaux discours, se parer des habits verts pâles des sauveurs climatiques de l’Humanité ne font sens qu’à la seule et unique condition d’être irréprochable ici et maintenant.</p>
<p>Or, depuis trop longtemps, nous appelons les dirigeants français à accepter de mettre en adéquation discours et actes, dire et faire. Et pour se faire, remiser au placard les vieilles recettes que le grand emprunt et autre plan de relance financent allègrement !</p>
<p>À défaut d’avoir mis un terme au double discours institutionnalisé, nos responsables reviennent bredouilles de Copenhague. Au moins auront-ils le temps de méditer l’inélégance qu’il y a à donner des leçons au monde entier tout en poursuivant un développement énergivore et climaticide.</p>
<p>Nous voici venu au temps des apothicaires. Chaque État tient à jour ses comptes en espérant gagner plus qu’il ne perd. Au final, tout le monde a perdu ! Ce « je » à somme nulle nous entraînera toutes et tous dans un mal de Terre dont l’irréversibilité est certaine.</p>
<p>Honte à eux !</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Rebondir après l’échec de Copenhague</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 19:02:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Malgré la gueule de bois, malgré la révolte, voire le découragement, il va falloir très vite penser l’avenir post-Copenhague.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Article cité dans <em>Le Monde</em> (22/12) : « <a href="http://abonnes.lemonde.fr/le-rechauffement-climatique/article/2009/12/21/pour-les-verts-tout-passe-par-les-regions_1283593_1270066.html">Pour les Verts, tout passe par les régions</a> ».</p>
<p>Car, nous le savons tous, pendant que les négociations échouent, la crise s’aggrave : les Maldives et Tuvalu sont menacés d’engloutissement, les paysans africains, sud-américains et asiatiques subissent déjà la précarité des aléas climatiques (à voir absolument « Climate Voices » dernier film de Yann Arthus Bertrand), etc.  et de d’autant plus que, si on devait en rester aux résultats de Copenhague, c’est vers un réchauffement minimum de 3,5 degrés que nous nous orienterions, et non de 2 degrés comme affirmé officiellement.</p>
<img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2009/12/Climate-flag-FR.jpg" alt="Climate Flag" title="Climate Flag" width="500" height="250" class="size-full wp-image-1364" />
<p>Quelles que soient les difficultés lourdement soulignées par l’échec de Copenhague, il faudra donc bien que la communauté internationale finisse par trouver la voie. Mais force est de constater que si on laisse les chefs d’État entre eux ils n’y arrivent pas.</p>
<p>Pour autant, tout n’est pas perdu. Par l’importance même prise par l’événement, l’après Copenhague sera forcément différent de l’avant Copenhague. Dans quatre domaines au moins, la situation est porteuse d’espoirs qui peuvent permettre demain de modifier les rapports de force :</p>
<ul>
<li>le milieu associatif : jamais comme dans la préparation de Copenhague le monde associatif ne s’est aussi mobilisé en mêlant des familles associatives diverses (environnement, altermondialiste, solidarité Nord-Sud, droits de l’Homme, etc.), certes avec des nuances stratégiques — mais que pour ma part je ressens bien plus complémentaires qu’antagonistes — mais dont la diversité reflète parfaitement que ce qui se joue sur le climat dépasse largement l’enjeu environnemental. Cette convergence apparaissait fortement lors du Forum Copenhague que nous avions organisé à l’Assemblée Nationale. Nul doute que ce mouvement en marche ne s’arrêtera pas. Et il est porteur d’une société civile potentiellement capable de donner une suite au mouvement altermondialiste en recherche de second souffle.</li>
<li>les collectivités locales : là aussi un mouvement s’est mis en marche. Des milliers de collectivités locales (1 000 signataires de la Convention des Maires sur le climat en Europe) se sont engagées à agir sans attendre le Sommet de Copenhague, qu’il réussisse ou pas. Elles mettent en œuvre « Copenhague en vrai ». Et c’est d’autant plus important que plus de la moitié de la population planétaire vit en ville et émet les trois quarts des gaz à effet de serre. Et elles se sont dotées d’une coordination pour peser (avec CGLU, ICLEI, C40, Énergie-Cités, etc.) et d’un porte-parole, Ronan Dantec, qui a porté notre voix y compris dans les dernières heures de Copenhague. Sans attendre les collectivités vont continuer d’agir, non seulement sur le terrain via leurs Plans Climat, mais aussi en se retournant vers les États qui ont donné leur accord pour la reconnaissance des collectivités dans la lutte pour le climat : sans attendre un accord mondial, beaucoup de choses peuvent déjà avancer pays par pays. Cela ne remplacera certes pas l’accord planétaire qui manque, mais toute tonne de gaz à effet de serre évitée d’ores et déjà est bonne à prendre. Et ce d’autant plus que ces actions sont extrêmement créatrices d’emplois et socialement justes tant sont nombreux aujourd’hui les précaires énergétiques.</li>
<li>les citoyens du monde entier eux-mêmes : jamais la prise de conscience de la crise écologique n’a été aussi forte. Jamais, les médias n’auront autant mis en évidence les catastrophes potentielles. Jamais les scientifiques n’auront à ce point été unanimes sur la gravité et la nécessité d’action. Jamais les réponses les plus évidentes (transports collectifs, énergies renouvelables, etc.) n’ont été aussi crédibilisées. Et jamais nos concitoyens n’ont été aussi demandeurs de solutions appropriables facilement, pour autant que les politiques les favorisent. Ce mouvement de l’opinion constitue lui aussi un point d’appui considérable, car les chefs d’Etat ne pourront rester longtemps en échec face à des citoyens inquiets et demandeurs d’action. C’est évidemment le cas dans le monde industrialisés abreuvé d’informations et de médias. Mais c’est sans doute encore plus potentiellement déstabilisant — de façon positive ou destructive — dans les territoires qui sont d’ores et déjà victimes du dérèglement climatique.</li>
<li>le mouvement planétaire de l’écologie politique : 193 chefs d’État pour sauver la planète… mais combien d’écologistes parmi eux ? Il n’est pas interdit de penser que si l’écologie politique avait été représentée parmi ces chefs d’État, ne serait-ce qu’à son niveau de représentation planétaire moyen, les préoccupations globales auraient pu être mieux prises en compte face aux intérêts nationaux. Encore faut-il que ce mouvement d’écologie politique arrive enfin à occuper réellement son espace politique ! À coté de l’implantation historique allemande et belge, du renouveau français grâce à Europe Écologie, du potentiel brésilien incarné par Marina Silva, et d’une vingtaine de pays où Les Verts se développent progressivement (nombreux pays européens, États-Unis, Canada, Australie, etc.), combien de pays où le mouvement n’est encore qu’embryonnaire ? La rencontre à Copenhague du Global Green était de ce point de vue symbolique d’un mouvement qui se développe peu à peu, s’implante, gagne en crédibilité, mais à un rythme trop lent au regard de la crise écologique. C’est donc une priorité si on veut donner un débouché politique aux mouvements qui s’organisent et aux citoyens qui voudraient des dirigeants aptes à faire face aux défis du 21eme siècle.</li>
</ul>
<p><em>Nous le savions avant même de rejoindre Copenhague : le sommet danois ne serait qu’une étape. Elle se révèle décevante. Raison de plus pour passer au plus vite à la suite. Les potentialités existent, à nous de nous en saisir.</em></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Copenhague : un accord pour sauver la face, pas le climat.</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 11:22:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal Canfin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Une volonté affichée de limiter le réchauffement à 2 degrés, mais aucune mesure pour y parvenir. Trouver un accord dans 6 mois, voire un an, pourrait s’avérer délicat, tant sur les objectifs à atteindre que sur la capacité des différentes parties à surmonter de nouvelles contraintes.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Copenhague est il un échec ?</h3>
<p>Oui. La déclaration finale est plus un accord pour sauver la face qu’un accord pour sauver la planète. La volonté affichée est de limiter le réchauffement climatique à plus de 2 degrés, seuil considéré par la GIEC comme la limite à partir de laquelle le dérèglement climatique s’emballe et produira des effets catastrophiques. Mais aucune des mesures qui permettraient d’y parvenir n’a été prise : pas de contraintes, pas d’objectifs de réduction à la hauteur des préconisations du GIEC, pas de système de contrôle des engagements nationaux, etc. L’argent promis aux pays pauvres est une bonne nouvelle mais les sommets internationaux se sont trop souvent conclus par des promesses de dons qui ne se réalisent jamais qu’il est beaucoup trop tôt pour se réjouir. Par ailleurs, les engagements pris pour les trois prochaines années ne constituent pas forcément de l’argent frais mais provient d’argent recyclé déjà promis dans les budgets d’aide au développement. </p>
<h3>L’Europe et Nicolas Sarkozy ont-ils fait tout ce qu’ils pouvaient ?</h3>
<p>Non. L’Europe et la France n’avaient bien sûr pas toutes les cartes en main mais ils en avaient deux qu’ils n’ont jamais abattues pour faire bouger les choses : s’engager à réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre au lieu de 20 % pour entrer dans la fourchette préconisée par le GIEC (de 25 à 40 %) de façon à donner des gages aux pays du Sud et pousser les États-Unis à agir. S’engager sur un chiffre de transferts aux pays du Sud pour les aider à s’adapter au dérèglement climatique dont ils sont les premières victimes sans en être du tout responsables. Or, ni l’Europe ni la France n’ont mis ces deux chiffres sur la table des négociations en disant qu’ils assumaient leur responsabilité et agissaient en conséquence.</p>
<h3>Quels sont les conséquences de cet échec pour le climat ?</h3>
<p>Selon le GIEC il nous restait en 2008 au maximum 10 ans pour inverser la courbe mondiale de nos émissions de CO<sub>2</sub> si l’on veut limiter le réchauffement à 2 degrés. Perdre un an est donc un enjeu majeur car les efforts à réaliser devront être encore plus importants demain. Repousser les décisions qui n’ont pas été prises à Copenhague à l’été 2010 ou à la fin 2010 ne changera rien car il n’y a aucune raison d’aboutir plus dans 6 mois qu’aujourd’hui. Obama sera lié par la loi qui aura été passé au printemps au congres et comme les engagements US ne seront pas à la hauteur des préconisations du GIEC les chinois pourront toujours justifier de ne pas bouger plus qu’ils ne l’ont déjà fait en s’engageant à réduire leur intensité carbone par point de PIB de 45 %. Il faudra donc trouver d’autres moyens d’action que le traité multilatéral contraignant qui n’est pas sorti de Copenhague.</p>
<h3>Et maintenant que faire en France et en Europe ?</h3>
<p>Plus de la moitié des objectifs qui auraient pu (et dû) être fixés à Copenhague relèvent des compétences des collectivités territoriales. En matière d’urbanisme, de transports, d’aménagement du territoire, … les collectivités sont des acteurs clés. L’absence d’un accord mondial contraignant rend encore plus nécessaire des politiques locales ambitieuses. Sinon ce sera en quelque sorte la double peine pour le climat. De son côté l’Europe doit continuer à agir plus vite et plus fort même sans accord satisfaisant à Copenhague. Plus des deux tiers des émissions de gaz à effet de serre européennes ne sont pas concernées par la mondialisation (transports routiers, chauffage, production d’électricité…). L’Europe peut donc agir sans craindre la « concurrence internationale » sur l’essentiel de ses émissions. Comme je l’ai montré dans <a href="http://www.alternatives-economiques.fr/l-economie-verte--une-chance-pour-l-europe_fr_art_888_46900.html">un article récent publié dans Alternatives Économiques</a> c’est l’intérêt de l’Europe d’agir même si les autres ne bougent pas.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>L’échec des États-nations à Copenhague</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1359-l-echec-des-etats-nations-a-copenhague/</link>
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		<pubDate>Sat, 19 Dec 2009 09:52:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Le spectacle donné par les « leaders mondiaux » est tout simplement consternant.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Certes, tout ces derniers jours, voire même ces derniers mois, indiquait qu’on allait droit dans le mur. Mais, paradoxalement, l’absurdité du processus, le caractère irrationnel des postures prises, pouvaient laisser penser qu’il s’agissait d’une mise en scène, une dramatisation destinée à permettre à ces &laquo;&nbsp;grands leaders&nbsp;&raquo; de mettre sur la table une proposition nouvelle leur donnant l’image de sauveur du monde ! Il n’en était malheureusement rien. C’était bien de la pure irresponsabilité.</p>
<div id="attachment_1360" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2009/12/greenpeace-queens-dinner-cop15.jpg" alt="Action de Greenpeace au dîner des chefs d’État (17/12)" title="Action de Greenpeace au dîner des chefs d’État (17/12)" width="500" height="351" class="size-full wp-image-1360" /><div class="caption"><p class="legende">Action de Greenpeace au dîner des chefs d’État (17/12)</p></div></div>
<h3>Ce qu’on a fait pour sauver la finance, on n’aura donc pas réussi à le faire pour sauver la planète !</h3>
<p>Les pays riches pourront bien tenter de faire porter le chapeau aux pays en développement (voire aux plus riches d’entre eux, les pays émergents), rien ne pourra camoufler que c’est bien leur incapacité à assurer le leadership dont ils se prévalent qui a conduit à l’échec. Et ce d’autant plus que, finalement, ce sont souvent les leaders des pays pauvres et émergents (parfois même jusqu’au Brésil et à la Chine) qui ont un peu relevé le niveau par leurs engagements unilatéraux.</p>
<p>Les États-Unis portent une responsabilité majeure. Et le discours de Barack Obama fut une cruelle déception : il n’est bien « que » le représentant des intérêts des États-Unis, et encore d’une vision bien étroite de ses intérêts. Les données politiques internes du pays sont certes connues (le blocage du Sénat), mais il est des chefs d’État qui savent trouver les ressources pour infléchir le cours de l’Histoire. Ce n’était vraiment pas le cas d’Obama, en tous cas cette fois-ci.</p>
<p>L’Europe, elle aussi, est restée consternante. Tellement divisée — quoi qu’en dise la liturgie habituelle — qu’incapable de faire le moindre pas et passant son temps à parler entre elle. Sarkozy par ses gesticulations tous azimuts a certes cherché à apparaître comme le sauveur — et certaines initiatives n’étaient pas dénuées de sens — mais il est surtout apparu comme impuissant, incapable d’entraîner le reste des 27, et voulant systématiquement tirer la couverture à lui.</p>
<p>À l’arrivée, l’Europe se sera donc révélée incapable de s’emparer d’un leadership qui était à prendre. Il aurait suffit pour cela de monter son niveau d’ambition à une réduction de 30, voire 35, 40 % à l’horizon 2020, comme plusieurs pays membres y étaient prêts, et de mettre sur la table des moyens financiers certes significatifs — mais à la hauteur de ses moyens — pour l’adaptation du Sud de la planète. Elle s’en est révélée totalement incapable, montrant à quel point elle est congelée dans ses jeux de pouvoir entre États.</p>
<p>De ce point de vue, l’Europe est d’ailleurs une représentation à petite échelle de l’ensemble de la planète, d’une humanité incapable de surmonter sa balkanisation en 193 États souverains !</p>
<p>On peut bien, comme l’a fait Sarkozy hier, incriminer le système onusien (et il n’est certes pas exempt de défauts), mais il n’est que représentatif d’un monde où les égoïsme nationaux prévalent systématiquement sur les enjeux collectifs. Notre Zorro national, supposé sauver la planète, n’est-il d’ailleurs pas le même qui vient de lancer un grand débat sur l’identité nationale, indiquant par là-meme à quel point la tactique politicienne interne passe bien avant le destin du monde ?</p>
<p>Les péripéties des dernières heures de Copenhague n’y pourront désormais rien. Ce sommet restera un échec. Bien évidemment il va falloir trouver d’autres issues. Mais que de temps perdu ! Et si ce n’était que le temps ! Ce sont surtout des millions de tonnes de gaz à effet de serre supplémentaires relâchées dans l’atmosphère, qui pèseront sur le climat et seront causes de souffrances, de détresse et de misère pendant des générations. Décidément, dans son irresponsabilité et son égoïsme, l’espèce humaine est bien cruelle avec elle-même.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Intervention en plénière pour « un accord juste et ambitieux »</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1362-intervention-en-pleniere/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Dec 2009 17:34:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ronan Dantec</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Discours]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[« Les objectifs que nous fixent la communauté scientifique sont accessibles ». Par Ronan Dantec, porte-parole de cités et gouvernements locaux unis, en séance plénière à Copenhague le 18 décembre 2009.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mesdames et messieurs, les leaders de cette fragile planète,</p>
<p>Je parle aujourd’hui au nom des élus et représentants de villes et d’autorités locales du monde entier, des pays développés comme en développement.</p>
<p>Vous le savez, plus de la moitié des habitants de cette planète vivent aujourd’hui dans les villes qui consomment 75 % de l’énergie mondiale. Notre engagement est donc au centre de la réponse à apporter à la crise climatique.</p>
<p>Depuis Bali, tous les réseaux mondiaux de collectivités locales se sont unis pour vous encourager à trouver à Copenhague un accord ambitieux et pour que vous reconnaissiez notre rôle. C’est aujourd’hui le cas dans le texte sur l’action coopérative à long terme, nous espérons qu’il sera adopté.</p>
<p>Nos réalisations concrètes et mesurées montrent que les objectifs que nous fixent la communauté scientifique sont accessibles, et nous sommes prêt à vous aider fortement dans la réalisation de vos objectifs nationaux.</p>
