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	<title>ecolosphere.net &#187; Articles</title>
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	<description>Ecolosphere.net est un lieu d’information, d’analyse et de débats, où sont abordées toutes les thématiques de l’actualité au sens large, mais analysées selon les critères de l’écologie politique, avec une visée prospective.</description>
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		<title>Attention aux contretemps</title>
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		<pubDate>Tue, 07 Sep 2010 14:57:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ben Cramer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Édito du mardi]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>«&#160;Y a un temps pour tout&#160;»</em> disait ma grand-mère. En tout cas, s’il y a un mois de l’année durant lequel il serait opportun de ne pas trop traîner sur les plages, c’est bien le mois d’août.  S’il y a un moment durant lequel il serait avisé de se mettre en état d’éveil et non de veille, de laisser tomber le refrain un peu débile <em>«&#160;Y-a-pas-d’soucis&#160;»</em>, la version française du <em>«&#160;No problem, man&#160;!&#160;»</em>, la version civile du <em>«&#160;circulez, y a rien à voir&#160;»</em>… c’est bien le mois qui vient de s’achever.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;"><em>«&#160;Y a un temps pour tout&#160;»</em> disait ma grand-mère. En tout cas, s’il y a un mois de l’année durant lequel il serait opportun de ne pas trop traîner sur les plages, c’est bien le mois d’août.  S’il y a un moment durant lequel il serait avisé de se mettre en état d’éveil et non de veille, de laisser tomber le refrain un peu débile <em>«&#160;Y-a-pas-d’soucis&#160;»</em>, la version française du <em>«&#160;No problem, man&#160;!&#160;»</em>, la version civile du <em>«&#160;circulez, y a rien à voir&#160;»</em>… c’est bien le mois qui vient de s’achever.</div><p>Loin de moi la moindre volonté de stigmatiser les Aoûtiens. De porter atteinte aux acquis sociaux dont les vacances. D’imposer le travail d’août comme d’autres veulent imposer celui du dimanche. Loin de moi toute attaque en règle à l’encontre des heures dites <em>«&#160;creuses&#160;»</em>, des heures <em>«&#160;perdues&#160;»</em> (<em>sic</em>), du droit à la paresse qui hélas n’a pas tellement de partisans. Loin de moi l’idée de prôner la conduite de la fourmi plutôt que celle de la cigale. Mais franchement, il s’en passe des choses de par le monde au mois d’août&#160;! Je me demande s’il convient aux vacanciers.</p>
<p>Convenons-en&#160;: le mois qui vient de s’écouler a été <em>«&#160;riche&#160;»</em>, comme on dit, en événements. Ce n’est pas seulement la saison des cyclones. Les Russes ont connu leurs incendies&#160;; ceci nous a rappelé la canicule que les médecins avaient zappée. Sans lister les catastrophes humaines, août n’a pas été de tout repos pour tous ceux et toutes celles qu’on a expulsé-e-s.</p>
<p>Bien sûr il ne faudrait pas exagérer. Août n’a pas le monopole du désastre. Tchernobyl c’était au mois d’avril, la pire des marées noires s’est produite pendant la première guerre du Golfe en janvier. Tous les sous-marins nucléaires ne s’abîment pas en août (Le Koursk le 12 août 2000, le SNA Le Rubis le 17 août 1993). Les coups d’État ne sont pas tous programmés en août même si celui qui a failli faire valser Gorbatchev en août 1991 m’avait secoué. Même si la normalisation à Prague en 68, après le printemps eut lieu un 21… août.</p>
<div id="attachment_1422" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2010/09/4891110919_b097cf4b6c.jpg" alt="Moscou, août 2010." title="Disappearing into the smoke" width="500" height="500" class="size-full wp-image-1422" /><div class="caption"><p class="legende">Moscou, août 2010.</p><div class="figure-description"><p><a href="http://www.flickr.com/photos/seriykotik/4891110919/"><em>Disappearing into the smoke</em></a>, photo (cc) <a href="http://www.flickr.com/photos/seriykotik/">seriykotik1970</a>.</p>
</div></div></div>
<p>De toute façon, on me rétorquera que les <em>«&#160;puissants&#160;»</em> ont justement prévu de s’activer quand les <em>«&#160;petits&#160;»</em> vont voir ailleurs. On raille le maire de Moscou qui est en vacances au moment où la capitale russe est asphyxiée par les fumées des flammes, mais ne nous moquons pas trop vite&#160;: ici, nombre de défenseurs des droits de l’homme sont aux abonnés absents, à l’instar des médecins qui s’étaient délocalisés durant la canicule. C’est dur d’organiser une manif à Paris entre République et Bastille en plein mois d’août, quand les fronts sont désertés.</p>
<p>La morale de cette histoire&#160;? On baigne trop souvent dans des contretemps insensés.</p>
<p>Prenons la politique extérieure avec le rapprochement France-OTAN. Nos dirigeants ont tenu à revenir au bercail atlantique. Le retour au commandement militaire intégré, très exactement. Quand&#160;? Au moment où l’OTAN qui a perdu sa raison d’être, va au devant d’une défaite politico-militaire en Afghanistan. C’est un peu comme si l’Albanie voulait rejoindre la Yougoslavie après le conflit au Kosovo.</p>
<p>Prenons la marine. L’ensemble de la composante des sous-marins nucléaires français a disposé de la capacité de <em>«&#160;frapper&#160;»</em> Moscou en février 1993 soit 3 ans après l’effondrement du Mur de Berlin.</p>
<p>Prenons un autre exemple de mauvais timing&#160;: le service militaire. Il n’existe plus. Même si cela coûtait moins cher au contribuable, il a été remplacé par une armée de métier, des professionnels super-entraînés. Bravo&#160;: c’est le type d’armée dont la France aurait eu besoin du temps de la guerre froide pour faire face à 54&#160;000 chars d’assaut (même des T-54 un peu rustiques), là aussi, quel timing&#160;! </p>
<p>Quand il y a crise alimentaire en Afrique, on s’aperçoit que les politiques d’aide au développement ont négligé l’aide à l’agriculture.</p>
<p>Pour la politique d’immigration, on est dans le même type de décalages absurdes. Les contretemps produisent en fin de compte du n’importe-quoi. Voici peut-être pourquoi en France en 2010, s’il n’y a pas de ministère des situations d’urgence comme en Russie, c’est parce qu’il été absorbé (en août&#160;?) par le Ministère de l’Intérieur.</p>
<p>Il y a fort à parier que les casques verts, dont on parle depuis 1991, seront mis en place quand les catastrophes ne seront plus naturelles du tout. Ou bien quand le vert ne sera plus associé à l’écologie — par exemple.</p>
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		<title>Chômage : où est l’accalmie ?</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1420-chomage-ou-est-l-accalmie/</link>
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		<pubDate>Tue, 31 Aug 2010 12:23:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Larrouturou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Christine Lagarde et Laurent Wauquiez sont depuis le 26 août dernier dans tous les médias pour <em>«&#160;se féliciter&#160;»</em> des bons chiffres du chômage&#160;: <em>«&#160;Le recul du chômage est le fruit de notre politique de l’emploi&#160;»</em>, disent-ils.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Christine Lagarde et Laurent Wauquiez sont depuis le 26 août dernier dans tous les médias pour <em>«&#160;se féliciter&#160;»</em> des bons chiffres du chômage&#160;: <em>«&#160;Le recul du chômage est le fruit de notre politique de l’emploi&#160;»</em>, disent-ils.</div><p>Hélas, si l’on s’intéresse vraiment à la vie des salarié-e-s (actifs ou au chômage) et si l’on regarde de près les chiffres du Ministère du Travail, on constate qu’il n’y a aucune raison de se féliciter des évolutions en cours&#160;:</p>
<ul>
<li>le nombre total des inscrit-e-s à Pôle Emploi n’a jamais été aussi élevé&#160;: 4&#160;574&#160;000 inscrit-e-s, sans compter 300&#160;000 chômeurs de plus de 58 ans Dispensés de recherche d’emploi et 217&#160;000 chômeurs dans les Départements d’Outre Mer&#160;;</li>
<li>le «&#160;flux&#160;» des nouveaux arrivants à Pôle emploi est toujours aussi impressionnant&#160;: 505&#160;000 hommes et femmes se sont inscrits au chômage en juillet. 505&#160;000 en un mois. C’est absolument catastrophique&#160;!</li>
</ul>
<p>Si la courbe qui récapitule le «&#160;stock&#160;» de chômeurs ne monte pas de façon verticale, c’est que 495&#160;000 personnes ont quitté Pôle Emploi. Mais sur ces 495&#160;000 sorties, il n’y en a que 104&#160;000 qui déclarent avoir retrouvé un emploi. Il y a un flou pour 100&#160;000 mais le Ministère lui-même admet que <em>«&#160;moins de 40&#160;% de ceux qui quittent Pôle Emploi retrouvent un emploi&#160;»</em>.</p>
<p>La majorité de ceux qui quittent Pôle Emploi sont en fin de droit. Ils sont dans la précarité la plus totale&#160;: ils vont survivre (sousvivre) avec le RMI-RSA ou n’auront droit à aucune allocation si leur conjoint a un revenu correct&#160;: en dix-huit mois ou deux ans, le revenu du couple a été divisé par 2 mais leur problème n’apparaît dans aucune statistique.</p>
<p>Quant à celles et ceux qui retrouvent un emploi (il y en a quand même, heureusement), ils doivent de plus en plus se contenter d’emplois très précaires&#160;: l’Acoss, qui reçoit toutes les déclarations d’embauche, a publié en juillet une étude sur les embauches au 2ème trimestre.</p>
<p>Les CDD de moins d’1 mois représentent plus de 60&#160;% des embauches. Les CDI (à temps plein ou à temps partiel) ne représentent que 16&#160;% des embauches…</p>
<p>N’en déplaise à Christine Lagarde, il n’y a donc aucune raison de se féliciter de quoi que ce soit&#160;!</p>
<p>Il est urgent au contraire de mesurer la gravité de la crise et de se mettre au travail pour inventer une nouvelle politique de l’emploi. Tel est l’objectif des <a href="http://www.facebook.com/pages/Etats-Generaux-de-lEmploi-et-de-lEcologie/105969952769972">États Généraux de l’Emploi et de l’Écologie</a> qu’<em>Europe Écologie – Les Verts</em> viennent de lancer à Nantes.</p>
<p class="meta2">Article <a href="http://www.novo-ideo.org/Chomage-ou-est-l-accalmie">publié dans <em>Novo Ideo</em> le 27 août.</p>
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		<title>L’été de toutes les abjections</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1419-l-ete-de-toutes-les-abjections/</link>
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		<pubDate>Mon, 02 Aug 2010 15:17:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Le Crosnier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Les déclarations de Nicolas Sarkozy à Grenoble, renforcées par celles de Brice Hortefeux sur la gestion <em>«&#160;sécuritaire&#160;»</em> de la nationalité posent d’évidents problèmes de constitutionnalité. Mais elles nous imposent de réfléchir vite. Sur au moins deux points&#160;: d’abord reprendre le fil historique qui fait que la situation actuelle pue les années trente finissantes, juste avant l’abjection totale&#160;; puis comprendre ce qui rend possible cette dérive, et notamment chercher dans les pratiques des oppositions les attitudes qui laissent ouvertes les portes d’une telle situation.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Les déclarations de Nicolas Sarkozy à Grenoble, renforcées par celles de Brice Hortefeux sur la gestion <em>«&#160;sécuritaire&#160;»</em> de la nationalité posent d’évidents problèmes de constitutionnalité. Mais elles nous imposent de réfléchir vite. Sur au moins deux points&#160;: d’abord reprendre le fil historique qui fait que la situation actuelle pue les années trente finissantes, juste avant l’abjection totale&#160;; puis comprendre ce qui rend possible cette dérive, et notamment chercher dans les pratiques des oppositions les attitudes qui laissent ouvertes les portes d’une telle situation.</div><p>La <em>« nationalité »</em> est un accord conventionnel. Elle n’existe pas <em>« naturellement »</em>. Un état colonisateur comme la France le sait bien, qui a découpé le monde par des frontières <em>« nationales »</em> en dehors de toute histoire commune ou de projet collectif. La France est un État lui-même construit par la mise sous tutelle des peuples de l’intérieur de ses frontières (bretons, basques, corses, occitans, <em>etc.</em>) au nom d’un projet <em>« national »</em> et <em>« républicain »</em>. Être français est une convention qui a changé dans le temps, et qui changera encore (nous nous dirons peut-être européens dans un siècle ?). Cette convention assujettit les individus à la nation dont ils sont membres. Longtemps, la conscription militaire en a été le symbole. Une fois accordée, par la naissance (droit du sol), par la filiation (droit du sang) ou par la naturalisation, les droits et les devoirs sont les mêmes pour tou(te)s. Admettre la <em>« double peine »</em>, d’une condamnation pénale suivie d’une déchéance de nationalité revient à dénigrer le fonctionnement global de la justice : les peines prononcées ne suffiraient-elles pas, ne seraient-elles pas <em>« justes et équilibrées »</em>, que l’autorité administrative puisse ajouter une forme d’arbitraire ?</p>
<p>Mais pire encore, il y aurait donc une antériorité à la situation conventionnelle de la nationalité ! Combien de temps, de génération sera-t-on considéré comme susceptible de se voir retirer la nationalité et placé en camp <em>« de transit »</em> ?  Ceux qui n’entendent pas les horreurs des années trente ont les oreilles bien bouchées : l’expression <em>« quart de juif »</em> ne leur dit donc rien ?</p>
<p>Les effets des discours de la clique au pouvoir ne peuvent se juger dans le court terme. Quand Marine Le Pen exprime sa satisfaction et y voit confirmation de ses thèses, il faut entendre le glissement collectif qui s’opère. Les racistes du pouvoir, même après condamnation judiciaire comme pour Brice Hortefeux, préparent un avenir qui n’a rien de républicain, mais tout de l’organisation clanique du monde. Le soupçon va s’installer, et au lieu de penser la nation comme un projet collectif, on va la définir comme une zone protégée, à l’image de ces condominiums pour riches hérissés de barbelés et protégés par des gardes armés qui créent des taches de léopard sur toute la planète.</p>
<p>Bien évidemment, la démarche n’est pas spécifique à la France, malheureusement. De nombreux pays veulent décider arbitrairement de la nationalité. C’est <em>« l’ivoirité »</em> dans la Côte d’Ivoire, c’est le statut différent des juifs et des <em>« arabes israéliens »</em>, c’est le débat sur les chicanos aux États-Unis, c’est la question lombarde en Italie, <em>etc.</em> Le monde globalisé va remplacer les affrontements géopolitiques par des formes <em>« internalisées »</em> d’ethnicisation et de hiérarchisation. On aurait pu croire cette logique abandonnée depuis le Siècle des Lumières. L’exemple de l’Allemagne des années trente, pourtant un des pays les plus riches en philosophes, poètes, musiciens, penseurs, <em>etc.</em> aurait pu nous éclairer sur le danger permanent de voir revenir la barbarie.</p>
<p>Mais je n’arrive pas à me résoudre à voir la France <em>« des Droits de l’Homme »</em>, celle qui fait figure à la fois de paradis (notamment grâce à sa protection sociale) et de référence dans les capacités de révolte et de refus de l’arbitraire (la prise de la Bastille), sombrer à son tour dans la folie raciste. Avec toutes les conséquences sur la fin de <em>« l’état de droit »</em>, annonçant la montée des nouvelles guerres <em>« asymétriques »</em> contre les population les plus démunies. Les signes sont pourtant clairs, depuis l’adoption de <em>« l’État d’urgence »</em> en novembre 2005, les rafles des gamins de sans-papiers à la sortie des écoles, l’affaire de la <em>« jungle »</em> de Calais, et les rodomontades des ministres sur l’équipe de foot…</p>
<p>Qu’est-ce qui rend une telle abjection possible, alors que nous savons pertinemment que chaque petite phrase ne fait que préparer la suivante, dans une spirale régressive sans fin ? Voici la seconde question, plus importante encore pour l’avenir. Et surtout, voici la question qui se pose à toute personne éprise de justice, d’égalité et de fraternité. Qu’avons-nous laissé faire ? Que laissons-nous faire encore ?</p>
<p>Les discours du pouvoir nous montrent nos faiblesses. En visant <em>« Mai 68 »</em> comme source de la délinquance, des problèmes de l’école, de la relation entre parents et enfants, en accusant les citoyens épris de liberté, de débat démocratique, de générosité, ils nous disent en creux que nous avons laissé dilapider le potentiel libertaire issu de la dernière grande révolte française. En se situant sur cette crête idéologique et culturelle, ces discours évitent de poser la question des rapports de force proprement économiques qui conduisent plus de 10 % de la population au chômage, qui réduisent les prestations sociales et de santé, qui marginalisent les quartiers pauvres par manque de budget de reconstruction et d’aménagement, par manque de personnes pour assurer le <em>« service au public »</em>… Car notre focalisation sur les changements <em>« moraux »</em>, sur les questions <em>« sociétales »</em> a permis que s’installe un modèle économique de domination qui nous conduit à la situation actuelle. Délinquance, insécurité d’une part, autoritarisme et racisme de l’autre sont les deux mamelles de la société néolibérale. L’acceptation par le PS de la globalisation néolibérale, jusqu’à voir deux de ses éminents dirigeants placés à la tête l’un du FMI et l’autre de l’OMC, les deux organismes les plus significatifs du nouvel ordre économique mondial, est certainement un virage fondamental dans cette courte trajectoire historique. Mais notre abandon de la construction d’une véritable force sociale, culturelle et politique au nom du <em>« c’est toujours mieux que rien »</em> est tout autant coupable.</p>
<p>Quand nous sommes conscients de l’évolution terrible du monde, et que nous voyons notre propre univers politique écartelé, incapable de se réunir sur les fondamentaux ; quand nous voyons les dirigeants des particules dont le seul espoir bureaucratique est de franchir la barre des 5 % parader accrochés à leurs <em>« vérités »</em> comme des berniques sur leur rocher pour résister à la marée ; quand nous assistons à la débandade des organisations du mouvement social incapables de comprendre l’enjeu de la lutte contre le chômage, l’organisation des quartiers, la révolte des jeunes sans espoir, <em>etc.</em> ; ne sommes nous pas nous-mêmes complices <em>« par abstention »</em> de la dérive en cours ?</p>
<p>Il n’est jamais trop tard. Mais il vaudrait mieux que nous décidions le plus tôt possible de revenir sur la scène politique, à partir des expériences des mouvements sociaux, à partir des réflexions polyphoniques des divers courants de la gauche critique et des associations sociales. Laisser encore à d’autres qui ont déjà montré l’étendue de leur incapacité à former un front suffisamment fort contre la domination autoritaire qui accompagne le néolibéralisme serait à nouveau plier devant le bulldozer raciste. La conception d’une société de loups en guerre permanente tous contre tous est le modèle majoritaire, autant des films hollywoodiens que des dirigeants de notre droite revancharde et animée par la haine. Ne la laissons pas s’installer. Reprenons la bataille culturelle et idéologique par le versant politique.</p>
<p>Au fond, l’avenir appartient aux tenants de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, mais il vaudrait mieux que cela ne vienne pas après une crise humaine et morale majeure. Redresser la barre se construit dès aujourd’hui. Par vous qui avez eu le courage de lire jusqu’ici. Que chacun(e) trouve son chemin, mais surtout revienne à la discussion, à l’échange, à l’investissement sur la scène publique. Trouvons de nouvelles formes d’organisation en réseau, de consensus et de coordination, mais surtout ne restons pas tétanisés par l’arrogance des gouvernants.</p>
<p class="meta2">Texte diffusé sous licence Creative Commons (paternité–non-commercial).</p>
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		<title>La finance sera-t-elle mieux encadrée aux États-Unis&#160;?</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1418-la-finance-sera-t-elle-mieux-encadree-aux-etats-unis/</link>
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		<pubDate>Thu, 22 Jul 2010 15:31:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal Canfin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Chronique]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Alors que la loi de régulation financière américaine a été adoptée par le Congrès américain la semaine dernière et signée par le Président Obama cette semaine, Pascal Canfin était à Washington dans le cadre d'une délégation officielle d'une dizaine de députés de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen pour rencontrer leurs homologues du Congrès. Il relate les dernières négociations dans une série de chroniques publiées dans <a href="http://ecologie.blogs.liberation.fr/"><em>Échos d’euro-écolos</em></a>, dont nous publions ici <a href="http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2010/07/la-finance-seratelle-mieux-encadr%C3%A9e-aux-etatsunis.html">la deuxième</a> où il revient plus en détails sur le contenu de cette loi.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Alors que la loi de régulation financière américaine a été adoptée par le Congrès américain la semaine dernière et signée par le Président Obama cette semaine, Pascal Canfin était à Washington dans le cadre d'une délégation officielle d'une dizaine de députés de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen pour rencontrer leurs homologues du Congrès. Il relate les dernières négociations dans une série de chroniques publiées dans <a href="http://ecologie.blogs.liberation.fr/"><em>Échos d’euro-écolos</em></a>, dont nous publions ici <a href="http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2010/07/la-finance-seratelle-mieux-encadr%C3%A9e-aux-etatsunis.html">la deuxième</a> où il revient plus en détails sur le contenu de cette loi.</div><p class="meta2">Série à suivre dans <a href="http://ecologie.blogs.liberation.fr/"><em>Échos d’euro-écolos</em></a>. La précédente : <a href="http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2010/07/une-semaine-%C3%A0-washington.html"><em>Une semaine à Washington</em></a>. Et la suivante : <a href="http://ecologie.blogs.liberation.fr/euro-ecolos/2010/07/pour-un-g20-des-l%C3%A9gislateurs.html"><em>Pour un G20 des législateurs</em></a>.</p>
<p>Que va changer ce texte&#160;? Impossible de répondre dans le détail ici car il fait plus de 2&#160;000 pages et traite de 15 sujets différents&#160;! De l’aveu même des négociateurs, peu de gens au Congrès l’ont lu en totalité. Pour autant, les nombreuses discussions que nous avons cette semaine à Washington dans le cadre de la délégation de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, avec, d’un côté, les négociateurs du texte au Sénat et à la Chambre des représentants, et, de l’autre, les régulateurs (la Banque centrale, la SEC qui est l’homologue américain de l’Autorité des Marchés Financiers en France, la CFTC qui s’occupe des dérivés, le trésor américain), nous ont permis de mieux en appréhender la philosophie d’ensemble.</p>
<p>Il ressort que les négociateurs ont d’abord poursuivi deux objectifs. Le premier est de pouvoir faire face de manière préparée et organisée à la faillite d’une banque pour éviter un nouveau Lehman Brothers. La faillite surprise de la banque d’investissement new-yorkaise avait paralysé le système financier mondial pendant plusieurs semaines et son démembrement n’est toujours pas réglé aujourd’hui. Le second objectif de la réforme est d’assurer aux contribuables américains qu’ils n’auront plus jamais à contribuer  aux sauvetages des banques d’investissement. Le soutien public sera réservé aux seules banques de dépôt qui collectent l’argent des particuliers.</p>
<h3>Une filiale spécifique pour les activités à risque</h3>
<p>Pour atteindre le premier objectif, le projet de loi oblige les banques à établir une cartographie précise de leurs filiales et de leurs engagements. Les activités les plus risquées des banques (comme les transactions sur les produits dérivés sur les matières premières et les produits agricoles) et celles qui n’ont rien à voir avec l’activité naturelle d’une banque devront être hébergées dans une filiale spécifique. En cas de problème cette filiale ne sera pas aidée par l’argent du contribuable. De plus, l’ensemble des transactions sur les produits dérivés, comme les fameux  dérivés de crédit sur les subprimes, devront être enregistrées de façon à sortir ce marché de l’opacité. Henry Paulson, l’ancien secrétaire au trésor américain, a déclaré récemment que s’il avait eu les outils du nouveau projet de loi en septembre 2008 il aurait pu voir venir les problèmes et gérer différemment la faillite de Lehman Brothers.</p>
<p>Le second objectif sera, lui, plus compliqué à atteindre. Pour obtenir les voix républicaines nécessaires à l’adoption du texte (qui a besoin d’une majorité de 60&#160;% au Sénat), les Démocrates ont dû renoncer à la création d’un fonds de résolution des crises bancaires. Il s’agissait de faire payer aux banques d’investissement, comme Goldman Sachs, une cotisation à un &laquo;&nbsp;fonds de sauvegarde&nbsp;&raquo; destiné à payer les pots cassés en cas de problème. Le projet prévoit quand même d’alimenter un fonds qui en cas de faillite d’une des banques cotisantes et d’insuffisance des ressources, verrait son différentiel payé non par le contribuable mais par des cotisations supplémentaires —ex-post— des autres banques. Un système étonnant car le coût des erreurs de l’une serait payée par les banques qui restent, autrement dit celles qui n’ont pas forcément pris le plus de risques&#8230;</p>
<h3>La mise en œuvre de la loi dépendra des futures majorités politiques</h3>
<p>Que va-t-il se passer quand la loi sera signée par le Président Obama&#160;? Un nouveau combat va commencer&#160;: ce sont les régulateurs qui vont alors devoir produire de nombreux textes pour donner corps à la loi. Par exemple, la loi dit qu’il faut identifier les banques qui posent des problèmes systémiques et leur imposer des contraintes supplémentaires. Ce sera aux régulateurs, parmi lesquels la Banque centrale, d’en donner une définition concrète. Les discussions que nous avons pu avoir lors de nos différents entretiens avec les membres du Congrès et les régulateurs nous montrent déjà que le lobby bancaire a compris qu’il ne pouvait plus empêcher l’adoption de la loi, mais qu’il compte bien en atténuer au maximum les conséquences concrètes. Certaines dispositions du texte ne seront effectives que dans un à deux ans, voire quatre ans pour certaines d’entre elles.</p>
<p>Au delà du lobby bancaire, la mise en œuvre de la loi dépendra aussi des futures majorités politiques. Si les Républicains se renforcent lors des élections de novembre, toutes les personnes rencontrées cette semaine estiment qu’ils exerceront une pression sur les régulateurs pour tirer l’application des textes dans un sens le plus favorable aux banques. Pour les Démocrates que nous avons rencontrés, il est essentiel qu’un maximum de sections du texte soit mis en œuvre de manière effective avant la prochaine élection présidentielle en 2012 . En cas de victoire des Républicains, un retour en arrière serait moins probable&#160;: les banques auront changé leurs pratiques et leurs organisations, auront supporté les coûts d’adaptation et ne voudront pas forcément changer de nouveau de système.</p>
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		<title>Mais quelle mouche a donc piqué la présidente d’ERDF&#160;?</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Jul 2010 16:40:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hélène Gassin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>

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		<description><![CDATA[Questions autour de la remise en question du développement du photovoltaïque prononcée par la nouvelle présidente d’<acronym title="Électricité réseau distribution France">ERDF</acronym>.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Questions autour de la remise en question du développement du photovoltaïque prononcée par la nouvelle présidente d’<acronym title="Électricité réseau distribution France">ERDF</acronym>.</div><p class="meta2">Par Hélène Gassin, vice-présidente de la Région Ile-de-France, et Denis Baupin, maire-adjoint de la Ville de Paris et Didier Lenoir, vice-président du CLER. Article publié dans <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/20/mais-quelle-mouche-a-donc-pique-la-presidente-d-erdf_1389916_3232.html">Le Monde.fr</a>.</p>
<p>À peine nommée à la tête d’ERDF, la filiale d’EDF chargée de la gestion des réseaux de distribution d’électricité — qui, faut-il le rappeler, appartiennent depuis toujours aux communes — la nouvelle présidente, Michelle Bellon, attaque de front le photovoltaïque. Ainsi, le développement futur de la filière préférée des Français, impulsé par le Grenelle de l’environnement, serait la principale cause de soucis pour son mandat.</p>
<p>Accusés&#160;; les gigantesques besoins d’investissement qui seraient nécessaires, la complexité de la gestion du réseau qui en résulterait et les risques de coupures qu’il ferait peser sur les 34 millions de consommateurs, autant dire sur tout un chacun. Aucun de ces arguments ne résiste à l’analyse. Le photovoltaïque, pour peu que l’on sache anticiper sa montée en puissance, ne présente aucun danger ni aucun coût additionnel pour le réseau à court, moyen et long terme. Le marginaliser et tenter de freiner son développement n’aura qu’un seul effet, le rendre plus cher du fait des incertitudes générées chez les opérateurs.</p>
<p>Au contraire, le développement du photovoltaïque est en mesure d’améliorer la qualité du courant fourni. Il peut apporter à moindre coût aux gestionnaires des réseaux des «&#160;services-systèmes&#160;» dont ils seront de plus en plus friands. Ces faits ont été démontrés à l’occasion d’une enquête réalisée auprès de plusieurs dizaines de gestionnaires de réseaux dans le monde entier dans le cadre de travaux menés par l’Agence internationale de l’énergie et publiée en 2009.</p>
<p>Le photovoltaïque compte parmi les très rares filières de production d’électricité qui peuvent être installées au cœur même de nos villes et de nos villages, à proximité immédiate des points de consommation, en évitant au passage des pertes en lignes chiffrées à 10&#160;%, pas moins de six réacteurs nucléaires. Il constitue ainsi une étape indispensable pour aller vers les «&#160;bâtiments à énergie positive&#160;», qui seront la règle demain après avoir fait l’objet d’un consensus de tous les acteurs du Grenelle. Mais surtout, le photovoltaïque, en tant que source de production décentralisée à très fort potentiel de développement, représente une formidable opportunité pour donner à ce bien commun irremplaçable qu’est le réseau de distribution une nouvelle raison d’être au service de l’intérêt général.</p>
<p>Grâce aux immenses possibilités des technologies de l’information, les réseaux de demain seront dotés d’une véritable intelligence qui fait aujourd’hui défaut à une infrastructure conçue dans l’immédiat après-guerre et qui a peu évolué depuis.</p>
<p>Capables de gérer depuis toujours l’intermittence des consommations, ces réseaux devront désormais composer avec celle des productions renouvelables d’une manière dynamique. C’est dans le cadre d’un marché ouvert et régulé et dans lequel les collectivités locales auront un rôle majeur à jouer pour la définition des objectifs techniques, environnementaux et sociaux qui leur seront assignés, que les réseaux devront évoluer.</p>