<p>C’est le message qu’au nom des habitants de nos villes et régions nous vous portons et je peux vous témoigner de leur inquiétude cet après-midi alors que leurs médias nationaux évoquent un échec ou un accord insatisfaisant.</p>
<p>Mesdames et messieurs les chefs d’État,<br />
Vous avez encore quelques heures pour sceller l’accord de Copenhague, nous sommes ici pour vous encourager.</p>
<p>Oui, vous devez aux habitants de la planète un accord juste et ambitieux.</p>
<p>Je vous remercie.</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Cop15 : chasser les regards indiscrets</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1356-cop15-chasser-les-regards-indiscrets/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 15:33:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Cosse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>En direct de Copenhague</em>. Hier, mercredi 16, les choses ont commencé à se corser. Déjà lundi soir, le secrétariat des Nations-Unies a prévenu : pour mardi 15 et mercredi 16, il faudrait un badge supplémentaire pour les ONG pour rentrer (afin de n’être plus que 7 000 accrédités présents pour la société civile). Et jeudi 17, il n’y aurait pas plus de 1 000 observateurs, et vendredi, quand tous les chefs d’États sont là, … 90.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les règles avaient surpris, notamment après que tout le monde se soit félicité que les Nations-Unies aient associé comme jamais les représentants de la société civile dans ce sommet. C’est d’ailleurs, à n’en pas douter, une des raisons du succès de la COP 15 : si les associations, syndicats militants de tous bords n’avaient pas construit plus d’un an de campagne pour faire de ce sommet un enjeu majeur de l’agenda politique, il est certain que ce ne sont pas les chefs d’État que nous aurions vu prendre la parole en séance plénière du sommet depuis hier après-midi. Cette forte présence politique (qui justifie aussi les restrictions d’accès), c’est une victoire de toutes ces personnes engagées sur les questions environnementales. Pour la première fois, un sommet sur le climat est devenu aussi important qu’un round de l’OMC, ou une assemblée générale des Nations-Unies. Et pourtant, on ferme depuis hier les portes à celles et ceux à quoi on doit en partie que le climat soit devenu une question centrale de la diplomatie internationale.</p>
<p>Ainsi, hier, nous avons vécu une matinée épique. Au dehors, dès 8 heures du matin, sous une neige battante, une manifestation en direction du Bella Center était organisée, sous le slogan « <em>Reclaim the Power</em> ». L’objectif, à défaut de pouvoir entrer dans le centre de conférence, était d’y tenir à l’entrée une assemblée générale de la société civile. A n’en pas douter, — il suffisait de voir les dispositifs de sécurité mis en place —, les forces des polices n’avaient aucune intention de laisser faire quoique ce soit dans le périmètre de la conférence. A midi, quand les manifestants sont arrivés, elle n’hésitera pas à charger très violemment (voir les images sur la télé danoise), après avoir toute la matinée et la nuit précédente, procéder à des arrestations préventives de nombreux militants du réseau CJA (Climate Justice Action), ce que la loi lui permet. Nos amis du livebloging (lien) en ont fait les frais.</p>
<p>Et à l’intérieur, çà a grondé aussi. Dès 9 heures on apprend que les 96 représentants du réseau international des Amis de la Terre, dûment accrédités, se voient refoulés à l’entrée et retirés leurs badge. Même chose pour les membres de Via Campesina. Selon Sébastien Godinot, coordinateur des campagnes des Amis de la Terre France, les Nations Unies expliquent la sanction du fait des actions organisées par l’association à l’intérieur du Bella Center. Il précise : <em>« Les actions ont été les suivantes : avant-hier, porter un poncho bleu, taper dans ses mains et soutenir la poursuite du Protocole de Kyoto (la demande officielle du groupe des pays africain exprimée une heure plus tôt). Hier, les Amis de la Terre International ont demande à voix haute a l’UE de prendre le leadership dans les négociations et d’être plus ambitieuse. Si c’est pour ces actions que les Amis de la Terre International sont exclus, c’est pour le moins disproportionné. »</em> Le danger n’était évidemment pas là.</p>
<div id="attachment_1357" class="figure alignnone" style="width: 500px"><a href="http://www.flickr.com/photos/foei/4189751053/"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2009/12/4189751053_cd2fe9961a.jpg" alt="Les Amis de la Terre" title="Les Amis de la Terre" width="500" height="333" class="size-full wp-image-1357" /></a><div class="caption"><p class="legende">Les Amis de la Terre</p></div></div>
<p>On retrouve ainsi Ninimo Bassey, le leader nigerian des Amis de la terre, escorté par des membres de la sécurité pour être expulsé du centre. José Bové vient demander des explications au chef de la sécurité. Après cinq minutes de politesse, parce qu’un attroupement se forme et que des médias arrivent, il est demandé au député européen de partir. Il refuse, et attend toujours des explications sur ces exclusions. Un policier veut le faire bouger. <em>« Don’t touch me ! I’m a european MP ! »</em>, dit calmement José Bové avant de commencer un sitting à l’entrée du Bella center, derrière les contrôles de sécurité. Cela se transforme en une conférence de presse sauvage. La sécurité s’énerve, demande à la presse de reculer (grandement). Je refuse : <em>« Nous faisons notre travail »</em>. Réponse du chef de la sécurité (dont je n’ai pas eu le temps de voir son nom) après avoir lu mon nom à haute voix : <em>« Vous, vous ne travaillez plus ici désormais »</em>. Un cameran lui demande si c’est une blague. Apparemment pas (après j’ai filé comme une souris). José Bové a ensuite été « escorté » dans un bureau, où on lui dira que la sécurité était sous-tension, à cause des manifestations envisagées ce jour-là, et que les délégués, notamment les élus, devaient les aider à faire respecter le calme. Réponse de l’élu européen : ce <em>« n’est pas en faisant un déni de démocratie qu’il y arriverait »</em>. Fin de l’épisode à 10h15. Mais cela en disait long sur l’ambiance matinale. De leur côté, les militants des Amis de la Terre sont restés dans le hall d’entrée, pour manifester leurs colères (<a href="http://www.flickr.com/photos/foei">photos ici</a>). Pour Ninimo Bassey, l’argument sécuritaire n’était évidemment qu’une façade. <em>« Nous sommes face à un grand paradoxe. Ici, il y a des grands négociateurs, les enjeux de l’accord sont fondamentaux et on est en  train de mettre dehors la société civile »</em>. La journée s’est ainsi poursuivi avec des exclusions depuis l’intérieur, et des nouvelles de l’extérieur assez mauvaises, tant la police voulait réduire à peau de chagrin toute contestation. Surtout, on passe d’un sommet avec la société civile à une sorte de « G192 », où les états du G8, voire du G20 veulent imposer leur loi.</p>
<p>Il faut dire que vu comment les négociations patinent depuis plusieurs jours, nombreux sont les chefs d’État qui ne veulent surtout pas se retrouver face à leurs contradictions. Personne n’est dupe quant à la réduction progressive des participants ainsi que les restrictions de circulation à l’intérieur du centre pour les journalistes. Qu’il y ait le moins de témoins possibles de ce qui cloche ici, et que personne ne vienne brouiller la belle histoire de la diplomatie internationale qui sauve la planète.</p>
<h3>Sauf que ça déraille aussi du coté du chef d’État.</h3>
<p>Ainsi, par exemple, l’épisode Sarkozy-Zenawi, représentant du groupe des pays Africains dans la négociation. Ce dernier était à Paris mardi pour négocier une compensation financière dont les contours sont pas fixés. Pour de nombreuses ONG, c’est donner du « cash » aux pays africains pour les forcer à signer un accord en deçà de leurs ambitions, d’autant plus que le groupe africain veut absolument que la question du financement, y compris les mécanismes de répartition, soit au cœur de l’accord. Il semble qu’aucun pays africain n’était au courant de cette entrevue et n’avait mandaté Zenawi pour cela. La colère est très claire au Bella Center dès le mardi soir. Et une réunion avec Zenawi le mercredi matin, clôt très vite ce semblant d’accord. Les pays africains n’en veulent.Comme le précise Pierre Radanne, <em>« cette fois-ci, les pays Africains ne se feront pas avoir. Ils n’ont à gagner à signer un accord qui leur est défavorable »</em>. Fin de l’épisode Sarkozy, qui veut arriver ici jeudi après-midi tel un champion.</p>
<p>Et que font les pays insulaires ? Ils ont encore moins à gagner que l’Afrique à signer un accord mauvais. Alors, à la tribune, ils s’expriment gravement. Hier le président des Maldives a été très clair : <em>« ce que les pays industrialisés doivent faire ici, c’est de cesser leur arrogance »</em>. Tuvalu compare la conférence au naufrage du Titanic, et plusieurs pays d’Amérique du Sud disent qu’ils ne soutiendront pas un accord qui écrase leurs « frères » africains et les îles. En conférence de presse Evo Morales a lui aussi longuement dénoncé l’arrogance des EU et de l’UE, en les sommant à assumer la responsabilité de leurs actes. <em>« En comparaison de l’argent engagé par Bush et aujourd’hui par Obama dans la guerre en Irak, ce que demandent les pays émergents et notamment l’Afrique, ce n’est rien, absolument rien. »</em> Le président de la Bolivie a aussi rappelé que « les pays riches devront accepter tous les réfugiés climatiques. <em>« Les États-Unis et l’Union Européenne doivent prendre en charge ce fardeau et arrêter avec leur politiques répressive envers les migrants. Nous sommes dans un monde où il existe une liberté de circulation pour les produits, la finance, mais il n’y aucune liberté de mouvements pour les personnes. Nous devons en finir avec les visas. »</em> Morales s’est aussi beaucoup inquiété de la marchandisation en cours du climat : il est <em>« extrêmement important de veiller à ce que le dérèglement climatique ne soit pas la proie d’un nouveau marché. »</em> Enfin, il a appelé à la création d’une justice internationale climatique, <em>« pour juger les pays qui continuent de contaminer la Terre. »</em></p>
<p>En plénière, c’est Hugo Chavez qui est resté fort longtemps à la tribune pour dénoncer aussi le système capitaliste. Et on l’a vu brandir le dernier ouvrage (et excellent) d’Hervé Kempf, <em>Pour sauver la planète, sortez du capitalisme</em><sup>[1]</sup> (lire Regards, avril 2009), et en lire des passages entiers pour argumenter son propos. Évidemment, le G8 n’était pas là pour entendre, hormis Gordon Brown. Les autres grands de ce monde doivent parler cet après-midi et demain, dans un centre de conférence devenu quasi-forteresse.</p>
<p>Finalement, après une semaine de présence ici, c’est un peu la gueule de bois après une semaine d’excitation. Les projets d’accord se multiplient et de plus en plus de contenu se retrouvent entre crochets, c’est-à-dire sur quoi il n’y a aucun accord. Le mépris du Nord pour le Sud perdure, et cela est même aidé par les Nations-Unies. Car en se fermant telle une coquille, elles perdent une chance historique d’imposer aux États-membres sa diplomatie.</p>
<p class="meta2">Article <a href="http://www.regards.fr/article/?id=4450">publié dans Regards</a>.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1356" class="footnote"><em>Pour sauver la planète, sortez du capitalisme</em>, Hervé Kempf, édition du Seuil, Paris, 2009</li>
</ol>
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		<title>Le syndrome du Titanic</title>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 15:14:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>En direct de Copenhague</em>. Au Bella Center bouclé par la Police — auquel les ONGs n’ont plus accès et où les journalistes sont surveillés — dans ce bunker donc, la perspective d’un accord satisfaisant s’éloigne à mesure qu’entrent en scène tous les égos des « global leaders » aux préoccupations bien éloignées de celles des peuples les plus durement touchés par le changement climatique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nicolas Hulot aura-t-il porté la poisse au Sommet de Copenhague ? Ou tout simplement anticipé de quelques mois l’incapacité des dirigeants du monde à se montrer à la hauteur de leurs responsabilités ? Toujours est-il que l’accumulation de nuages de plus en plus sombres sur l’issue du Sommet a conduit le chef de l’État de Tuvalu à user de la même image — celle du Titanic — lors de son intervention hier. Et force est de constater que pendant que le naufrage s’approche dangereusement, l’orchestre continue de jouer la mélodie monotone des déclarations historiques de chefs d’État confirmant l’importance de l’enjeu mais trop occupés par leur image nationale pour dépasser les égoïsmes traditionnels et se hisser au niveau suffisant pour mettre sur la table les propositions qui sortiraient de l’ornière.</p>
<p>Comme dans toute bonne partie de poker, chaque joueur tente sans doute de garder dans sa main quelques cartes jusqu’au dernier moment. Mais ce jeu stupide — sur le dos des peuples — ne peut que mal finir quand la négociation est si complexe et quand l’accord à construire ressemble bien plus à de la dentelle qu’à la stratégie de l’éléphant dans le magasin de porcelaine qu’affectent souvent de choisir ceux qui se considèrent comme les « global leaders ».</p>
<p>Symptôme aggravant du raidissement des négociations : la bunkerisation du Bella Center. Alors que la conférence se déroulait depuis quinze jours dans un cadre serein où cohabitaient ONG, médias, élus, négociateurs, etc. les Robocop ont progressivement investi la place depuis la grande manifestation de samedi. Jour après jour, le centre est devenu de plus en plus inaccessible à tout ceux qui n’étaient pas membres des délégations nationales. Un très mauvais signal contre lequel nous, élus Verts et Europe Ecologie encore présents, nous sommes élevés en vain hier.</p>
<p>Dans cette ambiance lourde et morose, j’ai choisi de rejoindre ce matin la visite en bateau organisée par la ville de Copenhague, à destination des élus locaux participant au Sommet des Maires, de la ferme d’éoliennes offshore située dans la baie de la ville. Un moment impressionnant, passionnant et réconfortant — malgré un froid tenace — qui permet de rappeler qu’heureusement pendant les palabres certains agissent, ouvrent la voie et montrent que des actes concrets sont déjà entrepris.</p>
<p>On ne le rappellera jamais assez : les solutions sont pour la plupart connues, elles sont à portée de main. Leur problème est de se heurter à des intérêts bien établis. C’est pour cette raison que ce dont nous avons le plus besoin aujourd’hui, c’est de volonté politique au service d’une vision.</p>
<p>Il reste encore quelques heures aux dirigeants du monde pour montrer s’ils en ont ou s’ils porteront la lourde responsabilité de l’échec.</p>
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		<title>Plaidoyer pour un pacte mondial sur l’eau</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1354-plaidoyer-pour-un-pacte-mondial-sur-l-eau/</link>
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		<pubDate>Thu, 17 Dec 2009 15:14:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne Le Strat</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[Appel (paru dans Le Monde) pour une prise en compte internationale de la problématique de l’eau signé par quatres membres d’<em>Aqua Publica Europea</em> : Anne Le Strat, Alessandro Ramazotti, Christiane Franck et Roger Vioud.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Par <strong>Anne Le Strat</strong>, adjointe au maire de Paris chargée de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des canaux, présidente d’eau de Paris ; <strong>Alessandro Ramazotti</strong>, président Cap Holding, Milan ; <strong>Christiane Franck</strong>, directrice générale de Vivaqua, Bruxelles ; <strong>Roger Vioud</strong>, responsable des relations transfrontalières aux services industriels de Genève ; les signataires sont respectivement présidente, vice-président, administratrice déléguée et secrétaire général d’<em>Aqua Publica Europea</em>, le réseau des entreprises publiques européennes de l’eau.</p>
<p>Avant le sommet de Copenhague, les réunions de négociation se sont multipliées, les déclarations se sont succédé, mais aucun scénario de consensus ne s’est profilé. Face au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront pourtant parvenir à surmonter leurs divergences pour donner une suite au protocole de Kyoto à la hauteur des enjeux. L’avenir climatique de l’humanité se joue à cette conférence ; mais également l’avenir des ressources indispensables aux générations futures, et au vivant en général.</p>
<p>Première parmi ces ressources : l’eau. Essentielles à la vie, les ressources en eau seront rapidement et fortement touchées par le changement climatique. Le dernier rapport du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) rappelle le lien évident entre modifications du climat et pluviométrie. Si les inconnues sont grandes, tous les scénarios laissent entrevoir un « accroissement des extrêmes » : de fortes sécheresses et des crues violentes. Les latitudes méditerranéennes, qui abritent près du quart de la population mondiale, seront particulièrement affectées. Plus globalement, la répartition géographique des précipitations sera modifiée, bouleversant les activités humaines.</p>
<h3>Enjeu critique</h3>
<p>Bien commun, l’eau représente un enjeu critique pour nos sociétés. Garantir l’accès à l’eau en tant que droit humain et gérer les ressources de manière durable constituent une responsabilité collective tant à l’échelle du village qu’à celle de la communauté mondiale.</p>
<p>La plus grande négociation mondiale depuis 1992 traitant du devenir de l’humanité et de la planète ne peut être centrée exclusivement sur les problèmes énergétiques. Aujourd’hui déjà, les premiers besoins pour plus de trois milliards d’êtres humains sont l’accès à l’eau, l’alimentation ou encore la santé. La discussion internationale sur le climat doit impérativement englober ces priorités qui sont et seront celles de la moitié de la planète.</p>