<p>Qualité de service, sécurité d’approvisionnement, maîtrise de l’énergie, développement des énergies renouvelables, lutte contre les changements climatiques, lutte contre la précarité énergétique&#160;: les chantiers ne manquent pas, les opportunités non plus&#160;! Plutôt que susciter des craintes infondées et entretenir les réticences chroniques à agir, ces défis devraient au contraire être une source de motivation de toute l’entreprise ERDF. Pourtant, aujourd’hui, les critiques pleuvent contre elle&#160;: sous-investissement dans le maintien en état du réseau, gestion opaque des provisions financières, choix non concerté des futurs compteurs pas vraiment intelligents…</p>
<h3>LES COLLECTIVITÉS LOCALES ALLER CHERCHER D’AUTRES PARTENAIRES</h3>
<p>Madame la présidente, si le défi de votre mandat est bien de «&#160;sauver&#160;» les réseaux de distribution, ce n’est certainement pas en tentant vainement de bloquer les énergies renouvelables que vous y parviendrez, mais bien en permettant à l’entreprise que vous dirigez de participer pleinement, aux côtés des collectivités locales, à ces chantiers d’avenir. Vos attaques contre le photovoltaïque sont d’autant plus malvenues que depuis quelques temps les choses commençaient à bouger sérieusement au sein et autour d’ERDF.</p>
<p>On y parlait par exemple de l’amélioration des relations avec ces usagers du réseau d’un nouveau type que sont les producteurs, à la fois nombreux et de nature très variée, allant de l’opérateur énergétique multinational jusqu’au particulier en maison individuelle en passant par le régisseur de copropriété et l’agriculteur isolé ou membre d’une coopérative. Plus récemment encore, il y a eu l’engagement de bon augure dans la réflexion autour des projets de «&#160;démonstrateurs&#160;» de réseaux intelligents dans le cadre de partenariats larges et de haut niveau scientifique, technique et économique, notamment en réponse à l’appel à manifestation d’intérêt lancé par l’ADEME début 2010.</p>
<p>Cette dynamique d’ouverture et de re-motivation des personnels est essentielle dans un contexte de choc culturel et social dû à la séparation encore récente des métiers entre la branche commerce et la branche réseau d’EDF, devenue ERDF. Elle fait cependant l’objet de bien peu de considération de la part de la maison-mère car entachée de l’image désormais négative de «&#160;service public&#160;». Cette problématique ne devrait pas vous être étrangère, vous qui êtes passée par la direction du personnel et des relations sociales d’EDF-GDF à l’époque des prémices de la privatisation il y a une quinzaine d’années.</p>
<p>Il est difficile de cerner les raisons et les objectifs de cette nouvelle posture qui de toute évidence dépasse le simple cas du photovoltaïque et semble porter la griffe «&#160;anti-renouvelables primaire&#160;» de la nouvelle présidence du groupe EDF.</p>
<p>S’il devait se confirmer, ce changement aurait des conséquences extrêmement néfastes. Elles n’entacheront pas le développement à moyen et long terme des énergies renouvelables électriques dans notre pays, dont la contribution massive à l’approvisionnement de nos territoires finira par s’imposer d’une manière ou d’une autre. C’est la présence même d’ERDF dans cette formidable aventure qui risque d’être mise à mal.</p>
<p>Les énergies renouvelables sont intrinsèquement liées aux territoires qui hébergent leurs gisements&#160;: le moteur principal de leur développement sera donc celui des acteurs de terrain, au premier rang desquels les collectivités locales. Celles-ci, partant du constat qu’on ne peut pas faire boire un âne qui n’a pas soif, pourraient bien, au moment du renouvellement des contrats de concession, être tentées d’aller chercher d’autres partenaires qui répondent à leurs attentes et les aident à mettre en œuvre leurs projets à haute valeur écologique et sociale, au lieu de les entraver.</p>
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		<title>Le Ghana déjà zappé ?</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2010 15:04:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ben Cramer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Une]]></category>
		<category><![CDATA[Édito du mardi]]></category>

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		<description><![CDATA[Le Ghana, tout le monde s'en fout. Ceux qui ont suivi le match ne savent pas situer ce pays sur une planisphère. Pourquoi cette indifférence à l'égard de ce pays&#160;? Normal&#160;!&#160;: il tente de s'en sortir tout simplement, sans bombarder personne, sans abriter des casques bleus. Il a la chance de ne pas subir de tsunami, ou autre cata naturelle. Qui plus est, d'un point de vue marketing, c'est dur de faire la «&#160;une&#160;» quand discrètement, on mise sur la longue marche de la démocratie.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Le Ghana, tout le monde s'en fout. Ceux qui ont suivi le match ne savent pas situer ce pays sur une planisphère. Pourquoi cette indifférence à l'égard de ce pays&#160;? Normal&#160;!&#160;: il tente de s'en sortir tout simplement, sans bombarder personne, sans abriter des casques bleus. Il a la chance de ne pas subir de tsunami, ou autre cata naturelle. Qui plus est, d'un point de vue marketing, c'est dur de faire la «&#160;une&#160;» quand discrètement, on mise sur la longue marche de la démocratie.</div><div id="attachment_1412" class="figure alignnone" style="width: 240px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2010/07/richard-serra-television-delivers-people-240x151.jpg" alt="Richard Serra, 1973." title="Richard Serra « Television delivers people »" width="240" height="151" class="size-medium wp-image-1412" /><div class="caption"><p class="legende">Richard Serra, 1973.</p><div class="figure-description"><p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=nbvzbj4Nhtk"><em>Television delivers people</em></a> (vidéo).</p>
</div></div></div>
<p>Les Black Stars ont été éliminés de la 19<sup>e</sup> édition de la Coupe du monde de football. Dès lors, ce pays situé dans le golfe de Guinée va repasser aux abonnés absents de l’actu&#160;; en dépit d’un reportage, un soir au JT, sur la façon dont les enfants récupèrent nos déchets électroniques. À l’exception d’une brève d’agence qui mentionnera le nombre de morts dans des mines illégales du deuxième exportateur d’or (après l’Afrique du Sud). À ceux qui croient aux «&#160;indices du développement humain&#160;» du PNUD, le Ghana, sachez-le, figure en 142ème position. Gràce à ses performances économiques, il serait l’un des principaux partenaires de la coopération allemande pour le développement.</p>
<h3>L’UE en donneurs de leçons</h3>
<p>Comme l’explique joliment la diplomatie de l’UE, au nom de la <em>«&#160;bonne gouvernance&#160;»</em> (<em>sic</em>), <em>«&#160;le pays présente aujourd&#8217;hui de bonnes perspectives en matière de stabilité politique et de croissance économique. Le Ghana a accompli de grands progrès dans le domaine de la gouvernance et des droits de l’homme. Il a ainsi réaffirmé sa maturité politique et son engagement en faveur de la paix et de la démocratie&#160;»</em>. Traduisons&#160;: les États membres de l’UE «&#160;s’engagent à améliorer progressivement leurs capacités militaires&#160;» (article 1-42-2 de la nouvelle Constitution)&#160;; ils claquent par tête de pipe 600 dollars pour leurs capacités militaires&#160;; ils consacrent au minimum 2&#160;% du PIB aux crédits militaires (Otan oblige) sauf les Irlandais (neutres), les Autrichiens (neutres) et les Luxembourgeois qui limitent leurs ambitions à 1&#160;% de leur PIB&#160;; ces Européens délivrent un certificat de bonne conduite au Ghana. Un État qui dépense, lui, 0,7&#160;% de son PIB pour ses dépenses militaires et consacre 2,8&#160;% du PIB pour ses dépenses de santé.</p>
<h3>Erreur d’arbitrage&#160;?</h3>
<p>Rares sont les pays qui peuvent afficher pareil palmarès. Parmi les pays du Sud, combien sont-ils à dépenser 4 fois plus pour soigner que pour s’armer&#160;? Ce score vertueux explique-t-il à lui seul pourquoi le Ghana fait si rarement la «&#160;Une&#160;»&#160;? Mais oui, c’est dur de se faire remarquer, de se faire apprécier en dehors du Mondial. Le Ghana n’arrive qu’à la 50<sup>e</sup> position du Global Peace Index (GPI)<sup>[1]</sup>. L’an dernier, il figurait à la 40<sup>e</sup> place, <em>number one</em> des États africains mais incapable de devancer les Européens, avec une France en 30<sup>e</sup> position.  Les Ghanéens peuvent se consoler, il y a d’autres arbitrages pour d’autres classements qui étonnent&#160;: la Suisse ne figure qu’en 18<sup>e</sup> position dans le GPI. Alors même que ce pays envisage sérieusement de se priver d’équipements lourds et de réorienter son dispositif vers des missions de sécurité civile, au motif que la <em>«&#160;guerre n’est plus la première priorité&#160;»</em>.</p>
<p>Moralité de cette histoire&#160;? Primo, Comme pour le foot, la concurrence<sup>[2]</sup> est rude&#160;! Puis, si dans ton pays nul ne semble crier famine, si t’as pas un dictateur qui veut faire la pluie et le beau temps et menacer le voisin pour mater ses sujets, on risque de t’oublier sur la planisphère.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1411" class="footnote"><a href="http&#160;://www.economicsandpeace.org/WhatWeDo/GPI">GPI</a>&#160;: premier classement au monde sur la paix. Il existe depuis 2007. Élaboré par l’<em>Institute for Economics and Peace</em>, il est basé sur 23 indicateurs qualitatifs et quantitatifs, qui combine des facteurs internes et externes. Sont recensés et mesurés à la fois les conflits en cours, les dépenses militaires, la participation aux forces de maintien de la paix de l’ONU, les relations avec les voisins, les niveaux de troubles sociaux, le pourcentage de populations incarcérées…</li>
<li id="footnote_1_1411" class="footnote">Le vrai sens du mot concurrence est étymologiquement le fait de «&#160;courir ensemble&#160;».</li>
</ol>
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		<title>La fin de l’illusion compassionnelle</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1409-la-fin-de-l-illusion-compassionnelle/</link>
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		<pubDate>Tue, 29 Jun 2010 14:52:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Édito du mardi]]></category>

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		<description><![CDATA[Plus d’un million de personnes ont participé ces dernières semaines, dans toute la France, aux marches des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans. Plus de deux millions de personnes ont manifesté le 24 juin dernier, dans toute la France, leur opposition à la réforme des retraites. L’État, méprisant, reste silencieux.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Plus d’un million de personnes ont participé ces dernières semaines, dans toute la France, aux marches des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans. Plus de deux millions de personnes ont manifesté le 24 juin dernier, dans toute la France, leur opposition à la réforme des retraites. L’État, méprisant, reste silencieux.</div><p>Comme les années précédentes, la Marche des fiertés lesbiennes, gaies, bi et trans (LGBT) de Paris a réuni samedi dernier plus d’un demi-million de personnes. En ajoutant les défilés dans les autres villes de France, on arrive largement au dessus du seuil symbolique du million de participants et de participantes pour ces manifestations festives et revendicatives. Et face à cette mobilisation qui ne faiblit pas d’année en année, martelant les mêmes revendications, quelle est la réponse du gouvernement&#160;? Le silence. Pas une annonce, pas un engagement, à peine un rendez-vous convenu et sans contenu à l’Élysée.</p>
<p>Quelques jours avant cette Marche en faveur de l’égalité des droits entre les homos et les hétérosexuel-le-s, des dizaines de manifestations avaient marqué l’opposition des salarié-e-s à la réforme du régime des retraites portée par le gouvernement. Les syndicats ont parlé de près de deux millions de manifestant-e-s. Et face à cette mobilisation qui s’amplifie, quelle a été la réponse du gouvernement&#160;? Le silence. Pas une évolution, pas une amélioration de la réforme, à peine une promesse de continuer la discussion.</p>
<div id="attachment_1410" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2010/06/ES-20100626-16789-by-william-hamon.jpg" alt="Marches des Fiertés / Manifestation contre la réforme des retraites, Paris, juin 2010." title="Marches des Fiertés / Manifestation contre la réforme des retraites" width="500" height="374" class="size-full wp-image-1410" /><div class="caption"><p class="legende">Marches des Fiertés / Manifestation contre la réforme des retraites, Paris, juin 2010.</p><div class="figure-description"><p><strong>À gauche</strong> : Act Up-Paris à la marche des fiertés de Paris le 26 juin 2010. Photo (cc) <a href="http://www.flickr.com/photos/william-hamon/">William Hamon</a>. <strong>À droite</strong> : Sud à la manifestation contre la réforme des retraites, à Paris le 24 juin 2010. Photo (cc) <a href="http://www.flickr.com/photos/marsupilami92/">marsupilami92</a>.</p>
</div></div></div>
<p>D’une certaine façon, ces deux événements s’éclairent l’un l’autre et leur conjonction souligne que l’attitude de mépris du mouvement social n’est pas conjoncturelle mais bien principielle. Car si pour la réforme des retraites le gouvernement peut s’abriter derrière une bataille de chiffres, de projections économiques et de questions techniques plus ou moins accessibles au plus grand nombre, les revendications des organisations LGBT sont beaucoup plus simples.</p>
<p>Ouverture du mariage pour tous les couples, possibilité pour les couples de même sexe d’adopter des enfants, simplification des procédures de changement d’état civil pour les personnes trans, protection des personnes LGBT persécutées dans leur pays d’origine&#160;: ces revendications d’égalité et de respect ne demandent pas la réunion de comité d’expert et des projections de scénarios jusqu’à 2050 pour faire pleinement sens. Les Pays-Bas (2000), la Belgique (2003), l’Espagne (2005), la Norvège (2008), la Suède (2009) et le Portugal (2010) mais aussi le Canada (2005) et l’Afrique du Sud (2006) ont mis en œuvre de telles mesures, sans subir, du moins en apparence, les foudres des marchés ou des agences de notation. Sans que l’ordre symbolique en soit ébranlé au point de générer des hordes d’enfants sauvages ou l’implosion de l’ordre social tout entier…</p>
<p>En la matière, la stratégie compassionnelle développée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy trouve aujourd’hui ses limites. Demander la dépénalisation de l’homosexualité et de la trans-identité dans le monde et lutter par voie d’affichage contre l’homophobie et la lesbophobie dans les universités sont certes des actions intéressantes et importantes. Mais elles ne sauraient se substituer à une réelle égalité en droit ni à une véritable défense des droits humains. On ne peut pas très longtemps dénoncer d’un côté les persécutions d’État des minorités et de l’autre durcir encore les conditions d’accès à l’asile en France. On ne peut pas très longtemps prôner d’un côté l’égalité des amours et d’un autre refuser l’égalité des couples. On ne peut pas très longtemps prétendre dépsychatriser les trans-identités et d’un autre protéger le pouvoir des <em>«&#160;experts médicaux&#160;»</em> sur les vies des personnes trans.</p>