<p>Nous, membres fondateurs du réseau Aqua Publica Europea, avons la volonté de rassembler les opérateurs publics des services d’eau et d’assainissement européens pour promouvoir une gestion publique et responsable de l’eau. Opérateurs de terrain, nous sommes confrontés à la complexité de la gestion de cette ressource si vitale et tellement fragile. Aux pouvoirs publics engagés dans les négociations de la Convention sur les changements climatiques (UNFCCC), nous adressons trois demandes.</p>
<p>Premièrement que la problématique de l’eau soit incluse, en tant que telle, à l’agenda de la COP 15 à Copenhague.</p>
<p>Deuxièmement, que le traité de Copenhague, que nous appelons de tous nos voeux, approuve le principe de l’élaboration d’un protocole mondial sur l’eau. Ce protocole devra répondre à tous les enjeux, de court et long terme, liés à l’eau (approvisionnement, pollutions, etc.).</p>
<p>Troisièmement que soit créée une autorité mondiale de l’eau sous l’égide des Nations unies, instrument efficace d’action et de coopération internationales, regroupant les différentes agences de l’ONU travaillant dans le domaine de l’eau. Cette autorité mondiale pour l’eau devra être dotée d’une autonomie réelle à l’égard des intérêts politiques nationaux, mais aussi des grands intérêts privés économiques qui dominent le secteur de l’eau. À l’heure où l’on se passionne pour la découverte d’eau sur la Lune, il est grand temps de mobiliser notre intérêt pour l’accès à l’eau des Terriens et de leurs enfants !</p>
<p class="meta2">Article paru dans Le Monde du 12/12/09 (<a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/11/plaidoyer-pour-un-pacte-mondial-sur-l-eau_1279282_3232.html">consultable en ligne</a>).</p>
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		<title>Sobriété énergétique et pointe de la demande électrique : Agir tout le temps mais surtout maintenant !</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1349-sobriete-energetique-et-pointe-de-la-demande-electrique-agir-tout-le-temps-mais-surtout-maintenant/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 17:27:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqué]]></category>

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		<description><![CDATA[« Agir pour l’Environnement, le Réseau Action Climat, le Réseau Sortir du Nucléaire et l’association Résistance à l’Agression Publicitaire appellent les françaises et les français à agir quotidiennement en faveur de la sobriété énergétique et plus particulièrement jeudi 17 décembre entre 19 h et 20 h (<a href="http://www.facebook.com/event.php?eid=200069093531&#038;index=1">voir l’<em>event</em> Facebook</a>) afin que Copenhague ne soit pas seulement un exercice de communication mais une date à partir de laquelle rien ne sera plus comme avant en matière climatique. »]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Communiqué de Agir pour l’Environnement, le Réseau Action Climat, le Réseau Sortir du Nucléaire et l’association Résistance à l’Agression Publicitaire.</p>
<div id="attachment_1352" class="figure alignnone" style="width: 500px"><a href="http://www.facebook.com/event.php?eid=200069093531&#038;index=1"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2009/12/ape-action17dec2.jpg" alt="Le climat a besoin de toi !" title="Le climat a besoin de toi !" width="500" height="250" class="size-full wp-image-1352" /></a><div class="caption"><p class="legende">Le climat a besoin de toi !</p><div class="figure-description"><p><a href="http://www.facebook.com/event.php?eid=200069093531&#038;index=1">Jeudi 17 décembre à 19 h</a>.</p>
</div></div></div>
<p><em>Paris, le 16 décembre 2009 :</em> Le système électrique français, déjà coupable de la forte production de déchets radioactifs, a aussi pour grave défaut d’être particulièrement climaticide lors des pointes de consommation électrique comme celles que notre pays connaît depuis le début de la semaine entre 17 h 30 et 20 h 30. C’est ce constat désormais récurrent à l’approche des grands froids qui amène les associations à lancer un appel solennel aux pouvoirs publics et aux français à agir en faveur de la sobriété énergétique.</p>
<p>Cette action passe tout d’abord par une réduction drastique des usages non essentiels de l’électricité, notamment entre 17 h 30 et 20 h 30 et un report de quelques heures des usages considérés comme essentiels. Débrancher les appareils en veille ou sous tension permanente comme les box, éteindre les écrans d’ordinateurs et les disques durs, ne pas lancer de machine à laver, cesser de recourir au sèche-linge, éviter les éclairages superflus, réduire la température intérieure à 19 ° le jour et 18 ° la nuit… sont quelques unes des mesures de bon sens à même de réduire l’amplitude de cette pointe de la demande électrique.</p>
<p>Conscients que l’action individuelle ne peut répondre que partiellement à ce problème collectif et saisonnier, les associations réclament l’interdiction du chauffage électrique qui entraîne une synergie entre les courbes de température et celles de la consommation électrique.</p>
<p>Agir pour l’Environnement, le Réseau Action Climat, le Réseau Sortir du Nucléaire et l’association Résistance à l’Agression Publicitaire appellent les françaises et les français à agir quotidiennement en faveur de la sobriété énergétique et plus particulièrement jeudi 17 décembre entre 19 h et 20 h (<a href="http://www.facebook.com/event.php?eid=200069093531&#038;index=1">voir l’<em>event</em> Facebook</a>) afin que Copenhague ne soit pas seulement un exercice de communication mais une date à partir de laquelle rien ne sera plus comme avant en matière climatique.</p>
<p>Les associations appellent également les collectivités locales, très présentes au Sommet de Copenhague à agir ici et maintenant notamment en interrompant durant les pointes de consommation les illuminations de Noël. De même, elles appellent le Gouvernement à faire éteindre immédiatement tous les panneaux publicitaires retroéclairés et motorisés par voie réglementaire (loi de 1976 codifiée sur les économies d’énergie).</p>
<p>Le nucléaire, peu flexible et peu fiable, n’est pas à même de répondre à la demande électrique de pointe, faisant de notre pays un pays producteur de déchets nucléaires pour l’électricité de base et émetteur de gaz à effet de serre pour assurer la pointe électrique. Le mix électrique français requiert l’importation d’électricité notamment depuis l’Allemagne issue de centrales à gaz, fioul ou charbon et fortement émettrice de gaz à effet de serre, ce qui au passage tort le cou à la soit disant « indépendance énergétique française » et aggrave le bilan carbone du kWh français.</p>
<div class="encadre">
<h4>[NDLR] Un article à lire sur le monde.fr, <em>« <a rel="external" href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/12/16/le-froid-met-le-reseau-electrique-sous-tension_1281279_3224.html">Le froid met le réseau électrique sous tension</a> »</em> :</h4>
<p><em>« La “France électrique”, si fière de son parc de 58 réacteurs nucléaires exploité par EDF, s’est réveillée de ses certitudes avec la vague de froid: elle n’est plus à l’abri de coupures de courant. Le pays devrait frôler, jeudi 17 décembre à 19 heures, le record historique de consommation atteint le 7 janvier 2009 (92 400 mégawatts, MW), a indiqué Réseau de transport d’électricité (RTE). »</em></p>
</div>
<p><strong>Avec un étonnement non dissimulé, les associations constatent que la France semble découvrir le problème de la pointe électrique chaque année à la même période, sans pour autant en tirer tous les enseignements en matière de politique énergétique.</strong></p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Vraies et fausses solutions</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1348-vraies-et-fausses-solutions/</link>
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		<pubDate>Wed, 16 Dec 2009 14:06:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Ici, à Copenhague, le compte à rebours est enclenché. Plus que 6 jours, 5 jours, 4 jours… La machine infernale est en marche, et bien malin qui aujourd’hui peut prédire à quoi elle aboutira. <em>Chronique en direct de Copenhague.</em>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Toutes les hypothèses restent sur la table : de l’échec complet au miracle inespéré, en passant par toutes les nuances d’accord plus ou moins tiédasse, tant les négociations sont complexes, mêlant tant d’intérêts divergents, de solutions juridiques à inventer, de rapports de force inégaux et d’égoïsmes souverains.</p>
<p>Plus les négociations piétinent et plus les « side-events » semblent se multiplier. J’assiste à ceux qui concernent les élus locaux, Sommet des Maires, Comité des Régions, etc. La litanie des discours en devient presque oppressante. Tout le monde (même l’Ocde, la Banque Mondiale, et une impressionnante file de multinationales) est devenu « Vert », conscient de l’enjeu climatique… et fait déjà son maximum.</p>
<p>On se demande de quoi osent encore se plaindre le paysan malien qui expliquait ne plus pouvoir nourrir sa famille ou les représentants des îles menacées d’être englouties !</p>
<p>Certes, cela fait longtemps que je ne crois plus au grand soir, qui plus est au grand soir climatique. Certes, je sais que le monde ne change pas en un jour, que les changements se construisent pas à pas. Et à tout prendre, sans doute vaut-il mieux que la Banque Mondiale, l’Ocde, etc. soient aujourd’hui obligés d’inclure le dérèglement climatique dans leurs discours, plutôt que de l’ignorer. Car si l’expérience montre que les actes ne suivent pas toujours les discours, il est certain que sans modification préalable des discours il n’y aura pas de modification des actions.</p>
<p>Mais que de temps perdu ! Que de retard alors que l’urgence à agir est partout proclamée par les scientifiques ! Jour après jour, mon sentiment de malaise laisse place à la colère.</p>
<p>C’est finalement hors des couloirs feutrés du Bella Center qu’on trouve un peu d’air frais. Avec les ONG et les nombreux activistes qui tentent de faire le lien entre le dedans et le dehors du Cop15… mais aussi en regardant le monde réel.</p>
<p>Depuis hier, clin d’œil du climat, la neige tombe régulièrement sur Copenhague (rappelant opportunément que les logiques climatiques ne sont peut-être pas encore totalement déréglées). Et ce qui frappe le plus l’œil de l’ancien Maire adjoint aux Transports, c’est, malgré ce climat rude, la profusion de cyclistes bravant la neige et le froid. Plus encore que les jours précédents, cette omniprésence est un réconfort.</p>
<p>C’est l’occasion de rappeler que lors de son dernier Congrès, à la Rochelle, le Club des Villes Cyclables m’a mandaté, en tant que Président honoraire, pour le représenter et porter ses messages à Copenhague. Une tache doublement difficile à remplir : outre l’avance considérable de Copenhague sur les villes françaises (même les plus volontaristes), force est de constater que, au sein du Bella Center peut d’intérêt est accordé aux vraies solutions, aux solutions simples, celles qui font réellement décroître notre empreinte écologique.</p>
<p>N’ayez aucun doute : dans les couloirs du Bella Center, dans les casiers des délégations, dans les publications destinées à la presse, ne manquent les publicités d’aucun constructeur automobile ! Et tous sont des modèles de conversion écologique, tous ont déjà (ou vont avoir d’ici peu) une gamme de véhicules modèles !</p>
<p>Mais on cherchera en vain la réunion, la conférence, le sous-comité, où on mette enfin en accusation la responsabilité du lobby automobile dans le péril climatique.</p>
<p>Rêvons une seconde qu’on ait consacré aux transports collectifs les milliards de dollars dépensés depuis des décennies pour construire routes et autoroutes, pour chercher et transporter le pétrole, et pour faire la guerre pour le pétrole. Rêvons une seconde que, comme Copenhague ou Amsterdam on n’ait jamais cherché à éradiquer le vélo de la ville (supposé être un reliquat du passé dans les villes livrées à l’automobile) et qu’on ait réservé les voies nécessaires aux vélos et aux transports collectifs dans toutes les villes (alors qu’aujourd’hui la reconquête de l’espace en ville est un tel combat). Rêvons une seconde qu’au lieu de construire des voitures toujours plus grosses, plus puissantes, plus énergivores, plus polluantes — et qui organisent la congestion inéluctable des villes — on ait choisi d’adapter l’automobile au besoin réel, avec de petit véhicule, peu polluant, peu consommateur d’espace… sans doute la menace climatique serait elle aujourd’hui moins pressante, sans doute pourrions nous penser léguer aux générations futures des réserves pétrolières permettant de garantir que cette ressource puisse servir aux besoins essentiels, sans doute pourrions nous rêver à ce que l’ensemble des habitants de cette planète ait un accès égal au droit à la mobilité.</p>
<p>Ce n’est pas tant l’automobile qui est ici en question — car elle a constitué une étape du progrès et de la capacité de mobilité de l’être humain — que le système automobile, cette logique omniprésente imposée par le lobby industriel et qui a modelé nos villes, notre économie, y compris nos imaginaires. Et je ne prétends pas ici faire une grande découverte : René Dumont le disait déjà il y a 40 ans ! 4 décennies perdues pendant lesquelles les dégâts se sont déployés à un rythme que même René Dumont n’aurait pas imaginé.</p>
<p>Pourtant, alors que cette logique nous a amené au bord du précipice, les dirigeants du monde continuent de croire que seules quelques modifications suffiraient à faire face, et à faire confiance aux mêmes lobbies pour apporter les réponses.</p>
<p>Il en va hélas de même en matière énergétique. Là aussi, il est temps de dire que les 4 vieilles énergies (pétrole, charbon, gaz et aussi nucléaire) sont parties du problème et non de la solution : centralisées, basées sur des ressources en quantité limitée, nécessitant des investissements lourds et des réseaux de taille toujours croissante, peu créatrices d’emploi, elles sont les énergies du passé. L’avenir est aux énergies souples, locales, renouvelables, et bien plus créatrices d’emploi.</p>
<p>Là encore, comme dans le domaine des déplacements, le rapport de force au sein de la Cop15 est fondamentalement inégal : les solutions du passé, les fausses solutions, sont omniprésentes, quand les vraies solutions, les solutions du futur sont marginalisées.</p>
<p>Autant de raisons de rester extrêmement vigilants et actifs qu’il y ait ou qu’il n’y ait pas d’accord de Copenhague !</p>
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		<title>Copenhague commence ici</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Dec 2009 15:50:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans cette chronique, Denis Baupin, de retour momentané à Paris, évoque comment une collectivité locale peut agir concrètement pour le climat à l’occasion d’un conseil de Paris consacré au budget 2010 et d’une délibération sur la politique énergétique de la ville.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Un court aller-retour à Paris (qui ne risque pas d’améliorer mon bilan carbone) afin de participer à la réunion du Conseil de Paris consacré au budget 2010 de la Ville, auquel est joint un « Bleu Climat », faire adopter une délibération importante pour la politique énergétique de la Ville… et passer quelques heures avec mon petit garçon, au milieu de ces 15 jours frénétiques.</p>
<p>Tenir un conseil de Paris budgétaire en pleine conférence de Copenhague, voilà une bonne occasion de rappeler que le destin du climat ne repose pas qu’entre les mains des chefs d’État, et que, partout où nous sommes, surtout en tant qu’élus, nous devons engager les mutations. Maire-adjoint chargé du Plan climat de la Ville (après avoir été en charge des Transports pendant 7 ans), je m’attache à mettre en oeuvre la politique environnementale de Paris. Le Plan climat adopté fin 2007 à l’unanimité (élaboré pendant la précédente mandature par l’adjoint Vert Yves Contassot), et qui s’est fixé pour objectif une réduction de 25 % de nos gaz à effet de serre à l’horizon 2020 (ainsi qu’une réduction de 25 % de la consommation d’énergie et un taux de 25 % de renouvelables et fatales dans la consommation énergétique) en est la pierre angulaire.</p>
<p>Indéniablement, ce n’est pas une mince affaire. Comme en atteste le « Bleu Climat », document initialement budgétaire mais dont j’ai souhaité qu’il devienne une sorte de compte-rendu annuel de l’avancement de la mise en œuvre du plan, un certain nombre de politiques se déploient progressivement. Elles concernent les bâtiments publics (particulièrement les écoles), la construction et la réhabilitation de logements sociaux, l’appui à la réhabilitation des logements privés, l’éclairage public, les énergies renouvelables, le déploiement du réseau de chauffage urbain, la végétalisation, la réduction des consommations des services municipaux et de l’impact des déplacements, la consommation de bio dans les cantines, la réduction des déchets, etc. Dès le précédent mandat, la politique municipale des déplacements avait déjà commencé à porter ses fruits (-9 % d’émission de gaz à effet de serre) en ce qui concerne le déplacement des personnes, avec notamment la réduction de 25 % de la circulation automobile à Paris. Mais force est de constater que celle concernant le transport des marchandises, malgré forces initiatives et énergie n’en était qu’à ses prémisses.</p>
<p>Dans tous ces domaines, à force de ténacité et de volonté politique, mon boulot d’élu consiste à passer un à un les obstacles placés sur la route. Ils peuvent être politiques (pour trouver une majorité), juridiques et institutionnels (quand les textes de loi, par exemple ceux du Grenelle, tardent à être adoptés, ou pour, comme le réclament les villes, aller plus loin encore dans la délégation de compétences), organisationnels (pour créer une Agence du climat, organiser des équipes, réunir suffisamment de compétences), techniques (en la matière, beaucoup reste à inventer ou à faire passer de l’expérimental à l’opérationnel), économiques (pour créer une SEM énergie), et bien sûr budgétaires, particulièrement dans une période de crise où les ressources fiscales traditionnelles se réduisent.</p>