<p>La seule tentative d’amélioration réelle de la situation légale des parents sociaux, portée pragmatiquement par la secrétaire d’État en charge de la Famille, s’est heurtée au conservatisme du parti majoritaire. Cette absence de progrès en matière de droits des personnes LGBT, malgré la pression de la plus grande manifestation annuelle de France et alors que les sondages indiquent maintenant une majorité d’opinion favorable, montre le mépris sans borne dans lequel le gouvernement actuel tient l’ensemble des mobilisations sociales. Si, même sur des revendications aussi évidentes et simples, le gouvernement ne cède rien, c’est bien qu’il a décidé de s’enfermer dans un agenda idéologique et qu’il a renoncé à gouverner et à accompagner le mouvement de la société. Ce renoncement à mettre en oeuvre les maigres promesses du candidat Sarkozy est le signe de l’absence de toute ambition progressiste du gouvernement actuel et son incapacité à dépasser ses réflexes traditionalistes.</p>
<p>Du pseudo-modernisme sarkoziste, déjà, par maint endroit, le front de la réaction brise le masque étroit.</p>
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		<title>ACTA : ou pourquoi s’embarrasser des « lourdeurs de la démocratie » et des enjeux de santé publique ?</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Jun 2010 16:52:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pauline Londeix</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Édito du mardi]]></category>

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		<description><![CDATA[Depuis 2007, sont négociés dans la plus grande opacité des accords sur la contrefaçon (<acronym title="Anti-counterfeiting trade agreement">ACTA</acronym>). Derrière l’exemple récurant des jouets chinois contrefaits  dont le nombre serait toujours plus important, se cache en réalité un accord dont les objectifs sont bien plus problématiques en particulier en terme d’accès à la santé.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Depuis 2007, sont négociés dans la plus grande opacité des accords sur la contrefaçon (<acronym title="Anti-counterfeiting trade agreement">ACTA</acronym>). Derrière l’exemple récurant des jouets chinois contrefaits  dont le nombre serait toujours plus important, se cache en réalité un accord dont les objectifs sont bien plus problématiques en particulier en terme d’accès à la santé.</div><p class="meta2">Par Pauline Londeix, militante d’Act Up, membre du groupe accès aux savoir d’Europe Écologie.</p>
<p>Ce qui est amusant avec ACTA — au delà du fait que c’est une fois de plus la Chine qui est montrée du doigt comme l’envahisseur contre lequel il faut à tout prix lutter — c’est qu’on n’est jamais au bout de nos surprises. Pour commencer, le cadre dans lequel il est négocié et par qui. En effet, pourquoi s’embarrasser des <em>«&#160;lourdeurs de la démocratie&#160;»</em> en négociant un accord dans des institutions déjà existantes&#160;: comme l’<acronym title="Organisation mondiale de la propriété intellectuelle">OMPI</acronym>, l’<acronym title=" Organisation mondiale des douanes">OMD</acronym> et l’<acronym title="Organisation mondiale du commerce">OMC</acronym>&#160;? On se le demande. Ainsi, depuis 2007, ACTA est négocié hors de ces cadres, dans la plus grande opacité entre les plus industrialisés&#160;: les États-Unis, l’Union Européenne, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, le Japon et quelques pays en développement&#160;: Singapour, Mexique, Maroc (il faut bien faire semblant de les y intégrer).</p>
<p>Les documents de travail n’ont été rendus publiques que le 21 avril dernier, un mois et demi après que le parlement européen ait voté une résolution (663 voix contre 13) demandant à la commission européenne d’être transparent sur le sujet. Par ailleurs, en France, on nous dit que c’est Bercy qui gère le dossier, Bercy nous dit que le dossier est géré en interministériel (notamment par le ministère de la santé). Quand on pose la question au ministère de la santé, on nous répond qu’ils ne savent pas qui du ministère pourrait bien suivre le dossier… Tout ce processus est en effet extrêmement transparent.</p>
<p>À la lecture des textes, entrecoupés de nombreux passages entre parenthèses pour rappeler qu’ils sont encore en débat — ce qui est continuellement un argument des négociateurs pour nous dire que nos critiques ne sont pas fondées — nos inquiétudes ne peuvent qu’être renforcées.</p>
<div id="attachment_1408" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2010/06/acta-20100611-16485-Edit-2-by-william-hamon.jpg" alt="Paris, juin 2010." title="ACTA : Accès aux génériques entravés" width="500" height="335" class="size-full wp-image-1408" /><div class="caption"><p class="legende">Paris, juin 2010.</p><div class="figure-description"><p>ACTA. Interpellation de Christine Lagarde par <a href="http://www.actupparis.org">Act Up-Paris</a>. Photo (cc) <a href="http://www.flickr.com/photos/william-hamon/">William Hamon</a>.</p>
</div></div></div>
<p>En effet, si on se limite à la question de l’accès aux médicaments, les problèmes que posent ces textes sont nombreux. Tout d’abord, ils entretiennent clairement un amalgame entre <em>«&#160;faux médicaments&#160;»</em>, et <em>«&#160;médicaments contrefaits&#160;»</em>. ACTA prétend en effet avoir pour objectif de traquer les faux médicaments, c’est à dire, ceux sans principe actif équivalent à la molécule qu’ils sont supposés contenir&#160;; médicaments qui courent les rues en Afrique subsaharienne et qui tuent des milliers de personnes chaque année.</p>
<p>Mais le problème c’est qu’au nom de cette lutte, ce sont les génériques qui sont visés. En effet, sera considéré comme un <em>«&#160;médicament contrefait&#160;»</em> tout générique saisi à une douane dans un pays où un brevet sur cette molécule est enregistrée et tombe sous le coup d’un brevet. Par exemple, il y a un an, étaient saisis à Rotterdam des médicaments en transit en provenance d’Inde et à destination du Nigeria. Ces médicaments, achetés par UNITAID, ont été gardés <em>«&#160;en observation&#160;»</em> un mois par les douaniers néerlandais (ce qui est par ailleurs illégal), qui considéraient que le droit des brevets avait bien été enfreints&#160;; puisque arrivaient sur le sol européen, des médicaments brevetés en Europe, alors qu’ils ne l’étaient pas en Inde et au Nigeria. Les textes d’ACTA prévoient de doter à cet effet les douanes des moyens nécessaires (c’est-à-dire de moyens énormes) pour mettre en œuvre l’ensemble de ces contrôles. Les signataires de l’accord auront pour obligation — à défaut de quoi ils seront sanctionnés — de poursuivre les auteurs <em>«&#160;de récidive d’infraction des brevets&#160;»</em> devant la justice, et de détruire les stocks de marchandise ou de les renvoyer aux expéditeurs à leur frais.</p>
<p>On imagine ainsi très bien ce que cela signifie concrètement pour les fabricants de génériques, indiens notamment. Après une série de médicaments bloqués aux frontières qui leurs seront réexpédiés, continueront-ils vraiment à exporter&#160;? À risquer des poursuites en justice&#160;? Ainsi, un des objectifs d’ACTA sur la question des médicaments est de simplement dissuader et empêcher la production et l’exportation de médicaments génériques à bas prix.</p>
<p>Pourtant, il est essentiel de rappeler à nos dirigeants, ceux qui négocient cet accord, que sans l’accès aux génériques, jamais les progrès qui ont été faits en matière d’accès aux médicaments anti-sida dans les pays du sud n’auraient pu être possible. Jamais, 3 millions de malades du sida n’auraient pu être mis sous traitement depuis les années 2000 sans une ouverture à la concurrence et la chute du prix des traitements qui en a découlé.</p>
<p>Sans les génériques, dans les années qui viennent, et en dépit des besoins évidents, jamais les séropositifs africains n’auront accès aux traitements antirétroviraux les plus récents. Il est en effet nécessaire de rappeler, qu’à cause du prix des médicaments imposés par les détenteurs de brevets, c’est-à-dire l’industrie pharmaceutique, les molécules actuellement disponibles en Afrique subsaharienne sont majoritairement des médicaments utilisés en France… il y a plus de quinze ans, et dont la toxicité est reconnue par tous.</p>
<p>Enfin, la meilleure manière de lutter contre les faux médicaments, qui tuent 6&#160;000 personnes chaque année, est de garantir un accès universel aux traitements contre les trois pandémies (sida, tuberculose, paludisme) qui tuent 15&#160;000 personnes… par jour. </p>
<p>Permettre cet accès universel en 2010, c’était ce à quoi les dirigeants des pays du G8 s’étaient engagés en 2005. Avec moins d’un tiers des séropositifs en ayant besoin ayant accès à un traitement, nous sommes loin du compte.</p>
<p>Si — contrairement à ce que soutiennent les dirigeants français — la question des médicaments n’était pas entrée par erreur dans ACTA, mais par le lobby de l’industrie pharmaceutique européenne, ce serait bel et bien une catastrophe et une véritable remise en question de l’accès aux traitements dans le monde.</p>
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		<title>Vive la mutinerie</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jun 2010 14:21:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Humeur]]></category>

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		<description><![CDATA[Enfin nous arrive quelque chose de réjouissant de l’équipe de France de football en Afrique du Sud&#160;: une révolte&#160;! ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Enfin nous arrive quelque chose de réjouissant de l’équipe de France de football en Afrique du Sud&#160;: une révolte&#160;! </div><p>Certes, on nous rétorquera qu’il s’agit de la révolte de jeunes gens perclus de fric, divisés, égoïstes, etc. Sans aucun doute. Mais il y a indéniablement quelque chose de sympathique à lire le regard de défi dans les yeux du capitaine de l’équipe de France, à voir ces joueurs engager un mouvement collectif au risque de fragiliser leur image, leur statut, leurs revenus, un mouvement de révolte, une mutinerie.</p>
<div id="attachment_1406" class="figure alignnone" style="width: 240px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2010/06/4686389422_6947d94f4e-240x240.jpg" alt="La Linea Vuvuzela" title="La Linea Vuvuzela" width="240" height="240" class="size-medium wp-image-1406" /><div class="caption"><p class="legende">La Linea Vuvuzela</p><div class="figure-description"><p><a href="http://www.flickr.com/photos/themule/4686389422/" title="La Linea Vuvuzela">Dessin</a> © <a href="http://www.flickr.com/photos/themule/">the mule in the pool</a> (Flickr).</p>
</div></div></div>
<p><em>«&#160;Une mutinerie&#160;»</em>, n’hésitent pas en effet à proclamer en boucle les médias horrifiés&#160;! Le mot lui-même dit tout&#160;: dans toute autre profession, on parlerait de grève. Mais en matière de football professionnel, visiblement, pas d’autre analogie possible que l’institution militaire. Qui ose lever le ton, refuser d’appliquer les ordres, commet le crime de lèse-majesté. Et il suffit d’entendre les protestations unanimes de tous ceux qui vivent grassement de la compétition footballistique (les cadres, les dirigeants de fédération, les commentateurs, les journalistes, les sponsors, les ministres, etc.) pour imaginer la terreur qui les saisit&#160;: et si la poule aux œufs d’or était menacée&#160;? Et si l’idée de mutinerie venait à contaminer l’ensemble des clubs de foot, pire l’ensemble du monde sportif… et, non, n’osons pas l’imaginer, la société elle-même&#160;! Que cette image d’insubordination vienne de ceux-là mêmes qu’on a porté au pinacle de la popularité, pourri de pognon, arrosé de luxe, ceux-là mêmes qui sont censés incarner la Nation, porter Le maillot — le sacro-saint maillot bleu — censés chanter en chœur la Marseillaise — vous savez, le «&#160;sang impur&#160;» — que ce soient ceux-là mêmes qui osent faire ce pied de nez à l’ensemble de la <em>nomenklatura</em>, non décidément, je n’arrive qu’à m’en réjouir.</p>
<p>Ultime ironie&#160;: voir le pauvre Domenech lire lui-même la déclaration d’indépendance des joueurs&#160;! Le général lisant lui-même le message des mutins&#160;: un rêve pour tous les soldats du monde&#160;! Certes, le général en question était bien avant cela déjà fortement discrédité… Mais la faute à qui&#160;? Si ce n’est à ceux-là mêmes qui l’avaient laissé en place alors que, visiblement, aux yeux de tous ceux qui semblent tenir des propos compétents en la matière, il n’y était pas à sa place. Il croit même me souvenir qu’à l’époque, on disait que la Fédération française de football — les vieillards cacochymes qui gouvernent ce monde — avait préféré le maintenir plutôt que de voir la glorieuse génération de 1998 menacer leur pouvoir en leur imposant l’un des leurs comme sélectionneur. Ceux-là mêmes qui ont choisi le moins compétent, parce que le moins menaçant, afin de préserver leur petit pouvoir et leurs gros avantages, voient leur revenir en boomerang leur général défait, leur propre incompétence, et cela balancé par leurs propres joueurs qui disent ainsi tout haut que le roi est nu&#160;! Décidément, et même s’il est probable que l’ordre revienne fissa tant les intérêts en jeu sont considérables — Sarko lui-même a senti le danger — ce 20 juin 2010 restera comme un jour faste.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Petite enfance&#160;: le gouvernement fait le choix d’un accueil au rabais</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1404-petite-enfance-le-gouvernement-fait-le-choix-d-un-accueil-au-rabais/</link>
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		<pubDate>Fri, 18 Jun 2010 16:43:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Najdovski</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[Malgré une forte mobilisation, le gouvernement s’entête dans la déréglementation et la déqualification du secteur de la petite enfance. Pourtant, une autre politique est souhaitable pour mieux prendre en compte les enjeux éducatifs, sociaux et économiques de ce secteur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Malgré une forte mobilisation, le gouvernement s’entête dans la déréglementation et la déqualification du secteur de la petite enfance. Pourtant, une autre politique est souhaitable pour mieux prendre en compte les enjeux éducatifs, sociaux et économiques de ce secteur.</div><p class="meta2">Par Christophe Najdovski, adjoint au maire de Paris (Les Verts).</p>
<p>Avec la parution, lundi 7 juin, du décret dit «&#160;Morano&#160;» <em>«&#160;relatif aux établissements et services d’accueil des enfants de moins de six ans&#160;»</em>, le gouvernement poursuit son entreprise de déréglementation et de déqualification du secteur de la Petite enfance au moment même où de nombreuses voix se font entendre pour souligner l’enjeu éducatif, social et même économique de l’accueil des jeunes enfants dès les premières années de la vie.</p>
<h3>Une mobilisation sans précédent</h3>
<p>Le gouvernement est donc resté sourd au vaste mouvement de protestation de ces derniers mois, inédit dans ce secteur, qui a rassemblé des professionnels (puéricultrices, auxiliaires de puériculture, éducateurs/trices de jeunes enfants, psychologues, <em>etc.</em>), des élus, des représentants d’associations professionnelles et des collectivités, des chercheurs et des parents. Des dizaines de milliers de personnes se sont ainsi mobilisées, dans toute la France, avec une certaine idée de l’intérêt des enfants et de l’intérêt général, pour tenter d’enrayer la détérioration programmée des conditions de travail et d’accueil dans les établissements d’accueil. </p>
<h3>Une politique au rabais&#160;: déqualification et déréglementation</h3>