<p>C’est la raison pour laquelle le groupe des Verts plaide inlassablement afin que la Ville de Paris réoriente ses priorités budgétaires afin de mieux les adapter au contexte économique et à l’urgence écologique, et consacre une part plus importante de ses moyens à la conversion écologique de la ville (message qui semble pour le moins relayé par les Parisiens qui ont voté à 28 % en juin dernier pour les listes Europe Écologie). C’est la raison pour laquelle notre groupe, avait déposé un certain nombre d’amendements au budget municipal. Nous nous sommes appuyés, afin de crédibiliser nos amendements, sur une étude du CIRED, au sein du CNRS, attestant que cette politique était budgétairement possible, nécessaire d’un point de vue environnemental, et économiquement vertueuse puisque potentiellement créatrice de près de 50 000 emplois si toutes les pistes en étaient mises en oeuvre de façon volontariste. Et j’ajouterais que cette politique serait plus juste socialement puisque permettant notamment aux ménages les plus précaires de faire des économies substantielles en réduisant leurs charges de chauffage et d’énergie. Cette étude avait été présentée quelques jours plus tôt notamment par Hervé Morel, secrétaire des Verts Paris, et Pascal Canfin, économiste et eurodéputé Vert.</p>
<p>Je regrette que la majorité de l’exécutif parisien n’ait pas voulu entendre ce message, malgré la conférence de Copenhague et les déclarations d’intention dans les média, et ait rejeté ces amendements. Mais ce n’est que partie remise, car la question climatique ne saurait être éludée, et que nous comptons sur les Parisiens (et les Franciliens) en mars prochain pour confirmer que c’est bien en ce sens qu’ils souhaitent que soient conduites les politiques publiques.</p>
<p>Ce conseil était aussi l’occasion de faire adopter par le Conseil la conclusion de plusieurs mois de négociations menées avec l’une des forteresses étatiques énergétiques françaises, <accronym title="Électricité Réseau Distribution France">Erdf</accronym>, filiale d’EDF chargée de la distribution de l’électricité. Peu de gens savent que les réseaux qui distribuent l’électricité appartiennent aux communes. Il était concédé depuis 1955 à EDF. Et cette concession arrive à échéance le 31 décembre prochain. Président de la commission supérieure de contrôle de cette concession depuis 8 ans, je me suis saisi, non sans peine, de cette opportunité pour tenter de réorienter cette concession au service de la politique énergétique et climatique de la Ville.</p>
<p>Première particularité : alors que le droit européen a conduit à la séparation de la production et de la distribution électrique (d’où la création d’Erdf), le droit français a conservé le monopole de la distribution à la filiale d’EDF, réduisant considérablement ainsi les marges de négociation de la Ville. Et ce d’autant plus que nos interlocuteurs, peu portés à la négociation avec les collectivités locales, s’appuient lourdement sur le pouvoir de l’État pour imposer leurs conditions à leurs interlocuteurs. Entendons-nous bien : je ne suis pas devenu un héraut du libéralisme échevelé, portant la mise en concurrence à tous crins. Mais force est de constater qu’entre un service public monopolistique d’État et des services publics énergétiques locaux (une régie par exemple), des marges pourraient exister pour rapprocher la décision du terrain, et adapter ainsi la politique énergétique aux besoins et à une politique environnementalement plus pertinente. Je suis convaincu que cela reste une perspective d’avenir.</p>
<p>À défaut de pouvoir mettre en oeuvre (pour l’instant) une telle politique, je me suis attaché (aux côtés d’autres négociateurs de la Ville qui portaient d’autres préoccupations notamment juridiques et budgétaires) et avec l’appui d’Hélène Gassin venue opportunément renforcer mon équipe, à :</p>
<ul>
<li>mettre fin au hold-up exercé depuis des années par EDF/Erdf sur l’entretien du patrimoine municipal. Ainsi, avec le soutien du législateur, l’entreprise a fait remonter ces dernières années dans ses comptes nationaux près de 600 millions d’euros qui auraient dû être investis dans l’entretien et la modernisation du réseau parisien ! Pendant plusieurs années, l’entreprise s’est servie du rideau de fumée de la séparation entre EDF et Erdf pour ne pas informer la Ville. Et ce n’est qu’à l’occasion de cette négociation, que nous avons pu mettre fin à ce scandale (qui par bien des aspects s’apparentent à celui qui a consisté à transférer le patrimoine du Stif à la Ratp, là aussi pour permettre à une entreprise nationale plus ou moins publique d’investir dans des marchés à l’étranger aux dépens des collectivités locales) et préserver près de 350 millions d’euros, propriété des Parisiens ;</li>
<li>garantir sur la durée les mécanismes de soutien aux précaires énergétiques ;</li>
<li>favoriser le développement des énergies renouvelables sur le territoire parisien, en obtenant un temps de raccordement au réseau des installations photovoltaïques, éoliennes, etc. en moins de 4 semaines, là où cela se compte en mois partout sur le territoire national ;</li>
<li>et surtout engager une première étape de développement de « réseaux intelligents » sur le territoire parisien. On entend par là un réseau équipé de dispositifs de télécommande et communication permettant l’intégration de productions décentralisées d’énergies renouvelables et une meilleure maîtrise des consommations. Paris sera le territoire d’expérimentation pour une nouvelle génération de compteurs qui permettra aux usagers non seulement de connaître leurs consommations en temps réel mais aussi de gérer et programmer leurs équipements pour les réduire.</li>
</ul>
<p>Certes, l’intelligence du réseau ne suffira pas à régler les multiples problèmes posés par le développement particulièrement néfaste du chauffage électrique qui alourdit les factures, oblige à utiliser des centrales particulièrement polluantes et importer à prix d’or de l’électricité. Mais à l’heure où les périodes de grand froid font craindre un black-out, il est crucial d’améliorer la gestion des pointes de consommation. L’expérience de la Ville de Paris confirme que les collectivités doivent impérativement regarder de près leurs contrats et surveiller les pratiques du distributeur. Et ce d’autant plus que dans les années qui viennent, de nombreux contrats de concession vont être renouvelés, c’est notamment le cas du Sipperec (syndicat d’électrification de la périphérie de Paris) avec qui j’entends bien poursuivre une collaboration étroite.</p>
<p>Le vote à l’unanimité de la délibération que j’ai présentée ne garantit pas à lui tout seul que tout roulera dorénavant sur des roulettes. L’expérience me permet de savoir qu’avec des interlocuteurs comme Erdf seules une attention continue, une bonne connaissance des dossiers — et parfois le rapport de force ! — permettent d’éviter que les accords d’un jour deviennent lettre morte le lendemain (un adage que beaucoup de négociateurs à Copenhague connaissent visiblement déjà !).</p>
<p>Pour autant, ce vote constitue un pas supplémentaire vers la création d’un service public local de l’énergie, qui s’affirme déjà dans la production (les renouvelables), la consommation (maîtrise de l’énergie dans le bâti, l’éclairage, etc.) et dorénavant dans la distribution. Un outil indispensable pour mettre en oeuvre demain l’éventuel accord de Copenhague.</p>
<p class="meta2">Article <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/quel-temps-copenhague/article/151209/copenhague-commence-ici">publié sur Mediapart</a>.</p>
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		<title>Dans l’agitation, la France continue de se distinguer… sur le nucléaire</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Dec 2009 17:50:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Cosse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
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		<description><![CDATA[<em>En direct de Copenhague</em>. Au menu de cette chronique : une affluence record, des restrictions s’annonçant de plus en plus drastiques pour les accréditations des ONG, les gesticulations (radioactives) de Borloo, et toujours plus d’actions !]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nouveau record d’affluence ce matin au COP15. Les règles d’entrée au centre des négociations sont en train d’être revues drastiquement : trop de badges ont été donnés la première semaine aux ONG et les organisateurs paniquent. Dès demain, les ONG devront diminuer le nombre de leurs représentants. On assiste ainsi devant le Bella Center à des scènes où la police doit bloquer les délégués non encore accrédités, à qui on demande de patienter jusqu’à… six heures. Il y a aussi foule en salle de presse où un grand nombre d’équipes sont arrivés en prévision de celles des chefs d’État. Paradoxe de voir toute cette foule venir à Copenhague alors qu’au même moment, çà clashe dans les couloirs. Les pays africains ont suspendu ce matin leur présence aux négociations, avant d’avoir la certitude que les négociations en cours ne négligeraient pas la question de la poursuite du protocole de Kyoto, seul instrument juridique pour le moment contraignant. Les États-Unis n’en étant pas signataire (et la Chine n&#8217;ayant pas accepté de mesures contraignantes), il est question ici de trouver un accord plus large. Mais les pays émergents aimeraient qu’une double approche soit poursuivie : prolonger le protocole de Kyoto et conclure un autre accord incluant les plus grands pollueurs, mais qui soit moins contraignant pour eux.</p>
<p>De son côté, Borloo poursuit sa mission de représentation de la France, qu’il veut absolument imposer comme le pays « leader » de la négociation. Difficile de savoir comment cela est perçu depuis Paris, mais, ici, la belle et fantastique histoire de Copenhague à la mode Sarkozy ne fait pas recette. Surtout qu’il est difficile d’être dupe quand au même moment, le gouvernement  français annonce dans le cadre du grand emprunt le développement des réacteurs nucléaires de 4<sup>e</sup> génération. <em>« La France poursuit ses illusions énergétiques et entretient sa triste différence — séquestration du carbone et nucléaire »</em>, déclare l’eurodéputé <a href="http://yannickjadot.fr/">Yannick Jadot</a> (Europe Écologie), atterré. <em>« À l&#8217;heure de Copenhague, il vaudrait mieux investir dans les économies d&#8217;énergie et les énergies renouvelables »</em>, ajoute le réseau <a href="http://www.sortirdunucleaire.org/">Sortir du nucléaire</a>.</p>
<div id="attachment_1345" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img class="size-full wp-image-1345" title="Manifestation No Borders" src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2009/12/manif-noborders-copenhague-500px.jpg" alt="Manifestation No Borders" width="500" height="375" /><div class="caption"><p class="legende">Manifestation No Borders</p></div></div>
<p>À côté de cela, les activistes ne se découragent pas, malgré le froid, et poursuivent les actions en tout genre. Ce matin, c’était la manifestation des <em>NoBorders</em> pour rappeler que les enjeux migratoires ne doivent pas être oubliés dans la négociation. Aux cris de « <em>No borders, No nations, Stop deportation !</em> », la foule plutôt bon enfant s’est dirigée vers le ministère de la Défense avant de tenter de décrocher l’un des innombrables planisphères financés par je ne sais quel sponsor privé, qui sèment les rues de Copenhague. L’encadrement policier est toujours impressionnant mais son relatif fairplay impressionne quand même un peu tant on est habitué à d’autres pratiques en France. Cela n’empêche pas les nombreuses arrestations et les contrôles préventifs mais on sent, comme l’a rappelé le porte-parole de la police, qu’il s’agit ici de faire le contraire de ce qui s’est passé lors du sommet de l’Otan en mars dernier. Reste à voir ce qui se passera mercredi prochain, durant lequel est organisé une marche sur le Bella Center (<a href="http://www.climate-justice-action.org/news/2009/08/14/december-16th-18th/">Reclaim the power</a>), afin que les <em>« négociateurs entendent la voix de la société civile »</em>. On suivra cela depuis l’intérieur, des interruptions de séance par les activistes étant annoncés…</p>
<p>Enfin pour finir, un clin d’œil à nos amis les <em>Yes Men</em>. Difficile de savoir à cette heure si ce sont eux qui ont frappés ce matin, mais cela y ressemble fort. Introduits par l’Ouganda, un représentant du Canada avait annoncé la décision de son pays de réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020 et doubler la mise d’ici à 2050. Le Canada a depuis démenti (<em>Ndlr. Il s’agit effectivement <a href="http://theyesmen.org/canada">d’un coup des <em>Yes Men</em></a>, en relation avec des activistes canadiens. Le <a href="http://enviro-canada.ca/agenda2020">faux communiqué de <em>Environnement Canada</em></a>, le faux communiqué du Ouganda soutenant cette volte face du Canada, <a href="http://europe-wsj.com/article/SB10001424052748704201404574590453176996032.html">l’article postiche du Wall Street Journal</a> reprenant la nouvelle et le <a href="http://www.ec-gc.ca/default.asp_lang=En_n=714D9AAE-1_news=C95709A4-2BD6-4245-B709-B9B2935CEE56">faux démenti « officiel » du Canada</a> faisaient tous partie de cette action de « rectification d’identité » très élaborée. Voir <a href="http://www.ledevoir.com/environnement/climat/279358/le-canada-a-copenhague-un-canular-revele-a-la-face-du-monde-les-dissensions-interieures">cet article</a> dans la presse canadienne</em>). Mais dans l’ambiance tendue de la journée — les pays africains quittent les négociations, les conférences de presse s’annulent en chaîne (État-Unis, UE, G77 et Chine) —, on a cru une minute que les pays du Nord avaient enfin pris conscience de leurs responsabilités.</p>
<p class="meta2">Article <a href="http://www.regards.fr/article/?id=4449">publié dans Regards</a>.</p>
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		<title>Mobiliser pour le climat !</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Dec 2009 10:42:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Cosse</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
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		<description><![CDATA[<em>En direct de Copenhague</em>. Après un bref retour sur les rassemblements (et les arrestations) de ce weekend, Emmanuelle Cosse détaille quelques manifestations de la mutation des mouvements alter vers une prise en compte de l’écologie radicale qui se poursuit et s’amplifie à l’occasion de ce sommet.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après la démonstration de force de la société civile samedi 12, c’était hier le temps de réfléchir. Dimanche après-midi, au Klimaforum, CJA (Climate Justice Now) ouvrait ainsi le débat sur les perspectives du mouvement<sup>[1]</sup>. Au nombre des regrets pour les organisateurs danois, les 968 arrestations du samedi 12, qui ont conduit à 3 comparutions immédiates. Et les moments humiliants vécus par les personnes arrêtées (attente dans le froid sans accès aux toilettes…, garde à vue de plusieurs heures pour rien, etc.). La même chose s’est d’ailleurs répétée dimanche matin, lors d’une action qui visait à fermer le port de Copenhague. Comme à son habitude, la police danoise n’a pas cherché à laisser naître une quelconque initiative : quelque 400 personnes ont été assez vite arrêtées, pour être relâchées en fin de soirée. Parmi elles, des jeunes Verts que les membres d’Europe Ecologie chercheront à localiser une bonne partie de la journée. A été testée l’efficacité des services consulaires français… plutôt bonne.</p>
<p>« <em>Our time is now</em> », répétaient à l’envie les participants au débat de CJA. Chacun y est allé de son exemple de mobilisations nationales, des possibilités d’accroître le travail en réseau. On y trouvait aussi des mots d’ordre plus généraux, notamment sur la marchandisation du monde. Car en arrière plan de la conférence de Copenhague se joue aussi une autre partie de cartes : celle du redéploiement du mouvement altermondialiste et de sa multitude. Ici, on croise évidemment des personnes engagées sur les questions climatiques et environnementales depuis longtemps, ainsi que les mouvements, notamment paysans, qui depuis Seattle font le lien entre ces questions-là, les modes de productions et les règles du marché qui y sont liées (OMC). Mais on voit aussi arriver une partie de ceux qui étaient de tous les sommets alter, contre les G8, comme par exemple Gènes en 2001 : centres sociaux italiens, militants no borders allemands, pacifistes des pink blocks de touts bords, désobéissants, etc. On croise ainsi le mouvement Attac, qui a notamment produit un certain nombre d’analyses pointilleuses, sous l’égide de Geneviève Azam<sup>[2]</sup>. Et de même manière, la campagne Urgence climatique/Justice sociale qui s’est déroulée toute l’année 2009, est l’exemple même de l’évolution des mouvements sociaux sur les questions environnementales et de l’écologie en général, qu’ils prennent enfin véritablement en compte.</p>
<p>D’ailleurs, pour un certain nombre, on ne parviendra pas à résoudre les questions posées à Copenhague sur le dérèglement climatique, sans remettre en cause durablement les règles du commerce international et celles de la diplomatie internationale. Ce furent les mots de José Bové, dans un meeting organisé par les Global Greens au Klimaforum, où était également attendue la prix Nobel Wangari Mathai, malheureusement empêchée. Les leaders Verts mondiaux y étaient venus expliquer devant une salle comble leurs investissements sur les négociations en cours, de l’Australie en passant par le Canada ou l’Europe. Plusieurs ont ainsi stigmatisé l’attitude attentiste de l’Union européenne, qui ne joue pas le jeu du leader dans lequel on l’attendait. Elisabeth May (Canada) a également appelé à un peu de lucidité : <em>« Obama n’est pas Bush mais les États-Unis restent les États-Unis »</em>.</p>
<p>Quant à José Bové, il a évoqué le passé pour construire le futur. <em>« Il y a 10 ans, on a martelé que le monde n’était pas une marchandise. On est ici à Copenhague pour dire que la Terre appartient à l’humanité. Et qu’elle est aujourd’hui menacée par un mode de production industrielle, un mode de transports dangereux et un mode de consommation absurde. On est dans un monde fini ! C’est pour cela que les règles sont en train de changer. On ne peut plus penser le monde avec les vieilles idéologiques productivistes. Il faut changer de logiciel politique et c’est l’écologie politique qui le permet. »</em> Le député européen en a aussi profité pour dénoncer les résistances des pays industriels, derrière qui on retrouve de nombreuses multinationales, qui <em>« tel Monsanto »</em>, ne cherchent pas à encourager une évolution des modes de production<sup>[3]</sup>. José Bové a aussi insisté sur la nécessité que les Nations Unies saisissent leur chance pour faire évoluer la diplomatie internationale, qui <em>« donnerait toute sa place aux pays du Sud ».</em></p>
<p>Enfin, ce meeting s’est terminé par une intervention, digne de celle d’une rock star de Marina Silva, candidate à l’élection présidentielle brésilienne, ancienne ministre de l’environnement de Lula, membre du Parti des Travailleurs avant de rejoindre les Verts Brésiliens. <em>« Il est temps de sortir de l’économie prédatrice, <em>a-t-elle proclamée.</em> Les gouvernements ne doivent pas oublier qu’en dehors des réunions protocolaires, il y a des problèmes des gens à régler ! »</em>.</p>
<p>Voilà de quoi se remettre d’aplomb avant de débuter la seconde et décisive semaine de négociations.</p>
<p class="meta2">Article <a href="http://www.regards.fr/article/?id=4448">publié dans Regards</a>.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1342" class="footnote">À lire <a href="http://www.mouvements.info/Mouvements-a-Copenhague.html">un compte rendu un peu plus exhaustif sur le live bloging</a>.</li>
<li id="footnote_1_1342" class="footnote">lire notamment le rapport « <a href="http://www.france.attac.org/spip.php?article10514">Le climat dans la tourmente des marchés</a> ».</li>
<li id="footnote_2_1342" class="footnote">D’ici la fin de la semaine, un billet sur leurs communications en salle de presse qui méritent un peu d’attention…</li>
</ol>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Démonstration de force de la société civile</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1339-demonstration-de-force-de-la-societe-civile/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Dec 2009 15:01:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans cette chronique, Denis Baupin, présent à Copenhague, revient sur la manifestation de samedi, puis évoque la rencontre organisée par les Verts mondiaux la veille au soir, avant de conclure sur les questions auxquelles les négociations de cette semaine décisive devront répondre.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Près de 100 000 manifestants dans les rues de Copenhague ce samedi 12 décembre, dans un froid de canard ! Une marée humaine ! La plus grosse manifestation jamais organisée pour une cause « environnementale » (même si le dérèglement climatique peut légitimement déroger à cette seule catégorie). Le moins qu’on puisse dire est que la société civile (associations, syndicats, partis politiques écologistes et au-delà, citoyens) n’a pas raté son rendez-vous avec l’histoire.</p>
<div id="attachment_1341" class="figure alignnone" style="width: 500px"><a href="http://climatjustice.org/2009/12/11/manifestation-internationale-du-12-decembre/"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2009/12/copenhague-manif-12-dec.jpg" alt="Manifestation Internationale du 12 décembre à Copenhague" title="Manifestation Internationale du 12 décembre à Copenhague" width="500" height="283" class="size-full wp-image-1341" /></a><div class="caption"><p class="legende">Manifestation Internationale du 12 décembre à Copenhague</p></div></div>
<p>Dans le cortège bon enfant, festif, plein d’humour, des marées de drapeaux verts (associatifs et politiques) : le monde de l’écologie est présent en masse. Les partis verts européens et du reste du monde (voir ci-dessous) sont bel et bien là : beaucoup de Danois, bien sûr, d’Allemands, de Belges, et une forte délégation française parmi lesquels (excusez-moi par avance pour les oublis) Cécile Duflot, Yves Cochet, de nombreux députés européens (José Bové, Karima Delli, Yannick Jadot, Pascal Canfin, Nicole Kill Nielsen, Catherine Grèze) mais aussi Emmanuelle Cosse, Julien Bayou, Eva Sas, Francine Bavay, Andrée Buchmann, Dan Lert, Frédérique Tarride, Stéphane Sitbon, Alexis Prokoviev et de nombreux jeunes Verts, etc.</p>
<p>La veille au soir, une rencontre organisée par la <em>Global Greens Coordination</em> (les Verts mondiaux) et la Heinrich Böll Fondation avait permis de montrer que le mouvement Vert planétaire était bien présent au rendez-vous. Outre les pays européens voisins, mais aussi l’Estonie, des représentants d’Amérique du Sud (Brésil, Pérou, Argentine), d’Afrique (Sénégal, Rwanda, Maroc), d’Asie (Chine, Népal), d’Australie, du Canada, etc. Particulièrement marquante fut l’intervention d’Alfredo Sirkis, ancien Président des Verts brésiliens et ancien candidat à l’élection présidentielle brésilienne. Au nom des Verts brésiliens, il a déclaré, que les pays émergents (notamment la Chine, l’Inde, le Brésil, etc.) doivent eux aussi prendre leur part de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, certes à un niveau moindre que celui des pays industrialisés mais significatif et quantifiable. Et que c’est surtout sur le financement de l’aide aux pays les plus pauvres que le traitement doit être clairement différencié entre pays historiquement responsables des émissions et les autres pays. J’insistais pour ma part pour que cette rencontre débouche sur une déclaration commune des partis Verts, qui préciserait ce que serait un « bon accord de Copenhague » permettant de déterminer la toise au regard de laquelle nous jugerions de la pertinence du texte final. Cette déclaration devrait être rendue publique ce dimanche.</p>
<p>Militants associatifs et politiques, nous sommes bien décidés, non seulement à participer aux manifestations, notamment celle d’hier mais aussi à peser dans les ultimes négociations qui ont lieu au Bella Center, tout au long de la semaine à venir.</p>
<p>Car l’enjeu reste bien celui-là : peser le maximum, à l’intérieur comme à l’extérieur pour un accord le plus ambitieux possible. À l’intérieur, par le lobbying, les discussions, l’interpellation publique systématique des délégations nationales, à commencer par les plus puissantes. À l’extérieur, en multipliant les initiatives visibles, massives, capables de faire comprendre aux chefs d’État que l’échec leur est interdit, non seulement au regard de leur responsabilité historique mais aussi plus pragmatiquement de leur crédibilité politique, une fois revenus dans leur pays.</p>
<p>Après le round d’observation qu’a constitué cette première semaine, celle à venir s’avère décisive. Un texte de base est certes sur la table, mais il laisse ouvertes de nombreuses questions :</p>
<ul>
<li>le degré de réchauffement « acceptable » à 2 degrés, voire 1,5 degrés, nouveauté dans les discussions probablement due au coup d’éclat de Tuvalu et dont on verra si elle résistera aux inévitables pressions ;</li>
<li>les objectifs de réduction des émissions actuellement ciblés dans la fourchette haute (-30 à -40 % à l’horizon 2020 pour les pays industrialisés) qui pourraient forcer l’Union Européenne (aujourd’hui figée à &#8211; 20 %) à bouger, mais qui font surtout hurler les États-Unis (pourtant mauvais élèves de la classe) estimant que les pays dits émergents (Chine, Inde, Brésil) devraient se voir attribuer eux aussi des objectifs obligatoires ;</li>
<li>le caractère non contraignant en l’état de l’accord qui fait craindre que le document adopté ne soit finalement que de la poudre aux yeux ;</li>
<li>le niveau des premières aides financières (d’ici à 2012) pour l’instant non encore garanti : sur la vingtaine de milliards attendus, l’Union Européenne s’est certes engagée à en apporter sept, mais rien ne garantit qu’il s’agisse de financements additionnels et non des financements prélevés sur l’aide traditionnelle aux pays pauvres, ainsi sommés de choisir entre la lutte contre les maladies, l’aide au développement, etc. ou la lutte contre le dérèglement climatique !</li>
<li>l’absence de mécanisme de financement pérenne au-delà de 2012 permettant d’atteindre les plus de 100 milliards d’euros annuels nécessaires à terme, pour lesquels les « engagements volontaires » actuels ne constituent évidemment en aucun cas un cadre satisfaisant.</li>
</ul>
<p>Sans oublier de nombreux autres sujets plus techniques mais dont l’encadrement est indispensable, afin que les engagements pris ne soient pas vidés de leur contenu : déforestation, puits de carbone, traitement des terres, mécanismes de flexibilité (marché du carbone, mécanisme dit de développement propre), technologies reconnues comme « propres » (la question du nucléaire étant la plus emblématique) sans oublier la reconnaissance du rôle des gouvernements locaux dans la mise en œuvre de l’accord.</p>
<p>Beaucoup de points restent donc à clarifier, même si certains sont plus stratégiques que d’autres. Pour Pierre Radanne avec qui j’en discutais vendredi soir, sans caractère contraignant de l’accord et sans mécanisme de financement pérenne, il n’y aura pas d’accord possible. Pour lui, qui défend les intérêts des pays africains, pour la première fois unis dans une telle négociation, les États les plus menacés — l’Afrique et les États insulaires — sont bien décidés à peser jusqu’au bout et à ne pas valider un accord insuffisamment ambitieux. Et on les comprend : il s’agit ni plus ni moins que de leur survie. Espérons que les pressions des grandes puissances n’auront pas raison de cette détermination.</p>
<p>C’est donc une semaine passionnante qui s’annonce, pleine de dangers mais aussi d’espoirs, qui se déroulera dans les salons fermés du Bella Center, mais aussi sous les yeux du monde entier. Nous avons tous intérêts à les garder bien ouverts, et à faire entendre si nécessaire aux dirigeants du monde entier qu’ils n’ont ni le droit d’échouer, ni celui de maquiller un accord non satisfaisant en un texte acceptable.</p>
<p>C’est maintenant, pas demain, qu’il faut prendre les bonnes décisions.</p>
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		<title>Que va-t-il rester de la taxe carbone ?</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1338-que-va-t-il-rester-de-la-taxe-carbone/</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Dec 2009 14:58:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christian de Perthuis</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[L’enjeu majeur de Copenhague est d’élargir les engagements de réduction d’émission de façon crédible en mettant rapidement en place des instruments puissants pour redéployer les économies vers le bas-carbone. C’est le même enjeu qui est posé en France avec la mise en place de la taxe carbone. Un processus qui risque fort d’aboutir à un résultat bien en deçà des ambitions initiales si les détails de la mises en œuvre de ces instruments d'application ne sont pas publiquement débattus.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Par Christian de Perthuis, Professeur à l’université Paris-Dauhine et Christian Gollier, Professeur à Toulouse School of Economics.</p>
<p>Depuis le début de la révolution industrielle, nos sociétés utilisent l’atmosphère, cette mince pellicule gazeuse entourant notre Planète, comme s’il s’agissait d’un réservoir infini pouvant accumuler tous nos rejets de gaz à effet de serre. À la suite des alertes répétées des climatologues, un large consensus existe aujourd’hui sur la nécessité de faire refluer rapidement ces rejets pour éviter le risque de dérèglements climatiques majeurs. Pour le faire de façon rapide et efficace, la recommandation de la majorité des économistes est de mettre un terme à cette gratuité de l’usage de l’atmosphère en appliquant un prix à nos émissions de gaz à effet de serre qui reflète le coût des dégradations futures provoquées par ces émissions. L’existence d’un tel prix, unique et s’appliquant à tous les émetteurs, est de nature à conduire à une réorganisation rapide et à moindre coût du système économique pour faire chuter les émissions durant les prochaines décennies.</p>
<p>Voilà pour la doctrine. Mais ce qui importe pour enrayer les risques du dérèglement climatique, ce sont les travaux pratiques. Or, le passage d’une économie de gratuité du carbone dans laquelle chacun est libre de rejeter des quantités illimitées de gaz à effet de serre à un régime où chacun devra payer ses émissions n’est pas une transition facile à engager. Au plan international, elle a été amorcée par le protocole de Kyoto : tout l’enjeu de la négociation de Copenhague est de voir comment on peut dépasser les limites de ce protocole qui ne régule qu’une fraction très limitée des émissions mondiales. Et on voit bien que la question la plus épineuse est celle de la répartition des coûts et des bénéfices entre les différentes parties.</p>
<p>Au plan national, on se trouve devant un débat de même nature avec la taxe carbone. Cette taxe vise à compléter le dispositif européen des quotas de CO<sub>2</sub> qui ne s’applique qu’aux émissions provenant des grandes installations industrielles ou énergétiques, c&#8217;est-à-dire moins d’un quart des émissions de notre pays. Après la phase de consultations qui s’est achevée par la remise du rapport Rocard au gouvernement en juillet dernier, nous sommes maintenant en pleins travaux pratiques avec la discussion parlementaire du projet de loi de finances déposé par le gouvernement. Le débat public s’était focalisé à la rentrée sur le niveau de la taxe la première année. Depuis que ce débat a été tranché par l’intervention du Président en faveur d’un prix de 17 euros, le débat public sur la taxe carbone semble comme clos. La réussite du projet repose pourtant bien moins sur le choix du niveau initial de la taxe, annoncé de façon très médiatisée avant le dépôt du projet gouvernemental, que sur les arbitrages qui vont être rendus sur son assiette, son évolution dans le temps et le type de compensation qu’elle requiert pour précisément s’inscrire dans la durée.</p>
<h3>Touche pas à mon assiette !</h3>
<p>Pour être efficace, la tarification du carbone doit concerner l’ensemble des émetteurs de gaz à effet de serre. Or, si on n’y prête pas garde, les travaux pratiques risquent de se solder par une dangereuse rétraction de l’assiette. D’entrée de jeu, les émissions de gaz à effet de serre hors CO<sub>2</sub> qui représentent un quart des émissions nationales (autant que celles régulées par le système européen des quotas) ont été sorties du périmètre. La raison en est bien connue des spécialistes : la majorité de ces émissions sont d’origine agricole, un secteur jusqu’à présent resté à l’écart des instruments économiques destinés à tarifer les émissions.</p>
<p>Hélas, d’autres réductions d’assiette se profilent qui risquent de multiplier les exemptions ou exceptions dans le dispositif final. Le gouvernement a choisi d’exempter les trois quarts des achats énergétiques des agriculteurs et des marins pêcheurs. Certes, cette exemption devra avoir disparu dans trois ans d’après le projet gouvernemental. Mais on voit bien les risques de pérennisation de telles concessions. Quant au régime fait aux transporteurs routiers, dont chacun doit être intégralement remboursé d’une taxe à laquelle il a été assujetti, la charge étant théoriquement reportée sur le chargeur, il faudra expliquer aux intéressés comment est censé fonctionner le signal prix ! À complexifier inutilement la mise en œuvre, les travaux pratiques risquent ici de déboucher sur une construction absolument incompréhensible sur le terrain.</p>
<p>En première lecture, les députés ont déjà rogné un peu plus l’assiette en sortant du périmètre de la taxe les personnes handicapées. Le motif est très compréhensible : parmi les personnes souffrant de handicaps, les personnes à mobilité réduite n’ont souvent pas accès aux transports en commun et peuvent être contraintes à l’usage d’un véhicule particulier. Mais la méthode retenue est erronée. Il ne faut pas soustraire cette catégorie de citoyen du paiement de la taxe, mais accroître la compensation forfaitaire accordée à cette composante de la population au titre de la solidarité nationale. A court terme, cela peut sembler équivalent. Mais en termes d’incitations économiques c’est totalement différent si le prix des émissions via la taxe carbone augmente dans le temps.</p>
<h3>Renégocier le prix du carbone chaque année ?</h3>
<p>La deuxième condition de réussite da la taxe carbone concerne son taux c&#8217;est-à-dire le prix des émissions de carbone couvertes par l’assiette. Le niveau de départ est ici bien moins important que son évolution dans la durée. Ce qui est susceptible de faire changer massivement nos comportements, c’est l’anticipation que le prix des émissions est devenu une constante de la vie économique et sociale et qu’il augmentera tant que les émissions totales de gaz à effet de serre ne seront pas retombées à des niveaux plus raisonnables. La réussite du système européen des quotas est qu’il envoie désormais un tel signal aux émetteurs concernés : aucun industriel européen n’imagine plus revenir demain à un régime de gratuité du carbone ni que le prix actuel n’augmente pas rapidement sitôt que l’industrie sortira de récession. Il faut que les ménages et les entreprises concernés par la taxe carbone fassent la même anticipation sur le niveau futur de la taxe.</p>
<p>Quel signal leur fournit en ce sens le projet de Loi de Finances en son état actuel ? En vérité aucune et c’est une grave faiblesse du dispositif soumis à la discussion parlementaire. En dehors d’une allusion générale dans les considérants, on n’y trouve pas d’indications précises sur l’évolution de la taxe dans le temps. Or il s’agit d’une taxe assise sur une quantité physique : la tonne de dioxyde de carbone. S’il n’y a pas chaque année une révision décidée par les députés, le coût réel du carbone ne sera même pas indexé sur le niveau général des prix. Pour être en conformité avec les recommandations du rapport Rocard, le projet de loi devrait à minima comporter une clause de révision annuelle minimale, qui pourrait par exemple être le taux d’inflation de l’année précédente plus un pourcentage minimal discuté en fonction de l’évolution du contexte d’ensemble.</p>
<h3>Maîtriser les effets distributifs</h3>