<p>Après les déclarations tonitruantes, aujourd’hui enterrées, du président de la République sur l’instauration d’un droit de garde opposable, la baisse des normes d’accueil est donc le moyen paresseux et pernicieux qu’a trouvé le gouvernement pour multiplier des places, comme on multiplie les petits pains, des places au rabais qui introduisent la logique «&#160;low cost&#160;» dans les établissements d’accueil des jeunes enfants. Ce décret va en effet permettre un accueil en surnombre des enfants jusqu’à 120&#160;% de la capacité de l’établissement. Ce surbooking ne manquera pas d’accentuer la pression sur les personnels tandis que les enfants seront priés de se serrer comme des sardines. De plus, plutôt que de se donner véritablement les moyens de répondre à l’absurde pénurie de personnels formés aux différents métiers de la Petite enfance, le décret revoit les exigences de qualification des personnels à la baisse (la part obligatoire de personnels qualifiés dans les crèches et haltes garderies passera de 50&#160;% à 40&#160;%). Enfin, de nouvelles structures appelées jardins d’éveil sont créées&#160;: ouvertes aux enfants entre 2 et 4 ans, l’encadrement y sera moindre que dans les crèches (1 adultes pour 12 enfants contre 1 adulte pour 8 enfants) et elles seront payantes, alors que les écoles maternelles sont gratuites.</p>
<p>Mais ce décret n’est pas un acte isolé, d’autres mesures gouvernementales procèdent de cette même logique d’abaissement des normes de qualité. L’accueil à domicile n’est pas en reste. Citons la décision prise en décembre 2008<sup>[1]</sup> de permettre aux assistantes maternelles d’accueillir simultanément à leur domicile jusqu’à 4 enfants et non plus 3 enfants maximum -la sécurité des enfants est là clairement mise à mal, notamment lors des déplacements à l’extérieur en milieu urbain- et la loi qui vient d’être adoptée portant création de Maisons d’Assistantes Maternelles<sup>[2]</sup>, permettant à plusieurs assistantes maternelles, jusqu’à quatre, d’accueillir jusqu’à 16 enfants, sans projet collectif ni encadrement spécifique, à la différence de tous les modes d’accueil collectif existants. </p>
<p>Le tableau ne serait pas complet si on n’y ajoutait le refus du gouvernement, en janvier 2010, d’exclure le secteur de la petite enfance du champ de la directive européenne sur les services qui doit être transposée dans le droit national pour instaurer une mise en concurrence dans le domaine des services. Là aussi, le gouvernement est resté sourd à la vaste mobilisation des professionnels, des associations et des collectivités locales qui demandait de protéger le secteur de la petite enfance, au même titre que le service d’éducation. </p>
<p>L’ensemble de ces mesures concrétisent la volonté gouvernementale de créer des places au rabais en sacrifiant la qualité de l’accueil et en transférant une partie de la charge financière vers les familles et les collectivités locales. Elles procèdent d’une conception réduisant l’accueil des jeunes enfants à une simple garde. </p>
<h3>Une autre politique est possible</h3>
<p>Une autre approche de la politique de la petite enfance est pourtant nécessaire. Car l’enjeu est éducatif, social mais aussi économique. De nombreuses études, comme celle du prix Nobel James Heckman<sup>[3]</sup>, sont venues confirmer que les capacités d’un individu à s’insérer socialement et à acquérir une qualification sont largement déterminées par sa petite enfance et que les actions d’éveil menées dans les crèches collectives permettent de lutter contre les inégalités sociales. De plus, l’absence de solution satisfaisante d’accueil des enfants est un facteur important d’éloignement des femmes du marché du travail, elle est même destructrice d’emplois. Les chercheurs Eric Maurin et Delphine Roy estiment que 100&#160;000 places de crèches permettent, à l’inverse, de préserver 15&#160;000 emplois et concluent que la création de places en crèches est économiquement rentable<sup>[4]</sup>.</p>
<p>Une autre politique de la petite enfance est possible. Des collectivités locales ont fait le choix d’un investissement massif en faveur du développement de l’offre d’accueil sans rogner sur la qualité. Ainsi, à Paris, en dépit des contraintes financières et foncières, plus de 10 000 places seront créées sur la période 2001–2014, portant le niveau d’accueil en structure collective à plus de 50&#160;% des enfants de moins de trois ans (contre 10&#160;% au niveau national).</p>
<p>Des mesures sont également prises en matière d’accueil à domicile, pour former des auxiliaires parentales et créer un label de qualité.</p>
<p>De plus, la Ville de Paris a pris l’initiative en 2008 d’une convention tripartite avec la Région et l’Académie de Paris pour augmenter le nombre de personnels formés aux métiers de la Petite enfance, faciliter les recrutements et contribuer à sortir de cette situation paradoxale de déficit de personnels formés alors que le chômage fait rage, en particulier chez les jeunes. </p>
<p>Au niveau national, les besoins en matière d’accueil des enfants de moins de trois ans sont évalués à une fourchette comprise entre 300&#160;000 et 500&#160;000 places. Nous appelons donc à un véritable « plan Marshall&#160;» de développement de l’accueil collectif, auquel une nouvelle majorité présidentielle et parlementaire devrait s’atteler dès 2012, pour initier d’autres choix que ceux pris actuellement.</p>
<p>Nous proposons une politique progressiste qui garantit l’égalité femmes-hommes, car aujourd’hui ce sont les femmes qui cessent leur activité professionnelle lorsqu’il n’y a pas de solution d’accueil pour leur enfant, une politique qui assure l’égalité des chances pour les enfants, la période de la prime enfance étant déterminante pour leur développement.</p>
<h3>La petite enfance, première marche du système éducatif</h3>
<p>De même, l’expérience de certains pays scandinaves doit nous inspirer&#160;: la petite enfance y est considérée comme la première marche du système éducatif. Ce système qui investit le plus dans l’éducation dès la petite enfance est celui qui bénéficie des meilleures comparaisons internationales tout au long de la chaîne éducative. La Suède et la Norvège ont d’ailleurs transféré la responsabilité de l’accueil de la petite enfance du ministère des affaires sociales vers le ministère de l’éducation.</p>
<p>Autre mesure exemplaire&#160;: les deux parents peuvent se partager un congé parental d’un an au Danemark et de 16 mois en Suède, congés convenablement rémunérés, relayés ensuite par un dispositif garantissant à chacun et chacune un mode d’accueil pour son enfant. </p>
<p>Il serait temps que nos dirigeants politiques nationaux suivent ces exemples. Nous n’en prenons hélas pas le chemin. Il appartient donc aux forces progressistes de notre pays de proposer une alternative crédible avec la perspective pour la prochaine législature d’un véritable service public de la petite enfance.<br />
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1404" class="footnote">Loi n<sup>o</sup>&#160;2008-1330 du 17 décembre 2008 de financement de la sécurité sociale pour 2009</li>
<li id="footnote_1_1404" class="footnote">Proposition de loi n<sup>o</sup>&#160;109, adoptée définitivement le 27 mai 2010, relative à la création des maisons d’assistants maternels et portant diverses propositions relatives aux assistants maternels</li>
<li id="footnote_2_1404" class="footnote"><em>«&#160;Skill Formation and the Economics of Investing in Disadvantaged Children&#160;»</em>, Science, juin 2006, (cité par Thibault Gajdos).</li>
<li id="footnote_3_1404" class="footnote"><em>«&#160;L’effet de l’obtention d’une place en crèche sur le retour à l’emploi des mères et leur perception du développement des enfants&#160;»</em>, Cepremap, mai 2008.</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>Des élections qui se suivent et se ressemblent…</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1401-des-elections-qui-se-suivent-et-se-ressemblent/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 15:50:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Serne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Édito du mardi]]></category>

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		<description><![CDATA[Résultats et analyse des élections législatives de 2010 en Belgique et aux Pays-bas.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Résultats et analyse des élections législatives de 2010 en Belgique et aux Pays-bas.</div><p>La semaine qui vient de s’écouler a vu deux élections nationales anticipées se tenir en Europe du Nord, aux Pays-Bas le 9 juin et en Belgique le 13.</p>
<p>Dans les deux cas, assez similaires à bien des égards, une confirmation&#160;: la relative bonne tenue des écologistes dans un contexte global de progression de la droite (dans la continuité des élections récentes en Grande-Bretagne, Hongrie ou encore Slovaquie).</p>
<p>Dans les deux cas, ces élections législatives se font avec un scrutin proportionnel. Avec un réel émiettement des forces en présence, renforcé en Belgique par l’effet du double système partisan francophone et flamand.</p>
<p>Dans les deux cas, ces élections législatives se font avec un scrutin proportionnel en présence de nombreux partis — surtout en Belgique avec le double système partisan francophone et flamand — dont découle un fractionnement important des voix et des sièges.</p>
<div id="attachment_1402" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2010/06/2075779948_0fb46efeaa.jpg" alt="« My impression of the Belgian crisis. »" title="Fragile" width="500" height="310" class="size-full wp-image-1402" /><div class="caption"><p class="legende">« My impression of the Belgian crisis. »</p><div class="figure-description"><p><a href="http://www.flickr.com/photos/vstrash/2075779948/"><em>Fragile</em></a>, <a href="http://www.flickr.com/photos/vstrash/">Tom Leuntjens</a>, Gand (Belgique), 2007.</p>
</div></div></div>
<p>Le principal élément qui ressort de ces élections est donc plutôt un virage global à droite et notamment vers une droite populiste dure. Si en Wallonie la gauche sort plutôt renforcée avec un PS remonté au-delà des 30&#160;%, le coup de tonnerre que représente la 1<sup>ère</sup> place en Flandre (et dans le pays) pour le nouveau parti populiste et indépendantiste (Nouvelle Alliance Flamande NVA) de Bart de Wever marque plutôt un succès de la droite en Belgique (malgré la défaite assez nette des partis de droite classique ou centriste). Au final d’ailleurs cela pourrait assez probablement aboutir, joies du système politique belge, à donner au pays un premier ministre socialiste et francophone (pour la première fois depuis 1974)… On peut cependant noter que le raz-de-marée des nationalistes flamands se fait en partie au détriment de la droite libérale et surtout du Vlaams Belang (l’extrême-droite flamande qui perd une bonne part de son poids par rapport à 2007). Les écologistes sortent plutôt renforcés de ces élections belges, Groen étant le seul parti à résister à la vague NVA en Flandres (gagnant un siège à la Chambre) tandis que, malgré les progrès fort du PS francophone, Ecolo se maintient à ses hauts niveaux de 2007 (sans toutefois rééditer ses excellents scores de l’an passé aux européennes ou encore des dernières régionales).</p>
<p>Aux Pays-Bas, le raz-de-marée annoncé il y a encore quelques semaines en faveur de l’extrême-droite populiste et xénophobe du Parti de la Liberté (PVV) de Geert Wilder a été en partie endigué. Ce mouvement récent arrivant cependant 3<sup>e</sup> dans les votes et triplant quasiment sa représentation au Parlement. Mais c’est la droite libérale qui fait figure de grand vainqueur en arrivant en tête pour la première fois depuis des décennies. Le Parti travailliste fait quant à lui plus que bonne figure, les Verts de GroenLinks et les libéraux progressistes de D66 progressant nettement et les grands perdants étant finalement les conservateurs du Premier ministre sortant. Résultats plus complexes qu’il n’y paraît de prime abord donc, avec là encore un fort fractionnement partisan et des possibilités de coalition multiples. </p>
<p>Ces élections ne manquent pas de paradoxes, le moindre n’étant pas que les coalitions qui en sortiront comprendront très probablement (au vu des premières discussions engagées) et socialistes et verts (ces derniers étaient dans l’opposition dans les deux pays à ce jour) et seront du même coup peut-être plus marquées à gauche que celles qui quittent le pouvoir… Le fait est que les électeurs semblent vouloir à la fois voter plutôt à droite (et une droite plutôt dure et populiste) mais pas pour celle qui était au pouvoir…</p>
<h3>Détail des résultats</h3>
<h4>En Belgique</h4>
<p>Partis néerlandophones <strong>en gras</strong>.</p>
<div class="figure">
<table border="0" cellspacing="0">
<tbody>
<tr>
<th>Parti</th>
<th>Résultat 2010 (2006)</th>
<th>Sièges 2010 (2006)</th>
</tr>
<tr class="alt strong">
<td>Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA)</td>
<td>17,4 % (—)</td>
<td>27 (—)</td>
</tr>
<tr>
<td>Parti socialiste (PS)</td>
<td>13,71 % (+2,84)</td>
<td>26 (+6)</td>
</tr>
<tr class="alt strong">
<td>Christen-Democratisch en Vlaams  (CD&#038;V)</td>
<td>10,85 % (—)</td>
<td>17 (—)</td>
</tr>
<tr>
<td>Mouvement réformateur (MR)</td>
<td>9,28 % (-3,24)</td>
<td>18 (-5)</td>
</tr>
<tr class="alt strong">
<td>Socialistische Partij Anders (sp.a)</td>
<td>9,24 % (-1,02)</td>
<td>13 (-1)</td>
</tr>
<tr class="strong">
<td>Open Vlaamse Liberalen en Democraten (Open VLD)</td>
<td>8,64 % (-3,19)</td>
<td>13 (-5)</td>
</tr>
<tr class="alt strong">
<td>Vlaams Belang</td>
<td>7,76 % (4,23)</td>
<td>12 (-5)</td>
</tr>
<tr>
<td>Centre démocrate humaniste (cdH)</td>
<td>5,53 % (-0,53)</td>
<td>9 (-1)</td>
</tr>
<tr class="alt">
<td>Ecolo</td>
<td>4,8 % (-0,31)</td>
<td>8 (0)</td>
</tr>
<tr class="strong">
<td>Groen!</td>
<td>4,38 % (+0,4)</td>
<td>5 (+1)</td>
</tr>
<tr class="alt strong">
<td>Lijst Dedecker (LDD)</td>
<td>2,31 % (-1,72)</td>
<td>1 (-4)</td>
</tr>
<tr>
<td>Parti populaire (PP)</td>
<td>1,29 % (+1,29)</td>
<td>1 (+1)</td>
</tr>
<tr class="alt">
<td>Autres</td>
<td>4,84 % (—)</td>
<td>0 (—)</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<div class="caption">
<p class="legende">Résultats des élections législatives fédérales belges de 2010</p>
</div>
</div>
<h4>Aux Pays-Bas</h4>
<div class="figure">
<table border="0" cellspacing="0">
<tbody>
<tr>
<th>Parti</th>
<th>Résultat 2010 (2006)</th>
<th>Sièges 2010 (2006)</th>
</tr>
<tr class="alt">
<td>Parti populaire libéral et démocrate (VVD)</td>
<td>20,4 % (+5,7)</td>
<td>31 (+9)</td>
</tr>
<tr>
<td>Parti du travail (PvdA)</td>
<td>19,6 % (-1,6)</td>
<td>30 (-3)</td>
</tr>
<tr class="alt">
<td>Parti pour la liberté (PVV)</td>
<td>15,5 % (+9,6)</td>
<td>24 (+15)</td>
</tr>
<tr>
<td>Appel démocrate-chrétien (CDA)</td>
<td>13,7 % (-12,8)</td>
<td>21 (-20)</td>
</tr>
<tr class="alt">
<td>Parti socialiste (SP)</td>
<td>9,9 % (-6,7)</td>
<td>15 (-10)</td>
</tr>
<tr>
<td>Démocrates 66 (D66)</td>
<td>6,9 % (+4,9)</td>
<td>10 (+7)</td>
</tr>
<tr class="alt">
<td>Gauche verte (GL)</td>
<td>6,6 % (+2)</td>
<td>10 (+3)</td>
</tr>
<tr>
<td>Union chrétienne (CU)</td>
<td>3,3 % (-0,7)</td>
<td>5 (-1)</td>
</tr>
<tr class="alt">
<td>Parti politique réformé (SGP)</td>
<td>1,8 % (+0,2)</td>
<td>2 (—)</td>
</tr>
<tr>
<td>Parti pour les animaux (PvdD)</td>
<td>1,3 % (-0,5)</td>
<td>2 (—)</td>
</tr>
<tr class="alt">
<td>Autres</td>
<td>1,1 % (—)</td>
<td>0 (—)</td>
</tr>
</tbody>
</table>
<div class="caption">
<p class="legende">Résultats des élections législatives néerlandaises de 2010</p>
</div>