<p>Mais pour que les parlementaires votent une telle disposition, il faut qu’il y ait un consensus fort au sein de la représentation nationale sur le troisième volet du dispositif : le mode de compensation accordé aux émetteurs assujettis à la taxe. Pour être écologiquement efficaces, ces compensations ne doivent jamais prendre la forme d’exemptions, partielles ou totales, transitoires ou définitives. C’est la première règle qui ne doit souffrir aucune exception si on veut maintenir à terme l’application du principe économique de base : tous les émetteurs doivent payer le même prix pour chaque tonne de carbone envoyé dans l’atmosphère. La condition pour y parvenir est qu’un consensus se fasse sur le type de compensation à accorder. Pour maximiser le bénéfice macroéconomique, les compensations ne doivent provoquer ni alourdissement des prélèvements obligatoires ni creusement du déficit public. Pour être acceptable socialement, elles doivent être équitables vis-à-vis des acteurs économiques les plus fragiles.</p>
<p>Les compensations prévues par le projet de Loi de Finances répondent très imparfaitement à cette double exigence. Du fait du choix de compenser forfaitairement l’ensemble des ménages, les moyens sont limités pour cibler les populations les plus vulnérables. Problème d’équité. Les régimes spéciaux introduits pour certaines activités (agriculteurs et transporteurs) et le flou artistique entourant la question du lien entre l’introduction de la taxe carbone et l’allègement de la taxe professionnelle n’augurent rien de bon. Ces compensations sont loin de faire consensus et devront être remises sur le métier chaque année quand il faudra augmenter le taux de la taxe carbone. Des travaux pratiques qui risquent rapidement de lasser la représentation nationale dans le futur en rendant problématique le nécessaire ajustement à la hausse de la taxe.</p>
<p>Pour que l’introduction de la taxe carbone marque le départ d’une réforme de longue haleine qui modifie graduellement les comportements et transfigure notre système économique, il faut donc revenir aux fondamentaux : une assiette sans exemption ; un prix unique pour tous et qui augmente dans le temps ; des compensations qui permettent cette augmentation sans reprise de la discussion chaque année. Force est de constater que les travaux pratiques risquent de conduire à un dispositif étriqué, compliqué et difficile à gérer dans le temps s’éloignant in fine de ces trois règles de base. Ce ne serait pas la première fois qu’une grande réforme, annoncée à grand renfort de publicité, s’enlise faute de ténacité et de lucidité lors de sa mise en œuvre. Mais peut-être est-il encore temps de remettre un peu de lisibilité et de simplicité dans le dispositif qui sera adopté d’ici la fin d’année.</p>
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		<title>2030, l’autre échéance de la négociation</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1337-2030-l-autre-echeance-de-la-negociation/</link>
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		<pubDate>Sat, 12 Dec 2009 18:12:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ronan Dantec</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Après les « fuites » des textes « danois » et « chinois », la publication ce matin du nouveau texte du groupe de travail « LCA », qui prépare le principal texte de décision de la Conférence des Parties, permet de dessiner un des cadres de l’accord final.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Ronan Dantec est vice-président de Nantes-Métropole et porte-parole des réseaux mondiaux de collectivités locales dans la négociation internationale sur le climat.</p>
<p>Ici, à Copenhague, l’exercice prédictif est toujours difficile, et bien des points restent encore en suspend, mais nous pouvons commencer à dégager quelques enseignements.</p>
<p>Le maintien du « protocole de Kyoto » pour une deuxième période d’engagement se précise. Fortement exigé lors des précédentes conférences intermédiaires, à Bangkok et à Barcelone, par le G77 + la Chine (les pays en développement), le maintien de ce protocole contraignant pour les pays de l’annexe I (les pays développés de l’OCDE mais sans les États-Unis, non signataire de Kyoto) est clairement prévu dans le texte publié ce matin par M.Cutajar, président du groupe de travail. C’est un pas vers les pays du Sud : ce maintien étant prévu dans le texte dit BASIC, préparé fin novembre par 5 pays (Brésil, Afrique du Sud, Soudan, Inde et Chine) et divulgué (sans l’autorisation de ces auteurs) hier. Ce texte « Sud », qui se veut une approche « raisonnable » de ce qui pourrait être le cadre de l’accord, évoque le problème des États-Unis, en estimant que l’engagement américain devrait être comparable à celui des pays signataires du protocole de Kyoto. Cela conforte, ce que nous redoutons ici, c&#8217;est-à-dire un engagement des pays développés sur la réduction de leurs émissions insuffisant par rapport à l’objectif, c&#8217;est-à-dire de seulement environ 15 % et non des 25–40 %, par rapport à 2020, comme souhaité par les scientifiques.</p>
<p>Sur ce point, les pressions des ONG, et de tous les acteurs de la « société civile » dont les autorités locales peuvent encore permettre de gagner quelques pour cent, mais c’est surtout  sur les engagements de la période suivante que les choses semblent un peu bouger. L’idée d’un engagement des pays en voie de développement sur leurs pic d’émissions globales (et plus seulement sur la réduction de leurs émissions par point de PIB) est sur la table. La Chine a toujours refusé ce point, mais l’Afrique du Sud s’engage d’ores et déjà pour un pic en 2025. C’est probablement pour faire pression sur ce point que Tuvalu a provoqué hier un incident, en s’en prenant à la Chine et à l’Inde, accusés de ne pas en faire assez et lézardant ainsi l’unanimité historique entre pays en développement.</p>
<p>Cet horizon 2030 intéresse tout le monde. Les États-Unis qui annoncent déjà être prêt à faire plus pour la décennie suivante et l’Europe, qui semble faire du pic des pays émergents (vers 2025-2030), évoqué dans le premier texte danois, une priorité de leur action. Ainsi devant les élus français, présents en nombre ce mercredi, Brice Lalonde a clairement fait un lien entre l’engagement européen de 30 % en 2020 et cet engagement « de pic » des grands pays émergents. Cette position est en cohérence avec la décision prise jeudi en Conseil européen de ne pas s’engager plus en avant pour l’instant sur un objectif de 30 %, au lieu des 20 % du paquet énergie climat. Bien des cartes restent donc encore dans les manches des négociateurs.</p>
<p>Reste aussi à vérifier que le transfert d’une partie des engagements vers 2030 ne ressemble pas à un dangereux « demain, je rase gratis ». Les mécanismes de vérification, voire de sanction, qui vont être décidés dans l’accord final ont donc une grande importance et sur ce point, la négociation est particulièrement difficile aujourd’hui, avec de nombreuses obstructions chinoises et américaines notamment. Nous aurons l’occasion d’en reparler. Nous n’avons pas non plus beaucoup de progrès sur les fonds pour accompagner adaptation et atténuation dans les pays du Sud. Les dernières nuits de négociations se joueront en partie sur les engagements financiers du Nord… Nous sommes encore très loin du compte.</p>
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		<title>L’agriculture paysanne pour répondre au réchauffement climatique</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1335-lagriculture-paysanne-pour-repondre-au-rechauffement-climatique/</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 16:25:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Cosse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Seconde chronique d’Emmanuelle Cosse en direct de Copenhague. Visite au <em>Klimaforum</em>, le lieu alternatif de la COP15, organisé par et pour les ONG.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Article <a href="http://www.regards.fr/article/?id=4447">publié dans <em>Regards</em></a>.</p>
<p>Changement de décor aujourd’hui, avec une visite au <a href="http://www.klimaforum09.org"><em>Klimaforum</em></a>, le lieu alternatif de la COP15, organisé par et pour les ONG. C’est le lieu de ralliement des militants de tous bords, encore un peu plus nombreux aujourd’hui, et de la presse alternative. C’est aussi là qu’ont lieu des conférences de très haut niveau où s’expriment la multitude des mouvements venus à Copenhague porter la voix de la société civile. Réfugiés climatiques, droits des peuples indigènes, rôle majeure des femmes dans la lutte contre le réchauffement climatique, souveraineté alimentaire, modèles agricoles, méfaits du capitalisme, autant de questions majeures discutées chaque jour, et qui donne toujours un peu plus de relief à la réalité du dérèglement climatique. Et de la situation dramatique dans laquelle se trouvent piégées de nombreuses populations.</p>
<p>La question des réfugiés climatiques se pose évidemment d’ores et déjà, comme l’a souligné les membres de l’International Campaign on Climate Refugees’ Rights (ICCR) dont on peut <a href="http://www.voicebd.org/node/250">lire l’appel en ligne</a>. Rien d’étonnant à ce que ce soit des militants du Bangladesh, qui sont déjà soumis à des déplacements forcés, qui en assurent le secrétariat. J’y reviendrai plus longuement la semaine prochaine.</p>
<p>Mais c’est une question autant cruciale qu’ont mis en avant ce matin en conférence de presse les paysans du mouvement Via Campesina : la souveraineté alimentaire et leur survie. Trois membres du réseau, venus du Mali, d’Haïti et du Chili ont rappelé dans quelle vulnérabilité ils se trouvent aujourd’hui. Ibrahim Coulibaly, agriculture au Mali, rappelle que <em>« cela fait 30 ans que cela a commencé dans le Sahel. Le dérèglement climatique, on sait ce que c’est. Et pour nous, c’est devenu une question de vie ou de mort, mais çà, ce n’est pas sur la table des négociations »</em>. <em>« L’agrobusiness est en train de nous tuer »,</em> poursuit Jean-Baptiste Chavannes, d’Haïti, qui dénonce la situation de dumping crée par les agricultures financées du Nord. D’où cette proposition d’une réforme agraire intégrale, avec notamment une redistribution des terres aux familles paysannes. Jean-Baptiste Chavannes insiste notamment sur la nécessité d’avoir <em>« des moyens pour produire des aliments sains selon des méthodes agro-écologiques et pour favoriser le développement des marchés locaux afin de réduire les frais de transports. Et nous, dans les pays du Sud, avons aussi besoin d’être aidés financièrement et technologiquement pour produire de l’énergie renouvelable, nécessaire à cette évolution. »</em></p>
<p>Si on peut se réjouir qu’au sein de la COP15, l’Afrique parle d’une seule voix dans une conférence climatique avec le G77, cela ne suffit pas à Ibrahim Coulibaly, agriculteur malien. Sa peur, c’est qu’on réduise les revendications africaines à l’unique compensation financière demandée aux pays du Nord. <em>« Ce n ’est pas une position responsable. On ne peut pas réduire tous les problèmes à un transfert d’argent entre le Nord et le Sud. On est en train de tromper le monde entier. Ce qui doit changer dès maintenant, ce sont tous ces modèles productivistes, que ce soit dans l’agriculture ou dans l’industrie. On pousse les pays du Sud à produire des agro-carburants, pour que le Nord puisse continuer à consommer, au détriment de notre autonomie alimentaire. On nous pousse à produire de la monoculture et à utiliser des OGM, au détriment de la biodiversité »</em>. Ce qui est au cœur des inquiétudes de Via Campesina, c’est le mépris des pays du Nord sur les conséquences, pour les pays du Sud, de leurs modes de vie. <em>« Les pays du Nord ne peuvent pas continuer leurs modes de production et consommation prédatrices. Ils sont en train de se détruire et nous détruire en Afrique, poursuit Ibrahim. La vérité, c’est qu’en continuant au détriment des autres, ils sont en train de nous tuer, de tuer les populations les plus fragiles. Je crois vraiment qu’on peut parler de crimes climatiques. C’est cela que devrait porter la délégation africaine au COP 15 et ne pas simplement exiger une compensation financière. »</em></p>
<p>Évidemment, il y a peu de monde pour écouter la parole de l’agriculture paysanne portée Via Campesina. Leurs représentants le savent bien et annoncent pour la semaine prochaine une série d’actions pour tenter de peser sur les négociations. </p>
<p>Une autre idée est en train de faire son chemin parmi les ONG : celles d’une justice internationale pour juger des crimes écologiques, climatiques. Hier Naomi Klein participait à une session consacrée au sujet au KlimaForum. C’est une question complexe, quand on connaît la difficulté de la justice internationale à s’imposer, tant elle dépend du bon vouloir des États signataires. Mais certains exemples, comme celui de la Cour pénale internationale crée en 2000 (et malgré la position attentiste des États-Unis), montre que parfois, des progrès sont possibles du côté de la justice. </p>
<p>Envisager une justice climatique, pour défendre le sort des populations indigènes ou autochtones et pour contraindre les États à agir, peut paraître un faible symbole face aux désastres déjà en cours et ceux à venir. Mais ce peut être aussi une pierre fondamentale à l’édifice qui est en train de se construire.</p>
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		<item>
		<title>Africa is dying ! Et l’Europe continue de discuter avec elle-même ! Plutôt que de parler avec le reste du monde</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1333-africa-is-dying-et-l-europe-continue-de-discuter-avec-elle-meme/</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 13:24:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ecolosphere.net/?p=1333</guid>
		<description><![CDATA[<em>Chronique en direct de Copenhague</em>. Il paraît qu’il existe encore des « climato-sceptiques »… Ceux-là devraient venir à Copenhague discuter avec les représentants africains, latino-américains, sud-asiatiques. Pas un qui n’évoque les effets du dérèglement climatique, non pas dans 10, 20 ou 30 ans mais aujourd’hui même.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Article <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/quel-temps-copenhague/article/111209/africa-dying-et-leurope-continue-de-discuter-avec-">publié dans Médiapart</a>.</p>
<p>Partout les signaux d’une profonde perturbation des cycles climatiques sont ressentis profondément par les populations, en commençant par les populations rurales, les agriculteurs, les plus vulnérables aux modifications de température, de pluviométrie, de cycle des saisons.</p>
<p>Lors de la rencontre organisée mercredi 9 décembre, par <abbr title="Cités et Gouvernements Locaux Unis">CGLU</abbr> et <abbr title="Conseil international pour les initiatives écologiques locales">ICLEI</abbr> entre élus français et représentants africains, c’est un paysan malien qui interpellait fortement les dirigeants du monde en demandant « justice » face aux responsables. Et l’élu burkinabé présent n’hésitait pas à rappeler que les effets du dérèglement climatique s’inscrivent sur une longue durée, les premières manifestations remontant aux sécheresses sahéliennes des années 70.</p>
<p>Dès lundi, lors de la rencontre du bureau d’<abbr title="Conseil international pour les initiatives écologiques locales">ICLEI</abbr> avec la délégation nigériane, le délégué n’hésitait pas à déclarer « <em>Africa is dying !</em> », alertant sur les effets déjà visibles dans son pays, et soulignant à quel point son pays est vulnérable au dérèglement climatique puisque 90 % de son activité économique se trouve en bord de mer. Le moindre des paradoxes, dont le délégué était parfaitement conscient, n’est pas que cette économie repose totalement sur le pétrole, celui-là même dont la consommation génère les gaz à effet de serre ! Cercle vicieux dont le Nigéria ne peut évidemment sortir seul.</p>
<p>Le sentiment général de celles et ceux qui suivent année après année les COP sur le climat est bien que la situation a changé. Dorénavant, les représentants de nombreux États ont peur, peur des conséquences du dérèglement climatique, notamment pour leur agriculture et l’alimentation de la population. Certes, dans le stupide jeu de poker menteur auxquels se livreront les États jusqu’à l’accord final, pas question pour la Chine, l’Inde, etc. d’afficher cette « faiblesse » qui devrait les inciter à prendre dès maintenant des engagements plus fort de réduction de leurs émissions de gaz, mais la crainte est perceptible une fois les micros éteints. Ils n’ignorent pas qu’un peuple qui a faim est de loin le plus sûr déclencheur de révoltes qui ont mis à bas des régimes qui semblaient bâtis pour l’éternité.</p>
<p>Les émeutes de la faim, l’an passé, n’avaient certes pas pour seule cause la baisse des récoltes due aux changements climatiques. L’accroissement du prix du pétrole et la part des terres prise par les agro-carburants étaient aussi passés par là. Mais ce n’était qu’une première semonce.</p>
<p>Difficile d’oublier ces visages, dans le dernier film de Yann Arthus Bertrand (dont des extraits furent projetés lors des <em>Journées Parisiennes de l’Énergie et du Climat</em> en octobre dernier), de paysans du sud de la planète racontant avec l’émotion de la détresse leur impuissance face à la disparition des équilibres qui fondent leurs systèmes agricoles et la production alimentaire.</p>
<p>Aujourd’hui, lors d’une conférence du mouvement <em>Via Campesina</em>, au <em>KlimaForum</em> (village alternatif où se réunissent les ONG), le mot d’ordre est à la souveraineté alimentaire. Objectif encore plus indispensable aujourd’hui, non seulement pour permettre le développement des agricultures locales, mais aussi pour la survie des peuples.</p>
<p>Pas étonnant dans ces conditions que la question de « l’adaptation » (aux conséquences du dérèglement climatique) soit devenue au moins aussi importante dans la négociation en cours que celle de la « <em>mitigation</em> » (en français l’atténuation du dérèglement climatique par la réduction des émissions). Et ce d’autant plus quand les principales victimes sont les moins responsables des émissions !</p>
<p>Pour autant, les deux sujets sont profondément liés. Comme le déclarait mardi le chef de la délégation suédoise, qui préside l’Union Européenne, face aux ONG, « plus on fera de <em>“mitigation”</em>, moins il faudra d’adaptation ». Une traduction à l’ère climatique du « mieux vaut prévenir que guérir » !</p>
<p>Mais qu’attend donc l’Union Européenne pour en tirer les conséquences ? À chaque rencontre avec des représentants de l’UE — j’ai moi-même posé la question à Brice Lalonde, ambassadeur de la France pour le climat, mercredi lors de la rencontre avec les élus français —, la pression monte pour que cette dernière reprenne l’initiative et contribue à sauver le Sommet en annonçant unilatéralement qu’elle passe d’un objectif de réduction de 20 % de ses émissions à l’horizon 2020 à un objectif de 30 %, voire 40 % comme le demandent certaines ONG.</p>