</div>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Des compteurs intelligents oui, mais dans la transparence et la concertation</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1400-des-compteurs-intelligents-oui-mais-dans-la-transparence-et-la-concertation/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Jun 2010 07:10:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[Le vieux compteur d’électricité bleu et plombé est une espèce en voie de disparition. En application d’une directive européenne, 80&#160;% de la population doit être équipée de compteurs intelligents d’ici 2020.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Le vieux compteur d’électricité bleu et plombé est une espèce en voie de disparition. En application d’une directive européenne, 80&#160;% de la population doit être équipée de compteurs intelligents d’ici 2020.</div><p class="meta2">Ces outils de comptage et de mesure évolués sont un élément clé de la maîtrise de la consommation énergétique. Ils vont permettre aux clients finaux d’avoir individuellement et en temps réel toutes les informations nécessaires pour réguler leur consommation et diminuer leur facture. Des études pilotes ont montré qu’ils peuvent engendrer entre 5&#160;% et 15&#160;% de réduction de consommation d’électricité dans les ménages. Erdf teste actuellement un compteur dit intelligent «&#160;<em>Linky</em>&#160;». Mais loin d’être la meilleure solution, il peut même être considéré comme un frein aux politiques de maîtrise de l’énergie. En plus, en ne testant que cet unique modèle, Erdf contraint le choix à cette technique. Pour autant, lors de la renégociation du contrat de concession de son réseau de distribution d’électricité, la Ville de Paris, propriétaire des compteurs, a obtenu d’Erdf l’introduction de systèmes plus performants, compatibles avec sa politique de maîtrise des consommations énergétiques.</p>
<p class="meta2"><strong>Par Denis Baupin, maire-adjoint de Paris, en charge du développement durable, de l’environnement et du Plan Climat et Hélène Gassin, Vice-Présidente Europe Écologie du conseil régional d’Île-de-France .</strong></p>
<p>Un quotidien du matin a, le 9 juin, ouvert ses pages sur un dossier portant sur les futurs compteurs électriques. Les informations publiées sont inquiétantes mais ne doivent pas conduire à jeter le bébé avec l’eau du bain&#160;: les compteurs intelligents restent indispensables, pour autant qu’on ouvre vraiment le débat dans la transparence.</p>
<p>En effet, économiser l’énergie est aujourd’hui reconnu par tous comme un enjeu majeur. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne la «&#160;pointe&#160;» hivernale de consommation électrique de début de soirée. La priorité donnée au chauffage électrique depuis des décennies par les producteurs électriques — et ce afin de justifier la surproduction nucléaire — se retourne aujourd’hui contre leurs auteurs&#160;: incapables de faire face à la demande, ils sont alors obligés de faire appel aux centrales électriques les plus émettrices de gaz à effet de serre.</p>
<p>L’une des réponses au gaspillage énergétique passe par la maîtrise des consommations, et par la responsabilisation des usagers, particuliers et entreprises, à condition de leur donner les moyens d’agir. C’est pourquoi la mise en place de réseaux et compteurs intelligents constitue une piste essentielle d’avenir.</p>
<p>Pour autant, force est de constater que la méthode retenue, basée sur l’absence de discussion préalable des choix, de concertation sur les priorités, et de transparence dans la mise en œuvre s’apparente plus au passage en force — coutumier de ce secteur industriel — qu’à une évolution positive parce que portée par l’ensemble des acteurs.</p>
<p>Il n’est pas trop tard pour rectifier le tir. Pour que ce chantier majeur (de plusieurs milliards d’euros) réussisse, il est plus que temps d’ouvrir une véritable concertation qui réunisse non seulement les acteurs de la filière mais aussi les usagers, les associations, et évidemment les collectivités locales propriétaires des réseaux de distribution et appelées à mettre en œuvre des «&#160;plans climat&#160;» et d’économies d’énergie.</p>
<p>Vu l’ampleur du chantier, nous n’avons pas le droit d’échouer. Le modèle de compteur lui-même doit faire l’objet de la concertation, tant «&#160;<em>Linky</em>&#160;» n’apparaît pas aujourd’hui à la hauteur de l’enjeu, notamment par son manque de modularité, et le manque de précision du «&#160;pas de temps&#160;» choisi. C’est notamment ce qui a amené la Ville de Paris à inscrire dans sa nouvelle convention avec Erdf&#160;: <em>«&#160;le renouvellement du parc de compteurs est une étape essentielle de l’évolution du réseau de distribution vers un réseau intelligent […] Le cahier des charges devra au vu des modalités retenues servir le double objectif de maîtrise renforcée de la consommation d’énergie chez les usagers et de pilotage en réseau intelligent, en prévoyant notamment un dispositif de mesure et de communication des courbes de charge au pas de temps le plus fin techniquement envisageable […]&#160;»</em>.</p>
<p>La révolution énergétique est en marche partout dans le monde. Il est plus que temps que la France rattrape le train en marche.</p>
<p><strong>À voir aussi</strong> : <a href="http://ecolosphere.net/archives/1347-copenhague-commence-ici/">«&#160;Copenhague commence ici&#160;»</a> (sur <a href="http://ecolosphere.net">ecolosphere</a>), <a href="http://www.dailymotion.com/video/xblp8w_denis-baupin-reseau-electrique-et-p_news">«&#160;Denis Baupin: réseau électrique et plan climat&#160;»</a> (Vidéo <a href="http://www.energie2007.fr/">Énergie2007.fr</a>), <a href="">«&#160;Concessions de distribution électrique à ERDF : Retours sur l’expérience parisienne par Denis Baupin et Hélène Gassin&#160;»</a>.</p>
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		<title>Un Vert au second tour !</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jun 2010 14:35:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Sergio Coronado</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Édito du mardi]]></category>

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		<description><![CDATA[Avec 21,5&#160;% des voix, le candidat des Verts Antanas Mockus sera présent au second tour des élections présidentielles en Colombie face au candidat de la majorité présidentielle Juan Manuel Santos (46,5&#160;%). Dans un climat violent et politiquement très clivé, ce succès encourageant du jeune parti écologiste ouvre de nouvelles perspectives à la Colombie. Décryptage.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Avec 21,5&#160;% des voix, le candidat des Verts Antanas Mockus sera présent au second tour des élections présidentielles en Colombie face au candidat de la majorité présidentielle Juan Manuel Santos (46,5&#160;%). Dans un climat violent et politiquement très clivé, ce succès encourageant du jeune parti écologiste ouvre de nouvelles perspectives à la Colombie. Décryptage.</div><p class="meta2">Par Sergio Coronado, responsable des Verts français, doctorant à l’Université Externado de Bogota.</p>
<p>Le premier tour des élections présidentielles colombiennes a eu lieu le 30 mai 2010. Les résultats ont confirmé l’ancrage politique et électoral de la politique de <em>« sécurité démocratique&#160;»</em> de l’actuel président Alvaro Uribe, fondée sur la guerre sans fin contre les guérillas, les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) principalement, mais ils ont aussi mis en évidence une autre réalité. Celle d’une crise profonde des partis. Le Parti libéral et le Parti conservateur, qui avaient depuis le XIX<sup>e</sup> siècle structuré la vie publique nationale, semblent désormais faire de la figuration. C’est un candidat présenté par le jeune parti Vert que les Colombiens ont choisi pour affronter au second, le 20 juin prochain, Juan Manuel Santos, ancien ministre de la défense et candidat de la majorité gouvernementale.</p>
<div id="attachment_1399" class="figure alignnone" style="width: 240px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2010/06/4523605909_643be5666f-240x240.jpg" alt="Bogotá, 2010." title="Mockus" width="240" height="240" class="size-medium wp-image-1399" /><div class="caption"><p class="legende">Bogotá, 2010.</p><div class="figure-description"><p><a href="http://www.flickr.com/photos/torresdeplata/4523605909/">Mockus</a> – Photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/torresdeplata/">Miguel José Torres Plata</a></p>
</div></div></div>
<p>Antanas Mockus fut maire de Bogota à deux reprises, après avoir été recteur de l’Université nationale. Ce philosophe et mathématicien francophone, d’origine lituanienne, s’est imposé face à deux autres anciens maires de la capitale, Enrique Peñalosa et Lucho Garzon, lors de primaires, qui ont attiré presque deux millions d’électeurs.</p>
<p>Ces trois anciens maires de Bogota ont, en début d’année, décidé de s’unir au jeune parti écologiste, créant une dynamique sans précédent dans l’opinion. Dix ans après Ingrid Betancourt, cette organisation a choisi le Vert et l’écologie pour marquer son refus du système politique traditionnel, sa volonté de s’affranchir des clivages établis, et parfois artificiels, et s’extraire d’un débat politique polarisé à l’extrême. Au regard de l’orthodoxie environnementale, la parenté avec l’écologie paraît lointaine. Pas d’avantage en fait que dans le cas de l’ancienne otage franco-colombienne. Une filiation fragile mais qui a du sens dans un pays en conflit.</p>
<p>Sortir de la guerre est ici un préalable pour mettre en place des politiques publiques. Le territoire demeure rongé par la violence, les outils administratifs corrompus, et la drogue et le paramilitarisme ont élargi leur influence au cœur même de l’État.</p>
<h3>Des résultats électoraux encourageants&#160;!</h3>
<p>Le 14 mars dernier, les Verts colombiens ont réussi à décrocher lors des élections législatives neuf parlementaires. Avant le premier tour de l’élection présidentielle, les sondages donnaient Antanas Mockus au coude-à-coude avec le favori Juan-Manuel Santos. Si le résultat ne correspond pas aux sondages, il n’en reste pas moins un succès. En deux mois, les Verts sont devenus la deuxième force du pays, et bénéficient d’une côte de popularité impressionnante dans la jeunesse, étudiante notamment, et d’un fort taux d’adhésion.</p>
<p>C’est aussi la première fois qu’un candidat écologiste se retrouve au second tour d’une élection présidentielle.</p>
<p>Son attachement à l’éthique, son légalisme dogmatique, sa probité ont été les principaux thèmes de sa campagne. Son alliance avec les anciens maires de Bogota et aujourd’hui avec l’ancien maire de Medellin, Sergio Fajardo, son vice-président, a incarné son respect du pluralisme politique et une capacité gestionnaire incontestable. Ces caractéristiques pourraient paraître insuffisantes dans un autre contexte. En Colombie, elles redéfinissent un projet démocratique, basé sur un État impartial, le respect des lois et du pluralisme politique, alors même que la guerre a colonisé la politique. Il est certes peu probable que le candidat des Verts triomphe au soir du second tour, mais apparaître comme l’alternative la plus sérieuse à une politique qui n’a comme perspective que la fureur des armes est déjà un succès.</p>
<h3>Des grands défis à relever</h3>
<p>L’ingénierie politique montée à la hâte, qui a fait de Mockus la vedette de la campagne et permis que les Colombiens renouent avec l’espoir de transformer un jour leur pays en véritable démocratie, doit désormais faire ses preuves dans la durée. Être capable de rassembler les acteurs, politiques et sociaux, est une nécessité car l’opinion ne permet pas à elle seule d’ancrer un électorat et de construire durablement une alternative. Tisser des alliances politiques et programmatiques à vocation majoritaire est un défi lorsque l’on doit son succès au rejet des partis politiques. Il faut en effet que le parti Vert se définisse mieux, et dise avec qui et comment il souhaite construire un projet majoritaire.</p>
<p>L’absence d’accord avec la gauche est de ce point de vue une difficulté avant le second tour. Il faut se sentir fort et clair sur ses positions pour être capable de s’unir. Le temps presse.</p>
<p>Définir un projet écologiste de transformation est un défi, ici et là-bas. En Colombie plus qu’ailleurs, c’est écologie ou barbarie&#160;!</p>
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		<title>L&#8217;écologie du noir</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1396-l-ecologie-du-noir/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Jun 2010 12:08:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Livres et Revues]]></category>

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		<description><![CDATA[À propos d’Annie Le Brun, <em>«&#160;Si rien avait une forme, ce serait cela&#160;»</em>, Paris, Gallimard, 2010.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">À propos d’Annie Le Brun, <em>«&#160;Si rien avait une forme, ce serait cela&#160;»</em>, Paris, Gallimard, 2010.</div><p>Voilà un livre singulier. Ou, plutôt, voilà un livre «&#160;au singulier&#160;» tellement il semble refléter la personnalité de son auteure. Depuis une quarantaine d’années, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Annie_Le_Brun">Annie Le Brun</a> suit les lignes de fuite de la liberté de pensée qu’elle a choisies et vagabonde sur des territoires d’une intelligence oubliée. Avec <em>«&#160;Si rien avait une forme, ce serait cela&#160;»</em>, elle reprend plusieurs thèmes qu’elle a travaillés précédemment, et nous offre non pas une simple mise en cohérence mais plutôt une mise en résonance de ses réflexions précédentes. Approfondissant son brillant travail sur les œuvres de Sade (<em>«&#160;Soudain un bloc d’abîme, Sade&#160;»</em>) ou le roman «&#160;gothique&#160;» (<em>«&#160;Les Châteaux de la subversion&#160;»</em>), Annie Le Brun développe ici son concept de <em>noir</em>, cette béance que nous portons toutes et tous au creux de nos intériorités et qui ouvre vers notre part d’inhumanité.</p>
<div id="attachment_1397" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2010/06/annie-lebrun-rien.jpg" alt="Annie Le Brun, « Si rien avait une forme, ce serait cela », Paris, Gallimard, 2010." title="Annie Le Brun" width="500" height="300" class="size-full wp-image-1397" /><div class="caption"><p class="legende">Annie Le Brun, « Si rien avait une forme, ce serait cela », Paris, Gallimard, 2010.</p></div></div>
<p>Le divin Marquis est évidemment le meilleur guide pour nous faire approcher cette dimension de l’intériorité humaine, mais l’ouvrage s’attache à montrer que d’autres ont également trouvé ce chemin vers la «&#160;sauvagerie&#160;» au cœur de l’humanité. Mais, et c’est tout le propos de ce nouveau livre, Annie Le Brun souligne combien toute la culture occidentale, au moins depuis le traumatisme du tremblement de terre de Lisbonne de 1755, n’a eu de cesse d’occulter ce <em>noir</em>, de l’édulcorer et de nier sa radicalité. Dans des pages brillantes, l’auteure montre comment Hegel aperçoit le <em>noir</em> au fond des yeux de chaque humain mais, finalement, s’en détourne et élabore un subtil concept de négativité capable de se changer en positivité. C’est l’histoire de cette substitution qu’Annie Le Brun esquisse dans cet essai.</p>
<p>Cette histoire est évidemment passionnante, et le subtil démontage de quelques idoles de la modernité (Blanchot, Heidegger, Hölderling…) que pratique Annie Le Brun est plus que revigorant, mais ce qui nous intéressera surtout ici c’est la façon dont l’auteure articule cette critique dans le champ culturel avec une critique plus générale de l’imaginaire occidental. Car ce qui occulte le <em>noir</em> en art, c’est la raison technicienne, la même qui est au fondement de toute la pensée «&#160;progressiste&#160;». Cette raison technicienne est l’élément structurant du débat entre les Anciens et les Modernes mais, pour Annie Le Brun, ce débat est tronqué. Il doit être complexifié en réintroduisant un troisième terme&#160;: les <em>Sauvages</em>. Car si le <em>noir</em> ouvre bien une porte, c’est celle de la sauvagerie au sens d’une sortie de la pure raison au profit d’un retour de la sensibilité. Cette sensibilité critique, cette réconciliation avec la vie en ce qu’elle a «&#160;d’insensée&#160;», s’est exprimée de nombreuses fois au cours de l’histoire de la pensée occidentale mais elle a toujours été occultée par la raison technicienne et sa perpétuelle recherche de sens. Et nous payons aujourd’hui le prix de cette occultation.</p>