<p>Las ! Borloo a eu beau déclarer, lundi dernier, qu’il y était favorable. Sarkozy a eu beau le confirmer, mercredi, aux responsables des ONG françaises. Force est de constater que soit les actes ne suivent pas les paroles, soit les le poids de la France dans l’Union est bien moins important que certaines rodomontades voudraient le laisser croire. En tous cas, le conseil européen réuni depuis hier à Bruxelles a échoué à afficher cette ambition et à jouer donc un rôle actif dans la négociation en cours.</p>
<p>Le conseil peut bien annoncer comme une grande avancée l’engagement de 2 milliards par an (jusqu’en 2012) pour financer « l’adaptation », personne ici à Copenhague n’est dupe, surtout quand on compare la somme aux 120 milliards d’euros annuels qui seront nécessaires à terme. Encore une occasion ratée pour l’Union Européenne, trop occupée à discuter avec elle-même, d’être à la hauteur de son ambition déclarée de leadership sur le climat.</p>
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		<title>Ne pas oublier le méthane</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1332-ne-pas-oublier-le-methane/</link>
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		<pubDate>Fri, 11 Dec 2009 12:38:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Dessus</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[Une brève tribune pour mettre en relief l’intérêt majeur d’une action vigoureuse de réduction du méthane mondial. Systématiquement négligé par l’ensemble des acteurs, ce gaz à effet de serre, au deuxième rang en terme d’émission, a pourtant un « potentiel de réchauffement global » 21 fois supérieur au CO<sub>2</sub>.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Hervé le Treut, climatologue, est directeur de l’institut Simon Laplace ; Benjamain Dessus, ingénieur et économiste, est président de <a href="http://www.global-chance.org/">Global Chance</a>. Tribune <a href="http://www.lesechos.fr/info/analyses/020263002704-ne-pas-oublier-le-methane.htm">publiée dans <em>Les Échos</em></a> (11/12/09).</p>
<p>Chacun a bien conscience que la somme potentielle des efforts affichés par les uns et les autres à Copenhague reste loin d’être à la hauteur des enjeux à l’horizon de 2020.</p>
<p>Pour les négociateurs qui depuis plus de dix ans n’entendent parler pratiquement que du gaz carbonique, parvenir rapidement à un accord très ambitieux de réduction ou de constitution de puits de CO<sub>2</sub> relève d’un exploit que tout le monde souhaite mais dont chacun reconnaît la difficulté. Le sentiment d’urgence que provoque la proximité de l’échéance (2020–2030) dramatise encore la situation.</p>
<p>Mais c’est justement la proximité de cette échéance qui permet de mettre en évidence une marge de manœuvre supplémentaire, jusqu’ici largement négligée : il s’agit du méthane (CH<sub>4</sub>), le second gaz émis par les activités humaines, loin derrière le CO<sub>2</sub>, au niveau de 350 millions de tonnes par an. Ce gaz est beaucoup plus puissant que le CO<sub>2</sub> en termes d’effet de serre, mais, après son émission, sa durée de présence dans l’atmosphère est beaucoup plus brève que celle du CO<sub>2</sub>.</p>
<p>Depuis Kyoto, les émissions de méthane sont comptabilisées à travers son « potentiel de réchauffement global » (PRG) par rapport au CO<sub>2</sub> sur une durée de cent ans, avec une valeur de 21. Ce coefficient traduit le fait que l’émission de 1 kg de méthane en 2009 est équivalente en termes d’effet sur le climat à l’horizon de 2109 à celle de 21 kg de CO<sub>2</sub> émis en 2009. On dit que 1 kg de méthane « vaut » 21 kg équivalent CO<sub>2</sub> (kgeq CO<sub>2</sub>).</p>
<p>Mais si l’on s’intéresse à l’horizon de 2035 par exemple, une réduction pérenne des émissions de 1 kg de CH<sub>4</sub> « vaut » celle d’environ 80 kg de CO<sub>2</sub>. S’il y a urgence à agir, il devient donc fondamental d’engager des politiques ambitieuses de réduction des émissions de méthane, en plus de celles du CO<sub>2</sub>. Ce n’est manifestement pas le cas aujourd’hui.</p>
<p>Serait-ce qu’il n’y a pas de grain à moudre ? C’est l’opinion la plus répandue : les émissions de méthane seraient essentiellement dues, entend-on souvent, aux « pets des vaches » et à la culture du riz. Pas possible dans ces conditions de faire grand-chose sans affamer les pays du Sud ou imposer à toute la planète un régime végétarien. C’est grossièrement inexact.</p>
<p>En fait, la plus grosse part des émissions de méthane provient du secteur de l’énergie et du traitement des déchets : grisou des mines, fuites de gaz des systèmes pétroliers et gaziers, décharges d’ordures ménagères ou industrielles, boues d’épuration de l’eau, lisiers et fumiers. Et là, les potentiels de réduction à bon marché des émissions sont importants. Dans une récente publication qui confirme un rapport à l’Agence française de développement de 2008, le Consensus Center sur le climat de Copenhague montre que 100 millions de tonnes de CH<sub>4</sub>, soit 2 milliards de tonnes d’équivalent CO<sub>2</sub> pourraient être récupérées à court terme et le plus souvent valorisées, dans ces derniers secteurs pour un coût moyen de 19 euros/teq CO<sub>2</sub>. Bien plus, à l’horizon de 2020, une telle suppression serait équivalente à celle de 10 milliards de tonnes d’émissions de CO<sub>2</sub>, près de 20 % des émissions totales.</p>
<p>Toutes les parties y ont intérêt : les pays industrialisés, dont les résultats à court terme sur le CO<sub>2</sub> sont entravés par l’inertie de leur économie et de leurs modes de vie, les pays émergents, puisqu’il n’y a aucune antinomie, bien au contraire, entre réduction des émissions de méthane et développement, les pays les plus pauvres enfin, pour lesquels la valorisation énergétique des déchets pourrait constituer une source locale d’énergie à coût raisonnable.</p>
<p>Alors, pourquoi, en plus des efforts absolument indispensables à confirmer et amplifier sur le CO<sub>2</sub>, ne pas jeter dès Copenhague les bases d’un vaste programme international et coopératif de réduction des émissions de ce gaz et combiner ainsi médecine préventive et médecine d’urgence ?</p>
<p class="meta2">Pour aller plus loin, vous pouvez lire « <a href="http://ecolosphere.net/archives/1024-urgence-pour-la-reduction-des-emissions-de-methane-un-gaz-ne-doit-pas-en-cacher-un-autre/">Urgence pour la réduction des émissions de méthane (Un gaz ne doit pas en cacher un autre)</a> », une analyse de cet enjeu concernant les GES par Benjamin Dessus, sur <a href="http://ecolosphere.net/">ecolosphere.net</a>.</p>
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		<title>Round d’observation à Copenhague</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1329-round-d-observation-a-copenhague/</link>
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		<pubDate>Thu, 10 Dec 2009 17:22:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Emmanuelle Cosse</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Première chronique d’Emmanuelle Cosse, sous le signe des mobilisations.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Par Emmanuelle Cosse, rédactrice en chef de Regards. Article <a href="http://www.regards.fr/article/?id=4445">publié sur <em>Regards</em></a>.</p>
<p>Me voici donc à Copenhague dans la grande messe du climat, une nouveauté pour moi. C’est mon premier sommet sur les enjeux climatiques, mais je ne suis pas vraiment dépaysée. Cela m’évoque toutes ces conférences mondiales sur le sida organisées tous les deux ans, auxquelles j’ai participé depuis 1998 en tant qu’activiste pour Act Up puis en tant que journaliste. La dernière avait réuni en 2008 à Mexico plus de 25 000 personnes, toutes mobilisées pour répondre à l’urgence de l’épidémie, qui touche aujourd’hui près de 36 millions de personnes.</p>
<p>Je retrouve donc le fonctionnement bien huilé des conventions internationales sous l’égide de l’ONU, où chacun doit être à sa place et doit agir dans le respect des règles diplomatiques. Les ONG dans leur coin, à qui on laisse le soin de faire de l’agit-prop tant que cela reste bien policé, les délégations et les négociateurs d’un autre, et les lobbys un peu partout présents. Quant aux médias, très nombreux, nous pouvons quasiment circuler partout ou presque, ce qui nous donne la possibilité d’avoir une approche globale du sommet, mais d’être aussi complètement perdus, dans le flot d’informations et d’évènements.</p>
<p>Mais ce qui change ici par rapport à ce que j’ai connu dans le domaine du sida, c’est que nous sommes dans le cadre d’un sommet de négociations : les politiques sont donc là. Et chacun joue d’astuce pour communiquer au bon moment, provoquer les incidents de séance quand il le faut, voir médiatiser les rapports de force quand cela est nécessaire. Reste à savoir si l’humanité convoquée à Copenhague arrivera à conclure un accord acceptable, à la hauteur des enjeux.</p>
<p>Le déséquilibre Nord–Sud est en tout cas bien visible : en salle de presse, on est inondé des communications officielles des pays riches (États-Unis, Union européenne dont l’Allemagne ou la France) ainsi que de nombreux groupes industriels sur leurs efforts pour la réduction des gaz à effets de serre (DHL, Scandinavian AirLines, plusieurs constructeurs automobiles). Par contre, il est un peu plus difficile de trouver les communications des États du G77 (qui réunit à peu près les pays non-alignés), dont les délégations, bien présentes, sont loin de disposer des mêmes moyens pour diffuser leurs points de vue.</p>
<div id="attachment_1331" class="figure alignnone" style="width: 500px"><a href="http://www.dont-nuke-the-climate.org"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2009/12/petite-sirene-dont-nuke-the-climate-cop15.jpg" alt="Don’t Nuke the Climate !" title="Don’t Nuke the Climate !" width="500" height="335" class="size-full wp-image-1331" /></a><div class="caption"><p class="legende">Don’t Nuke the Climate !</p><div class="figure-description"><p><strong>Copenhague, le 10 décembre 2009</strong> — Le Réseau « Sortir du nucléaire » et ses partenaires internationaux (italien, russe, américain, allemand, danois, hollandais…) de la campagne « Don’t Nuke the Climate ! » ont mené une action symbolique ce midi pour dénoncer la tentative du nucléaire d’utiliser la crise climatique pour assurer sa survie. <strong>Les représentants des associations ont « masqué » la Petite Sirène, monument national danois, pour dénoncer le danger de cette industrie, mais aussi pour rappeler qu’en réalité le nucléaire entrave la lutte contre le changement climatique en masquant les vraies solutions</strong>. Recourir à l’atome dans cette lutte serait donc parfaitement contreproductif en plus d’être dangereux. Plus d’infos : <a href="http://www.dont-nuke-the-climate.org">www.dont-nuke-the-climate.org</a>.</p>
</div></div></div>
<h3>LE CALME AVANT LA TEMPÊTE</h3>
<p>Après l’agitation des premiers jours que l’on m’a relaté, aujourd’hui est une journée un peu plus tranquille au Bella Center (où se tient le sommet). Le Réseau « Sortir du nucléaire » et ses partenaires internationaux de la campagne « <a href="http://www.dont-nuke-the-climate.org">Don’t Nuke the Climate !</a> », ont rompu ce calme apparent, en affublant ce midi la Petite Sirène d’un masque, afin de dénoncer l’instrumentalisation de la crise climatique pour favoriser l’industrie nucléaire. Un avant-goût des mobilisations, avant <a href="http://12dec09.dk/content/english">la manifestation organisée le 12 décembre dans les rues de Copenhague</a>.</p>
<p>Hormis les nombreux militants qui sont en train pour rallier le Danemark (<em>les Amis de la terre</em> partent demain de Paris avec 400 personnes), nombreuses sont les personnalités politiques françaises annoncées. Évidemment une importante délégation des Verts/Europe Écologie est en route avec Cécile Duflot et José Bové, mais on attend aussi Olivier Besancenot (NPA) et Pierre Laurent (PCF). Martine Aubry est aussi annoncée la semaine prochaine, tout comme un certain nombre de parlementaires français, venus dans les bagages de Jean-Louis Borloo. Ne gâchons pas ce plaisir : on doit se réjouir que la question climatique ne soit pas seulement portée par les ONG et les activistes, mais qu’elle figure aussi à l’agenda des politiques. Pour autant, leur présence ne doit pas les exonérer d’être militant sur ces enjeux, et notamment d’arrêter de tergiverser sur la nécessité d’une fiscalité écologique et équitable ou la nécessaire reconversion de l’industrie automobile.</p>
<p>Nous voici donc dans un Round d’observation avant les réelles négociations attendues la semaine prochaine. D’où tout l’intérêt des mobilisations du 12 décembre, ici et partout dans le monde, pour rappeler à tous ces chefs d’État qu’ils sont observés et surveillés quant aux engagements qu’ils sont prêts à conclure. </p>
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		<title>David contre Goliath</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Dec 2009 15:54:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Coup de tonnerre à Copenhague hier mercredi quand le petit archipel de Tuvalu s’est dressé face aux grandes puissances (Chine et Inde compris) pour exiger un accord contraignant et non une simple décision à l’issue de ce sommet. <em>Chronique en direct de Copenhague</em>.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Article <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/quel-temps-copenhague/article/101209/david-contre-goliath">publié sur Mediapart</a>.</p>
<p>D’un point de vue géopolitique, Tuvalu n’est qu’un minuscule microbe comparé aux poids lourds planétaires. Mais parfois ce sont les microbes qui terrassent même les plus costauds. Et celui-ci, en l’occurrence, dispose d’un argument de taille : Tuvalu n’a rien à perdre. Le dérèglement climatique n’est pas pour lui un sujet parmi d’autres dans son agenda diplomatique. C’est purement et simplement une question de vie et de mort.</p>
<p>Tuvalu, comme la plupart des États insulaires, est menacé, à l’horizon de 20 à 30 ans, de disparition par la montée des eaux, résultat de la fonte des glaces combinées à la dilatation des océans, deux phénomènes directement reliés au dérèglement climatique.</p>
<p>Comme l’a montré l’excellent documentaire d’Agnès Sinaï, Frédéric Castaignède et Yves Billy « Les derniers jours de Tuvalu », que nous avions eu la chance de projeter en 2008 à l’Hôtel de ville de Paris, il ne s’agit pas seulement d’une tragédie à venir. D’ores et déjà, les conséquences sont dramatiques : non seulement les inondations et les raz-de-marée se multiplient, mais, plus grave, c’est la nappe phréatique de l’île qui est déjà progressivement salinisée, compromettant toute capacité agricole et donc toute autonomie alimentaire de l’île.</p>
<p>À court ou moyen terme, c’est la question d’un transfert massif de population qui risque de s’imposer, rompant avec les racines même de ce peuple, ses traditions et ses modes de vie insulaires. </p>
<p>Je ne peux manquer de faire le lien avec l’égoïsme forcené de pays comme la France qui aujourd’hui font la chasse aux sans papiers, veulent construire des lignes Maginot aux frontières et renvoient des réfugiés afghans dans un pays en guerre ! Là où il faudrait une politique solidaire, à la hauteur des responsabilités d’un pays émetteur de millions de tonnes de gaz à effet de serre depuis le début de l’ère industrielle — et qui, en conséquence, devra prendre sa part dans l’accueil des réfugiés climatiques — on nous bassine d’un débat moisi sur l’identité nationale ! S’il y a bien des peuples qui ont légitimité à s’interroger sur leur identité future, ce sont bien ceux des îles dont le destin semble dramatiquement tracé, et non ceux qui tiennent des grands discours sur la solidarité mondiale, à condition qu’elle ne franchisse pas ses frontières.</p>
<p>Tuvalu, comme les Maldives (dont le gouvernement avait tenu son conseil des ministres en formation de plongée sous-marine, il y a un mois) ou les îles Salomon (dont l’intervention fut passionnée et poignante ce lundi à Copenhague) ont bien raison de ne pas attendre leur salut de la bonne volonté des pays riches. Et de saisir ici toute occasion de mettre ces derniers face à leur responsabilité.</p>
<p>Ce n’est pas non plus par hasard que Tuvalu a demandé hier que l’accroissement de température moyenne mondiale acceptable soit ramené de 2 degrés<sup>[1]</sup> à 1,5 degrés. Eux savent bien que cette différence peut tout changer pour eux. Non seulement, il semble que la survie du corail s’y joue, mais plus globalement, on s’accorde à dire que c’est à partir de ce niveau que les dérèglements climatiques pourraient s’emballer. C’est en tout cas ce qu’indiquait le Vice-Président du GIEC, Jean-Pascal van Ypersele, à Paris fin octobre, lors de la table ronde du congrès mondial des météorologues où j’intervenais. Il affirmait que si les dirigeants qui ont fixé l’objectif de 2 degrés il y a quelques années, avaient disposé des informations dont les scientifiques disposent aujourd’hui, ils auraient probablement réduit à 1,5 degré voire 1 degré l’accroissement jugé « acceptable ».</p>
<p>Difficile de dire aujourd’hui si le coup d’éclat de Tuvalu aura constitué un salutaire tournant dans le déroulement de la conférence. Mais que les premières victimes osent ainsi casser le  train-train des négociations entre grands États — pour rappeler qu’elle doit être tout sauf une négociation internationale classique —, constitue indéniablement une bonne nouvelle.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1326" class="footnote">Objectif qui fait actuellement consensus dans les négociations.</li>
</ol>
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		<item>
		<title>L’incessant lobbying des collectivités locales à Copenhague</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1323-l-incessant-lobbying-des-collectivites-locales-a-copenhague/</link>