<p><em>«&#160;Alors pourquoi, jusqu’à aujourd’hui, continue-t-on de faire comme si “rien” ne s’était opposé au cynisme de la raison technicienne&#160;? Pourquoi, alors même que notre époque commence à voir dans quelle prison imaginaire le progressisme technologique nous détient depuis si longtemps, continue-t-on d’ignorer, proches ou lointaines, les forêts de signes, les mines de lumière et les jungles de rêves d’où, depuis toujours, l’insoumission sensible imagine les plus folles évasions&#160;?&#160;»</em> (p.&#160;107).</p>
<p>Avec ses concepts de <em>noir</em>, de <em>sauvagerie</em> et de <em>sensibilité critique</em>, c’est bien à une urgente décolonisation de notre imaginaire qu’Annie Le Brun nous invite. Travaillant au plus profond de la matière de nos représentations collectives, elle ouvre des perspectives d’une sortie de notre modernité qui éviterait d’être une régression. Laisser de nouveau s’exprimer la part sauvage de l’humanité, ce n’est évidement pas retourner à une forme archaïque de barbarie. C’est, au contraire, quitter la barbarie moderne pour cultiver, éduquer et affiner sa sensibilité aux autres et au monde. C’est redonner la place qu’ils méritent aux signes qui échappent à la raison mais font vivre l’imagination. C’est libérer la culture de l’emprise de la technique et combler le fossé que la raison a creusé entre l’humanité et la vie. En ce sens, le dernier ouvrage d’Annie Le Brun est vraiment un grand livre d’écologie intellectuelle.</p>
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		<title>Des dépenses publiques qui plombent vraiment</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1394-des-depenses-publiques-qui-plombent-vraiment/</link>
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		<pubDate>Tue, 01 Jun 2010 13:36:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ben Cramer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Édito du mardi]]></category>

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		<description><![CDATA[À l’heure de l’austérité, à l’heure où le mot d’ordre <em>«&#160;se serrer la ceinture&#160;»</em> paraît obscène aux démunis et autres précaires, pourquoi parle-t-on si peu des dépenses publiques que sont les dépenses militaires&#160;?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">À l’heure de l’austérité, à l’heure où le mot d’ordre <em>«&#160;se serrer la ceinture&#160;»</em> paraît obscène aux démunis et autres précaires, pourquoi parle-t-on si peu des dépenses publiques que sont les dépenses militaires&#160;?</div><p>Le sujet a été effleuré avec la faillite grecque. À ce propos, Alain Lamassoure, qui préside la commission des budgets du Parlement européen, déclarait le 10 mai&#160;: <em>«&#160;Nous devrions cesser le gaspillage énorme que nous faisons dans le domaine militaire&#160;; nous n’avons plus d’ennemis mais nous finançons 27 armées et 2 millions d’hommes sous l’uniforme&#160;»</em>. Le sujet est suffisamment escamoté pour qu’on s’y arrête. Objectif&#160;: revoir à la baisse les capacités de défense (militaire) sans compromettre le niveau de vie du citoyen, ni sa sécurité.</p>
<div id="attachment_1395" class="figure alignnone" style="width: 500px"><img src="http://ecolosphere.net/wp-content/uploads/2010/06/3276818122_ed1cb07136.jpg" alt="BrickCon, Seattle, 2008." title="BrickArms Army" width="500" height="334" class="size-full wp-image-1395" /><div class="caption"><p class="legende">BrickCon, Seattle, 2008.</p><div class="figure-description"><p><em><a href="http://www.flickr.com/photos/30238123@N06/3276818122">BrickArms Army</a></em>, photo © <a href="http://www.flickr.com/photos/30238123@N06/">ratty2austin</a> (Flickr).</p>
</div></div></div>
<h3>Les taxations sur les systèmes d’armes</h3>
<p>Au-delà des bricolages, des hausses de TVA, de la réduction des salaires des fonctionnaires, que faire&#160;? À quel contribuable va-t-on faire croire que régler le déficit de l’État passe par l’allongement de la retraite&#160;? Cette économie (1 milliard d’euros) représente moins de la moitié du coût d’une centrale de 3<sup>e</sup> génération ou EPR, la moitié des dépenses spatiales de défense (pour 2008), et 3 fois moins que le coût d’un sous-marin nucléaire de nouvelle génération. On reparle de taxations sur les transactions financières, comme à l’époque du sommet d’Évian de 2003 lorsque le réseau ATTAC proliférait et ouvrait des antennes de par le monde. Mais puisqu’une taxation sur le trafic illégal des armes (de petit calibre) n’a accouché que d’une taxe sur …les billets d’avions, autant prendre les devants et prôner une taxation des productions d’armements. Le fonds ainsi créé pourrait pallier aux retombées d’une halte à la croissance qui frapperait le complexe militaro-scientifique déchaîné et consoler les amoureux des commissions occultes style Karachi. Autre perspective&#160;: le plafonnement des dépenses militaires. Qu’il soit ou non inscrit dans la Constitution, peu importe. Il est appliqué dans un pays comme le Japon et limité à 1&#160;% (depuis 1967).</p>
<h3>Les Détournement de fonds inavoués</h3>
<p>La hantise d’une croissance exponentielle des dépenses militaires, un secteur aussi peu transparent que celui des stupéfiants et qui est considéré comme <em>«&#160;sacré&#160;»</em>, donc au-delà de toute retouche…ou toute remise en question, mérite la vigilance de tous les instants. D’ailleurs, dès l’avènement de l’ONU, l’article 26 de la Charte invitait déjà les États à <em>«&#160;ne détourner vers les armements que le minimum des ressources humaines  et économiques du monde&#160;»</em>. Au nom du maintien de la paix et de la sécurité. Cette conception de la sécurité n’est pas politiquement correcte à Athènes ou Paris, et pourtant, la sécurité englobe la prévention des faillites, des séismes qu’on aurait de la peine à colmater avec quelques 27 millions d’euros débloqués par Bruxelles pour célébrer l’année 2010, <em>année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale</em>. La sécurité non maîtrisée aboutit à des tragédies que l’Europe a eu le temps d’oublier, ou d’exporter, avec son lot d’émeutes et de bains de sang.</p>
<h3>Les militaires au secours du social</h3>
<p>Plutôt que de soutenir des monnaies avec des mesures cosmétiques et d’autres béquilles bancaires, pourquoi ne pas investir dans une politique sociale&#160;? Qu’est ce qu’on attend&#160;? Ironie de l’histoire, cette démarche en faveur d’un fonds social va être audible à partir du moment où elle sera préconisée par les forces armées elles-mêmes. Ceux qui vont plaider le mieux le feront tout simplement au nom de la sécurité. Eh oui. Les sceptiques feront valoir que les militaires ne sont pas plus vertueux que d’autres catégories professionnelles&#160;; ils ajouteront (sous forme de boutade&#160;?) que les militaires ne sont pas formatés pour voir en chaque spéculateur et autre trader un «&#160;terroriste&#160;»  potentiel, susceptible de porter atteinte aux «&#160;intérêts vitaux&#160;» de telle ou telle nation. Toutefois, sur <em>«&#160;les 2 millions d’hommes (et de femmes) sous uniforme&#160;»</em> (dixit Lamassoure), un certain nombre d’entre eux pourraient bien se dire qu’ils n’ont pas obligation, ni vocation à en découdre et dégainer leur armes, demain, sur des foules désarmées manifestant leur ras-le-bol.</p>
<p>Les remarques de M. Lamassoure ne sont pas dénuées de fondement, malgré les omissions, notamment sur les dépenses nucléaires qui ont plombé le budget de la France dans les domaines tels que l’enseignement, la recherche civile et la santé (avec 50&#160;% du budget de la défense dans les années 60). En effet, dépenser 220 milliards quand on n’a plus d’ennemi, c’est un peu jeter l’argent par les fenêtres. Un peu beaucoup. Mais enfin, dans la cacophonie ambiante des donneurs de leçons, les uns élèveront la voix pour désigner et dénoncer le gaspillage des autres, soit en pariant sur des restructurations qui rentabiliseront les destructions, soit en misant sur la privatisation du service (public) de la sécurité&#160;; d’autres se chargeront de ‘nous’ dénicher de nouveaux ennemis<sup>[1]</sup>, à la fois pour justifier les dépenses dites incompressibles et pour dénaturer les activités militaires en les assimilant à des opérations de pacification policière.</p>
<p>Tout, tout sera tenté et argumenté, plutôt que de sanctionner les États qui vivent au-dessus de leurs moyens militaires.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1394" class="footnote"><em>«&#160;L’existence d’une menace extérieure à laquelle il est ajouté foi est, par conséquent, essentielle à la cohésion sociale aussi bien qu’à l’acceptation d’une autorité politique&#160;»</em>, de J.K. Galbraith dans <em>La Paix Indésirable&#160;? Rapport sur l’utilité des guerres</em>, ed. Calmann-Lévy, Paris, 1968.</li>
</ol>
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		</item>
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		<title>Vers le retour du « Glass Steagal Act »</title>
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		<pubDate>Fri, 28 May 2010 17:09:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Morel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[Barack Obama vient de proposer de revenir aux principes du «&#160;Glass Steagal Act&#160;» de 1933 qui avait été supprimé en 1999. Explications.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Barack Obama vient de proposer de revenir aux principes du «&#160;Glass Steagal Act&#160;» de 1933 qui avait été supprimé en 1999. Explications.</div><p>Le Glass Steagal Act portait sur la réglementation de l’activité des banques en séparant l’activité de banque de dépôts de  l’activité de banque d’investissement.</p>
<p>Je vais ici essayer de parler de la réglementation bancaire (en assumant des simplifications) afin de permettre de mieux diffuser un savoir technique et surtout montrer sa dimension politique. Car il y a dans ce jeu trois acteurs, le banquier ,le particulier et le régulateur politique.</p>
<h3>Ce qu’est une activité de banque de dépôt&#160;: la banque ne prête pas son argent, elle prête le nôtre&#160;!</h3>
<p>Je ne range pas mes économies dans la  pile de draps, je les dépose à la banque et je retire cet argent lorsque j’en ai besoin, je trouve cela plus pratique comme la plupart d’entre nous…</p>
<p>Que fait la banque de notre argent&#160;? Elle ne le garde pas dans un grand coffre, elle le prête. Pour accorder des prêts une banque doit avoir de l’argent à prêter. Cet argent lui provient de deux sources&#160;: soit des actionnaires de la banque, ce sont ses fonds propres, soit des dépôts qui ont été faits à la banque par vous et moi en ayant tout simplement un compte dont le solde est positif.</p>
<p>On peut imaginer deux colonnes équilibrées, les prêts accordés d’un coté, les fonds propres et les dépôts de l’autre (depuis 1492 en Lombardie, la colonne des prêts est à  gauche et la colonne des fonds propres et des dépôts est à droite et l’égalité des deux colonnes est arithmétiquement automatique).</p>
<p>Si la banque accorde des prêts qui ne sont pas remboursés, elle perd de l’argent. La colonne de gauche se réduit, cette perte va réduire ses fonds propres qui réduit la colonne de droite. Si la banque perd plus d’argent que le montant de ces fonds propres, l’équilibre se fait en réduisant l’autre partie de la colonne de droite, c’est à dire les dépôts.</p>
<p>Cette arithmétique comptable signifie que ce que possède la banque a moins de valeur que les dépôts que nous avons effectués. C’est une crise de solvabilité, la banque est en faillite . Nous avons du mal à imaginer la faillite d’une banque  tellement nous avons vécu dans un monde de banques réglementées. Mais imaginez que TF1 ouvre son 20 heures par «&#160;la Société Générale a tellement perdu d’argent qu’elle n’a plus assez d’argent pour rembourser les dépôts&#160;», à 20&#160;h&#160;05 , il y a la queue devant les distributeurs de billets de la Société Générale, chacun essayant de récupérer son argent avant qu’il ne soit trop tard. Très vite les distributeurs se vident. On verrait alors dès potron minet des files de personnes attendre que les agences BNP ouvrent… Les guichetiers seraient vite submergés. Les caisses vides… Le rideau de fer abaissé et l’émeute poindrait. Techniquement on appelle cela une crise de liquidité. La panique sur la solvabilité d’une banque entrainerait une inquiétude sur les autres banques&#160;: on appelle cela le risque systémique, autrement dit la disparition par effet de domino du système financier. Plus crument on peut appeler cela le retour de la barbarie.</p>
<p>Comment éviter cela&#160;? Après la banque et le déposant, arrive alors un troisième personnage, le régulateur d’activité des banques dont la mission est de protéger les dépôts et donc d’éviter que la banque ne soit en faillite.</p>
<p>Mettons nous à sa place. Pour éviter que la colonne de droite ne se réduise tellement que les dépôts ne puissent plus être remboursés, je vais  exiger de la banque d’augmenter ses fonds propres. La banque aura ainsi la capacité à absorber des pertes sans entamer les dépôts. Le régulateur peut donc imposer à la banque d’avoir le maximum de fonds propres. On appelle cela un ratio prudentiel. Il existe, et impose à la banque d’avoir dans la colonne de droite 8&#160;% de fonds propres.</p>
<p>8&#160;% seulement&#160;! Cela veut donc dire que 92&#160;% de l’argent prêté est composé de dépôts. Si la valeur de la colonne de gauche baisse de 8&#160;%, la banque est en faillite, bigre, c’est un peu casse cou.</p>
<p>Pour réguler encore, je peux agir sur la colonne de gauche. Il ne faut pas que la colonne de gauche voit sa taille se réduire. Comment faire&#160;? En exigeant de la banque qu’elle accorde des prêts qui seront remboursés. Des prêts banals à des emprunteurs banals qui payent des intérêts banals qui permettent aux actionnaires de gagner banalement de l’argent. Un prêt banal cela peut être un prêt à un office HLM qui va construire des logements et encaisser des loyers modérés. C’est banal, mais c’est solide.</p>
<h3>Ce qu’est une banque d’investissement&#160;: le fun du banquier.</h3>
<p>Mais tout cela est bien banal et manque un peu de fun, dit le banquier. Le fun c’est de prendre des risques&#160;: faire du trading. On peut par exemple s’engager à vendre le mois prochain des actions que l’on ne possède pas à un prix convenu. Si le cours de l’action baisse, j’achèterai à faible prix et je revendrai avec un fort bénéfice. Oui mais vous me direz que si le cours de l’action monte, il faudra que j’achète plus cher que le prix de vente convenu, la perte peut être énorme. C’est vrai, mais on ne  peut pas gagner beaucoup sans prendre des risques importants. Et quand on veut gagner énormément, il faut prendre des risques énormes. Faire du trading cela s’appelle la banque d’investissement. Vous percevez que le métier de banque d’investissement peut générer des gains fabuleux mais aussi des pertes énormes. Énormes et notamment bien plus élevés que 8&#160;%&#160;!</p>
<p>Pourquoi 8&#160;%&#160;? Parce que 8&#160;% c’est le montant des fonds propres de la banque, si les pertes de la banque dépassent 8&#160;% , elle est en faillite.</p>
<p>«&#160;Et alors&#160;!&#160;» me direz-vous, si un spéculateur fait faillite, c’est son affaire, je ne suis pas concerné. Malheureusement si, vous êtes concerné si le spéculateur est la banque dans laquelle vous avez déposé votre argent, arrive alors le triptyque maudit&#160;: crise de solvabilité, puis crise de liquidité, puis crise systémique…</p>
<p>Ce n’est pas de la fiction, cela est déjà arrivé dans les années 1930.</p>
<p>En 1933, les États-Unis ont édicté le <em>Glass-Steagal Act</em>.</p>
<p>Le principe en est simple, la banque doit faire un choix&#160;:</p>
<ul>