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		<pubDate>Wed, 09 Dec 2009 19:24:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Lentement mais sûrement, de façon isolée depuis 10 ans, mais bien plus organisée depuis la conférence de Bali (2007), la pression des collectivités locales sur les États ne cesse de s’accentuer et sont dorénavant reconnues comme un acteur à part entière de la lutte contre le dérèglement climatique.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p class="meta2">Article <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/quel-temps-copenhague/article/091209/lincessant-lobbying-des-collectivites-locales-cope">publié sur Mediapart</a>.</p>
<p>Elles partent d’un constat simple : regroupant la moitié de la population mondiale (les trois quarts en Europe), les villes émettent 70 à 80 % des gaz à effet de serre. Sans les villes, les États seront impuissants à atteindre les objectifs d’un éventuel — et indispensable — accord de Copenhague. Mais, de même, sans les États, l’action des villes, même les plus engagées, ne suffira pas à enrayer le désastre climatique annoncé par les scientifiques. Nos destins sont liés, nos intérêts convergents.</p>
<p>Avant d’en venir aux discussions et nombreuses rencontres en cours à Copenhague sur la place des villes, quelques rappels sur les épisodes précédents (ceux qui connaissent déjà peuvent passer directement à la partie &laquo;&nbsp;Les villes s’organisent pour peser&nbsp;&raquo;).</p>
<h3>Les villes agissent</h3>
<p>Les villes n’ont cependant pas attendu la conférence de Copenhague pour commencer à agir. On ne compte plus les villes qui mettent en oeuvre des politiques climatiques ambitieuses : transports collectifs, éco-quartiers, énergies renouvelables, réduction des déchets, isolation thermique des bâtiments, économie d’énergie dans l’éclairage public, alimentation bio, aménagement du territoire, etc. les domaines dans lesquels les villes agissent d’ores et déjà ne cessent de s’étendre.</p>
<p>Et cette action se traduit d’ores et déjà par des résultats mesurables. Ainsi, à Paris, la politique des déplacements mise en oeuvre pendant 7 ans a permis de réduire de 9 % les émissions de gaz à effet de serre de ce secteur (et Airparif a montré que, sans la multiplication des 4&#215;4 et autres gros véhicules, cette réduction aurait même dû être de 11 %). Chaque ville est aujourd’hui à l’affût de toute expérience réussie facilement reproductible, sur lesquelles les échanges sont nombreux entre villes pendant les conférences et entre elles.</p>
<p>Parmi celles-ci, vélib reste toujours un « must », la démonstration concrète que la sobriété énergétique est compatible avec plus de qualité de vie, de plaisir urbain, de convivialité. C’est chaque fois un enrichissement d’échanger sur ce projet et ses déclinaisons locales, comme hier encore avec nos amis brésiliens (Alfredo Sirkis, Gilberto Gil, etc.) présents en nombre à Copenhague.</p>
<h3>Mais elles veulent faire plus encore</h3>
<p>Pour autant, chacun est bien conscient que la multiplication des projets locaux (dont l’efficacité reste souvent difficilement mesurable) permet certes de manifester une volonté, de mobiliser nos concitoyens et de rendre concrète la lutte contre le dérèglement climatique, mais ne saurait suffire.</p>
<p>C’est la raison pour laquelle les villes font aujourd’hui pression sur les États, non seulement pour que l’accord de Copenhague soit le plus ambitieux possible, mais aussi pour qu’il permette aux villes d’être encore plus efficaces.</p>
<p>Deux moyens permettraient d’accroître cette capacité d’action : un renforcement des compétences et des moyens financiers.</p>
<p>En ce qui concerne les compétences, la situation varie évidemment d’un pays à l’autre, selon les organisations territoriales, le degré de décentralisation et de fédéralisme. Mais partout les collectivités se heurtent à des obstacles juridiques pour mettre en oeuvre de nouvelles politiques, obstacles juridiques hérités des politiques productivistes jusque là en vigueur.</p>
<p>Prenons un exemple en France. Les municipalités peuvent aujourd’hui organiser un ravalement obligatoire des façades par les propriétaires privés. Mais elles ne peuvent faire de même pour la rénovation thermique des bâtiments. Il s’agit pourtant d’un secteur extrêmement énergivore (rien qu’à Paris, la consommation énergétique des bâtiments équivaut à la production de 4 réacteurs nucléaires !). En conséquence, si l’État n’est pas prêt à édicter une réglementation commune sur l’ensemble du territoire national, qu’au moins ils permettent aux villes volontaires de le faire, en commençant par les bâtiments les plus énergivores (les bâtiments &laquo;&nbsp;passoires&nbsp;&raquo;), en l’assortissant par exemple d’aides spécifiques.</p>
<p>Autre exemple : aujourd’hui une ville ne peut interdire la circulation des 4&#215;4 et autres gros véhicules en créant des &laquo;&nbsp;zones de basse émission&nbsp;&raquo;. Là encore, l’État pourrait autoriser les villes les plus volontaires à agir. Et on pourrait ainsi multiplier les exemples (sur le prix du foncier, les politiques locales de l’énergie, etc.).</p>
<p>L’autre axe de renforcement de l’action locale concerne le financement. Car les politiques publiques à mettre en oeuvre coûtent cher. Chacun sait aujourd’hui que, notamment par la vente de quotas d’émissions aux industries les plus polluantes, la lutte contre le dérèglement climatique génèrera des sommes considérables. D’ores et déjà, par souci d’efficacité climatique de l’utilisation des fonds collectés, les villes revendiquent qu’une part significative soit allouée à l’action locale. Sans attendre, les États pourraient déjà rendre plus conditionnels les financements existant (par exemple la DGF en France) en instaurant une sorte de bonus / malus climatique (un bonus pour les villes qui créent des tramways et des bus en site propre, et un malus pour celles qui font des rocades).</p>
<h3>Les villes s’organisent pour peser</h3>
<p>Ces engagements déjà pris, et cette volonté d’action plus efficace, les villes ont commencé à les inscrire non seulement dans leurs Plan Climat locaux, mais aussi dans des appels qui fédèrent aujourd’hui des milliers de villes.</p>
<p>Ainsi, au seul niveau européen près de 1 000 villes sont déjà signataires du Convenant of Mayors, une convention dans laquelle les villes s’engagent à une réduction de leurs émissions au moins aussi forte que celle de l’Union Européenne (-20 % d’ici 2020), et qui est impulsée et coordonnée par le réseau Energie Cités, dont j’assure la Vice Présidence.</p>
<p>Plus globalement, au niveau mondial, les villes du monde se sont organisées au sein de la Local Government Climate Roadmap, qui coordonne l’ensemble des organisations de collectivités au monde et mène depuis la conférence de Bali (Cop 13) un intense travail de lobbying pour que les collectivités soient reconnues lors de l’éventuel accord de Copenhague.</p>
<p>Cette plate-forme est pilotée par l’association ICLEI avec le réseau CGLU (Cités et Gouvernements Locaux Unis), qui s’est dotée d’un porte-parole, Ronan Dantec, élu Vert nantais, présent depuis de nombreuses années au sein des réseaux d’élus dans les conférences internationales climatiques. C’est lui qui est intervenu, après les États, lors de la conférence d’ouverture de la négociation sur le potentiel texte décisionnel à Copenhague.</p>
<p>Et ce sont ces organisations qui rencontrent chaque jour les différentes délégations afin de faire le point sur les négociations officielles et rappeler l’attente des collectivités. J’ai la chance de participer à ces rencontres depuis lundi, avec l’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Australie, le Mexique, l’Union Européenne, la Suisse, le Sénégal, etc. Ce mercredi, un accent tout particulier est mis sur la France, cette journée ayant été retenue pour réunir de nombreux élus locaux (65 ont répondu à l’appel) afin de maintenir la pression sur la délégation française.</p>
<p>Au coeur de négociations extrêmement tendues, surdéterminées par un profond clivage Nord–Sud, l’unité incarnée par les collectivités constitue un point fort, un point de stabilité, à la fois un exemple et une menace pour les États (le risque pour ces derniers d’apparaître comme les seuls incapables de se mettre à la hauteur des enjeux), nous mettant dans une position de force qui se traduit pas un consensus croissant sur la reconnaissance de notre rôle, essentiel pour les villes du Nord mais plus encore du Sud.</p>
<p>Cette « diplomatie des villes » prend d’autant plus d’ampleur qu’elle s’exerce y compris directement, via la coopération décentralisée, entre villes du Nord et du Sud. Ainsi, la moitié de cette journée des villes françaises a été consacrée au dialogue avec les villes et pays africains. Un enjeu majeur d’échange de technologies, de savoir-faire, tout autant dans le domaine de la réduction des émissions de gaz à effet de serre que de réduction de la vulnérabilité des villes.</p>
<p>Les villes ouvrent la voie. Elles ne pourront tout résoudre. Mais la présence à Copenhague de plus de 1 200 délégués des villes montre que dorénavant il faudra faire plus encore avec elles.</p>
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		<title>Copenhague : premières escarmouches</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Dec 2009 19:31:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Impressions d’un premier jour en Cop15.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce qui frappe immédiatement, en arrivant dans les environs du Bella Center, c’est tout d’abord que la diversité des peuples du monde est là. Certes, ce ne sont pas toutes les catégories sociales de tous ces peuples, mais la présence massive des ONG du Nord et du Sud, la diversité des tenues, des visages, des langues donne immédiatement le sentiment que, oui, c’est bien une forme de représentation du monde entier qui est ici rassemblée.</p>
<p>La seconde impression, et c’est pour moi une véritable surprise, c’est l’ambiance sereine et bon enfant qui y règne. On est loin des « salons guindés de la République », des protocoles officiels, de cet apparat si cher à une catégorie de dirigeants pour lesquels l’apparence du pouvoir compte autant que sa réalité.</p>
<p>Certes, pas de naïveté excessive de ma part : la police danoise est très présente (mais encore assez discrète, les hauts dirigeants de ce monde ne sont attendus que dans 10 jours), les portiques de sécurité, badges, etc. filtrent les participants, et on se doute qu’il y aura une toute autre sélection dans les derniers jours de la conférence. Mais il n’empêche : la présence de nombreux représentants des ONG, mêlés aux politiques, aux négociateurs, à la presse, etc. donne le sentiment d’une ruche hyperactive mais au dialogue constant, laissant une large place aux rencontres informelles.</p>
<h3>De quoi débat-on ?</h3>
<p>Venons-en au plus formel. Il est connu depuis plusieurs semaines maintenant que la Conférence de Copenhague (Cop15) ne débouchera pas sur un protocole juridique du même type que celui de Kyoto (Cop3). La forme du débouché reste certes incertaine, mais est plus complexe qu’on ne le lit ici ou là.</p>
<p>Il semble qu’on se dirige vers une déclaration politique de quelques pages (4 ou 5, dit-on) des chefs d’État (à laquelle seraient peut-être raccrochés les engagements pris par chacun d’eux) mais auquel s’ajouterait un document décisionnel des membres de la COP d’une cinquantaine de pages<sup>[1]</sup>. Ce dernier document n’a certes pas la valeur d’un protocole, mais il est essentiel dans l’élaboration d’un éventuel protocole à venir.</p>
<h3>La grande plénière des États du monde</h3>
<p>Hier après-midi s’ouvrait donc la plénière d’examen du texte, dans cette phase finale de négociation à Copenhague. Première surprise, l’accès à la grande salle où se tient la réunion est relativement libre pour les personnes accréditées. Et il y a foule, notamment du côté des ONG. Dans les rangs qui leurs sont réservés, on manque donc de chaises, tant l’affluence est grande. Beaucoup de gens sont assis par terre. Habitué aux AG et meetings des Verts, je ne suis pas trop dépaysé !</p>
<p>Les cinquante premiers rangs sont bien sûr réservés aux délégations nationales, représentées par des hauts fonctionnaires. Après que le Président de séance, Michael Cuttajar — qui coordonne depuis de longs mois l’élaboration de ce texte — a expédié un certain nombre de points formels (et a expliqué, point essentiel, qu’à partir de ce mardi matin se tiendront des réunions bien plus resserrées entre les différents groupes d’ici à la prochaine plénière prévue le 16), prend place une longue série d’interventions qui permettent de sentir l’ambiance générale au moment où commence Copenhague.</p>
<p>Première à intervenir, la représentante soudanaise du « G77 et la Chine » (grosso modo l’essentiel des ex-pays colonisés, dans lesquels on retrouve les poids lourds que sont la Chine et l’Inde) donne le ton de l’après-midi : l’impérieuse nécessité d’aboutir à Copenhague tout en imposant des objectifs ambitieux, le tout dans un clivage Nord – Sud qui prédomine toutes les discussions.</p>
<p>Suivront de nombreuses interventions, à commencer celles des petites îles, puis l’alliance « composite » composée de nombreux gros émetteurs (Australie, Canada, USA, Russie, etc.), l’Union Européenne, auxquels succéderont des regroupements plus territoriaux (pays africains, d’Amérique Centrale, etc.). Et enfin celles, individuelles, de pays membres de ces différents groupes.</p>
<p>La tonalité est claire. Tous les pays réaffirment leur volonté d’ « aboutir »… ce qui ne mange pas de pain. Un progrès malgré tout car ce n’était pas le cas à l’époque où certaines grandes puissances niaient encore le dérèglement climatique. C’est en fait sur la question de l’aide du Nord au Sud que la différence d’implication est notable : rarement mentionnée par les pays du Nord, elle est au cœur des revendications de tous les pays du Sud, qui tous se réfèrent à l’intervention du G77 et de la Chine.</p>
<p>D’ailleurs la question n’est pas que financière. On le sent à la vigueur des interventions, à leur caractère parfois passionné (les plus applaudis seront le représentant Bolivien, parlant de la mère Terre et demandant qu’on mette autant sur la table que pour sauver les banques de Washington, et celui des îles Salomon exprimant l’angoisse de la disparition). Pour une partie du monde, la question du climat n’est pas une question théorique d’avenir, un sujet parmi des dizaines d’autres, c’est devenu la question cruciale, vitale, prioritaire : ce qui se joue à Copenhague est bien autre chose qu’une négociation habituelle.</p>
<h3>Le flop de Borloo</h3>
<p>Dans cette longue série d’interventions, l’Europe n’aurait du parler que d’une seule voix, par celle du représentant de la présidence suédoise, très décevant en terme d’ambition mais illustrant bien l’état de l’équilibrisme constant de l’UE.</p>
<p>Quand, tout à coup, la présidence de séance donne la parole à la France. Je tends évidemment l’oreille. Et ce d’autant plus que la caméra qui projette sur grand écran les visages des orateurs tarde à trouver les rangs français.</p>
<p>Le timbre de voix m’est familier… C’est Jean-Louis Borloo, dont l’image apparaît finalement à l’écran. Que fait un ministre ici, dans cette enceinte peuplée de hauts fonctionnaires et d’ONG ? Quelle est l’opération politique tentée (car il ne fait pas de doute qu’il s’agit d’une opération politique) ? Est-elle uniquement à vocation de politique politicienne franco-francaise (mettre en scène la France comme impliquée à fond dans le combat pour le climat) ? Où vise-t-elle aussi à secouer un peu le train-train habituel de ces conférences ? Un peu des deux sans doute.</p>
<p>L’intervention, en 1mn30, n’est pas mauvaise. Elle reprend la thématique dorénavant officielle de la France sur « justice et climat », « aide aux pays les plus pauvres ». Mais à en juger par les faibles applaudissements, la prestation tourne au flop.</p>
<p>Difficile d’en apprécier les raisons réelles : exaspération de voir la France chercher à tirer la couverture à soi ? Incompréhension de voir un ministre venir dès maintenant dans la mêlée ? Surprise d’entendre un intervenant parler autant à la première personne (« je ») quand tous les autres parlent au nom de leur pays, voire du monde ? Manque de crédibilité de la France largement suspectée de double discours et de fanfaronnade ?</p>
<p>En tous cas, l’opération politique est loin d’être un franc succès. Et Borloo a pris le risque d’affaiblir la cohésion européenne. La suite dira quelle en sera l’ampleur.</p>
<h3>La parole des villes et des ONG</h3>
<p>Une fois achevée cette longue série d’interventions nationales, prennent place, dans une salle déjà beaucoup moins remplie, des interventions non-gouvernementales qui tentent de faire prévaloir des points de vue à intégrer dans la décision.</p>
<p>Interviennent ainsi les organisations internationales du transport maritime et aérien (à les en croire, ils font le maximum pour le climat… sous-entendu pas la peine de leur imposer des contraintes !), la Croix Rouge qui souligne les dégâts humains déjà constatés, le patronat (qui ferait déjà beaucoup pour développer des économies émettant peu de carbone !), les ONG du <em>climate action network</em> et de <em>Friends of the Earth</em> qui soulignent l’urgence et l’impératif d’action liant climat et justice, les villes, les peuples indigènes qui rappellent que c’est de leur survie dont il s’agit. Et enfin les syndicats, les organisations féministes et les associations de jeunesse qui renforcent encore la pression de la société civile.</p>
<p>Une mention toute particulière — on ne s’en étonnera pas de ma part —, en tant qu’adjoint en charge du climat dans une grande ville française, pour la forte intervention de mon ami Ronan Dantec, porte-parole des villes dans cette enceinte. Il a non seulement souligné l’importance à agir, mais aussi la capacité d’unité des villes autour de positions et engagements communs malgré leurs différences (un exemple pour les États) et surtout leur volonté d’en faire plus. Sans l’action des villes, l’accord de Copenhague restera inapplicable. Raison de plus pour inscrire dès maintenant les conditions de cette coopération dans le texte.</p>
<p>La plénière s’achève ainsi. Tous les acteurs se sont présentés et ont exprimé leurs attentes. Reste 12 jours pour jouer la pièce et surtout pour aboutir.<br />
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1312" class="footnote">Le document sur lequel travaillent les délégations nationales depuis de nombreux mois et qui, passé par une phase à 200 pages, a été considérablement amaigri.</li>
</ol>
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