<li>Soit elle collecte les dépôts des particuliers, dans ce cas elle doit mener une activité prudente, banale et notamment n’a pas le droit de faire du «&#160;trading&#160;». C’est une banque de dépôts.</li>
<li>Soit elle veut être une banque fun qui fait du trading et autres opérations risquées, c’est alors une banque d’investissement mais alors elle n’a pas le droit de collecter les dépôts.</li>
</ul>
<p>La banque d’investissement, c’est comme un château de cartes, au premier courant d’air c’est renversé.</p>
<p>La banque de dépôts, c’est un rang de cubes de bois, cela monte moins haut mais c’est plus solide.</p>
<p>En France une réglementation similaire fut également édictée.</p>
<h3>La banque universelle</h3>
<p>Mais l’envie de fun et la diffusion plus large des amphétamines parmi les banquiers a balayé tout cela. En 1984, la gauche française annula la spécialisation des banques. En 1999, les États-Unis abolirent le Glass-Steagal Act. Les banques pouvaient à nouveau faire du trading avec les dépôts des particuliers, ce mélange du château de cartes avec la rangée de cubes de bois fût appellé&#160;: la Banque Universelle.</p>
<p>Avec l’inventivité des traders, la passivité des organismes de contrôle, l’internationalisation des flux de capitaux, la banque universelle devint de plus en plus une rangée de cubes de bois déposée sur la pointe d’un château de cartes.</p>
<p>Le moindre courant d’air fait tout s’écrouler, mais est-ce le courant d’air qui est le coupable&#160;?</p>
<p>Si les États peuvent laisser des petites banques de spéculateurs faire faillite, ils ne peuvent pas laisser s’effondrer le château de cartes qui sert de base instable aux dépôts de millions de déposants. Il n’y a pas de choix possible, il faut interrompre le débat sur la subvention de 100&#160;000 euros et trouver avant le 20&#160;h de TF1 quelques milliards.</p>
<p>C’est ce qui s’est déroulé fin 2008 où nous avons été au bord du risque systémique et de la barbarie. Les États n’avaient pas de choix. En panique, ils ont multiplié tout un tas de mesure pour éviter la faillite généralisée (l’une des mesures est la suspension de l’IAS 39, grâce à cette règle comptable les banques ont le droit de cacher leurs pertes et de ne pas dire que la colonne de gauche a baissé. Pour l’instant ça tient).</p>
<p>Pour ne pas être trop abstrait, on peut évoquer les banques populaires (banque mutualiste, fleuron de l’ESS et propriétaire du Crédit Coopératif) qui s’associèrent à la Caisse d’Épargne (le financeur du logement social) pour créer une filiale château de cartes, Natixis. Le château de cartes s’est effondré, quelques cubes aussi… Le financement du logement social en est devenu plus compliqué, d’autant plus que l’État a du amputer le budget logement pour financer le sauvetage de Natixis, la  banque château de cartes.</p>
<h3>Vers le retour du Glass Steagal Act&#160;?</h3>
<p>Barack Obama vient de proposer de revenir aux principes du «&#160;Glass Steagal Act&#160;» de 1933 qui avait été supprimé en 1999. Les banques ne pourraient plus faire du trading avec les dépôts des particuliers.</p>
<p>De la réussite ou de l’échec de cette tentative déterminera probablement la capacité des politiques à avoir d’autres fonctions que de ramasser de façon régulière un château de cartes qui s’est effondré.</p>
<p>Devons-nous, en tant qu’écolos, porter fortement un avis sur cette question&#160;?</p>
<p>Je pense que oui.</p>
<p>Cela nécessitera de trouver une réponse au «&#160;spin-off&#160;» et aux pratiques déconsolidantes, mais ça c’est technique, donc assez facile…</p>
<p>Cela nécessitera aussi de faire de ces questions, une question politique dont s’empare les citoyen-ne-s.</p>
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		<title>Claude Allègre n’existe pas</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1392-claude-allegre-n-existe-pas/</link>
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		<pubDate>Tue, 25 May 2010 13:04:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Édito du mardi]]></category>

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		<description><![CDATA[Mais alors de quoi Claude Allègre est-il le nom ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Mais alors de quoi Claude Allègre est-il le nom ?</div><p>Certains et certaines se souviennent peut-être d’un ministre nommé Claude Allègre qui entama, au sein d’un gouvernement se revendiquant de la gauche, la casse de la recherche publique que les ministres de droite qui lui ont succédé ont terminée. D’autres se souviennent aussi peut-être d’un scientifique nommé Claude Allègre, dont les travaux sur des sujets complexes lui valaient le respect des autres spécialistes de ces sujets complexes. Ce Monsieur Allègre a disparu de l’espace public un soir de 21 avril lorsque celui qui l’avait porté à la lumière se suicida politiquement.</p>
<p>Mais, depuis quelques temps, un avatar de Claude Allègre hante les médias. Ce Claude Allègre-là est comme ces «&#160;peoples&#160;» qui ont remplacé les artistes, comme ces éditorialistes qui ont remplacé les intellectuel-le-s, comme ces «&#160;vrais gens&#160;» qui ont remplacé les citoyen-ne-s&#160;: un artéfact construit par et pour la société de communication dans laquelle nous vivons, pour et par l’ordre politico-économique que nous subissons. Il n’existe pas en tant que tel, il est simplement le nom que les «&#160;journalistes&#160;» donnent à une fonction dont ils et elles ont besoin pour faire tourner la méga-machine à mots et à images. Claude Allègre est le nom de la fonction «&#160;climato-sceptique&#160;» dont cette presse a besoin pour continuer à alimenter son unique moteur, la polémique.</p>
<p>Cette perpétuelle polémique stérile et qu’on essaye de nous vendre comme la forme moderne du débat objectif ressemble de plus en plus tristement au célèbre mot de Godard&#160;: «&#160;l’objectivité, c’est 5 minutes pour Hitler, 5 minutes pour les Juifs&#160;». Pour réduire un débat aussi complexe que celui de l’évolution du climat à une polémique assimilable par la méga-machine à mots et à images, l’avatar de Claude Allègre est indispensable. Jouant de bonne grâce le rôle du dissident, ce Claude Allègre qui n’a que la dénonciation du conformisme à la bouche contribue au maintien de l’ordre idéologique qui fait vivre la méga-machine. Claude Allègre n’existe pas, il est simplement le nom d’une fonction médiatique et politique.</p>
<p>Alors quand un petit journal fait son travail, quand il dit simplement que le roi est nu et non paré des plus beaux atours, quand ce petit journal risque de faire comprendre que l’artéfact n’est pas l’homme politique et le scientifique qui s’appelait Claude Allègre, la méga-machine fait le dos rond et ne dit rien. Surtout ne pas gâcher un si bel avatar qu’on a pris tant de temps à construire collectivement et qui est nous est tellement utile. Ce n’est pas une bonne polémique médiatique, on laisse à la justice le sale boulot de faire vite taire ce vilain petit journal et on évite d’ébruiter tout ça. Qu’importe que le petit journal soit mis en péril économiquement par la colère du pseudo Claude Allègre&#160;: l’essentiel est de préserver le fonctionnement de la méga-machine à mots et à images. Tant pis pour les idées et tant pis pour les journalistes libres&#160;: surtout, continuons à protéger les artéfacts utiles et à vendre des polémiques inoffensives&#160;!</p>
<p class="meta2">Pour signer la pétition de soutien à <em>Politis</em> attaqué en justice par Claude Allègre : <a href="http://www.politis.fr/Proces-Allegre-signez-la-petition,10573.html">rendez-vous sur le site de <em>Politis</em></a>.</p>
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		<item>
		<title>Le temps des compromis fondateurs</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1391-le-temps-des-compromis-fondateurs/</link>
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		<pubDate>Fri, 21 May 2010 15:44:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pascal Canfin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[Quels compromis trouveront les 3 grands pays européens que sont l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France qui voient leurs intérêts nationaux respectifs en jeu, le premier avec la crise grecque, le second avec la crise financière, le troisième avec la PAC&#160;?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Quels compromis trouveront les 3 grands pays européens que sont l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France qui voient leurs intérêts nationaux respectifs en jeu, le premier avec la crise grecque, le second avec la crise financière, le troisième avec la PAC&#160;?</div><p class="meta2">Paru dans <em>La Croix</em> du lundi 26 avril 2010.</p>
<p>Vingt ans après la chute du mur de Berlin, l’Union européenne traverse en 2010 une nouvelle épreuve de vérité. Saura-t-elle, après la crise financière, réguler les banques et les marchés&#160;? Saura-t-elle sortir par le haut de la crise grecque qui montre les limites des outils de gouvernance de l’euro&#160;? Et saura-t-elle inventer un nouveau modèle agricole moins toxique pour l’environnement&#160;? Une réponse positive à ces questions impliquera nécessairement une remise en cause de la façon dont trois grands pays européens, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France, ont promu leurs intérêts nationaux respectifs dans l’aventure européenne.</p>
<p>Pour le Royaume-Uni, l’Europe est avant tout un grand marché dont l’objectif est de permettre la mise en concurrence de nos économies. Dans ce marché, la spécialisation britannique est de vendre des produits financiers. Résultat, les travaillistes comme les conservateurs tendent à considérer que ce qui est bon pour la City est bon pour le Royaume-Uni. Jusqu’en 2008, l’Europe a constitué un levier pour cet objectif national en libéralisant les flux de capitaux et en adoptant un certain nombre de directives de dérégulation financière et bancaire. Mais depuis la crise, cette politique de laisser-faire n’est plus acceptée par les autres États membres. Les directives qui sont aujourd’hui sur la table ou en projet sont des textes de re-réglementation du contrôle des risques pris par les banques, des fonds spéculatifs, des produits dérivés, etc. Autant de textes que les Britanniques cherchent à minorer, voire à bloquer.</p>
<p>De leur côté, les Allemands considèrent jusqu’à présent que leur intérêt national est que la zone euro mène une politique monétaire calquée sur celle du Deutsche Mark et que l’Europe assure un débouché à un modèle économique fortement tourné vers l’exportation. Mais dans une économie aussi intégrée que la zone euro, les excédents allemands impliquent mécaniquement que les autres pays soient en déficit. Or, ce sont précisément ces déficits qui risquent de faire imploser l’euro. Faute de gouvernement économique européen, rejeté par Berlin, les écarts de compétitivité croissants entre l’Allemagne et la Grèce, par exemple, n’ont pas été traités et atteignent aujourd’hui des niveaux incompatibles avec le fait d’avoir une monnaie commune.</p>
<p>Côté français, le point de crispation le plus important réside dans la révision de la politique agricole commune (PAC), qui commence cette année. Il y a quarante ans, la France a accepté la volonté allemande de créer un marché unique européen en échange d’une politique agricole européenne favorable aux intérêts français. Cette politique qui a permis à l’Europe d’assurer sa souveraineté alimentaire est aujourd’hui largement inadaptée aux enjeux écologiques et de plus en plus de pays ont du mal à comprendre pourquoi l’Europe consacre environ 40&#160;% de son budget à l’agriculture, qui ne représente que 5,7&#160;% de l’emploi dans l’Union. La France devra donc accepter que la prochaine PAC ne soit plus seulement la projection des intérêts des grands exploitants représentés par la FNSEA.</p>
<p>La situation actuelle dessine donc potentiellement les contours d’une succession de crises européennes. Angela Merkel peut bloquer toute réforme de la gouvernance de la zone euro, Nicolas Sarkozy toute réforme de la PAC et le futur gouvernement britannique toute réforme de la finance. Mais les défis portés aux grands États sont aussi l’occasion de dessiner un nouveau compromis qui articule, notamment, régulation du capitalisme financier, gouvernement économique et PAC plus soutenable. De Gaulle et Adenauer, Kohl et Mitterrand ont su en leur temps trouver les voies des compromis historiques fondateurs des grandes avancées de la construction européenne. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel y sont-ils prêts&#160;? À voir la réaction du premier sur la défense de l’agriculture la plus productiviste après sa défaite aux régionales, et la réaction de la seconde sur la Grèce à quelques semaines d’élections cruciales en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, il est permis d’en douter…</p>
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		<title>Procès Allègre : signez la pétition de soutien à Politis&#160;!</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1390-proces-allegre-signez-la-petition-de-soutien-a-politis/</link>
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		<pubDate>Thu, 20 May 2010 12:19:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>la rédaction</dc:creator>
				<category><![CDATA[Appel]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[«&#160;Depuis le 19 mai, Denis Sieffert, directeur de la publication de Politis, et sept auteurs du texte <a href="http://www.politis.fr/Claude-Allegre-question-d-ethique,7386.html">“Claude Allègre, question d’éthique”</a> sont mis en examen. Je soutiens Politis et les auteurs de cette tribune contre les tentatives d’intimidation de Claude Allègre. Je demande le retrait de la plainte, et je me prononce pour un débat public avec Claude Allègre sur les sujets abordés dans le texte incriminé.&#160;»]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">«&#160;Depuis le 19 mai, Denis Sieffert, directeur de la publication de Politis, et sept auteurs du texte <a href="http://www.politis.fr/Claude-Allegre-question-d-ethique,7386.html">“Claude Allègre, question d’éthique”</a> sont mis en examen. Je soutiens Politis et les auteurs de cette tribune contre les tentatives d’intimidation de Claude Allègre. Je demande le retrait de la plainte, et je me prononce pour un débat public avec Claude Allègre sur les sujets abordés dans le texte incriminé.&#160;»</div><p>Plus d’informations : <em><a href="http://www.politis.fr/Claude-Allegre-attaque-Politis,10535.html">Claude Allègre attaque Politis</a></em>.</p>
<p><strong>Pour signer : rendez-vous <a href="http://www.politis.fr/Proces-Allegre-signez-la-petition,10573.html">sur le site de Politis</a></strong>.</p>
]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Grenelle 2 : L’environnement ça commence à bien faire</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1386-grenelle-2-l-environnement-ca-commence-a-bien-faire/</link>
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		<pubDate>Tue, 18 May 2010 12:19:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Édito du mardi]]></category>

		<guid isPermaLink="false">http://ecolosphere.net/?p=1386</guid>
		<description><![CDATA[Ci-git le Grenelle de l’Environnement&#160;! Le vote du projet de loi dite «&#160;Grenelle 2&#160;» par l’Assemblée Nationale (avant une ultime commission mixte paritaire avec le Sénat le 29 juin prochain) met un point final à l’espoir que le Grenelle de l’Environnement avait pu entrouvrir.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Ci-git le Grenelle de l’Environnement&#160;! Le vote du projet de loi dite «&#160;Grenelle 2&#160;» par l’Assemblée Nationale (avant une ultime commission mixte paritaire avec le Sénat le 29 juin prochain) met un point final à l’espoir que le Grenelle de l’Environnement avait pu entrouvrir.</div><p>Certes tout n’est pas à rejeter dans les lois Grenelle 1 et 2. Il y a quelques avancées notables. Mais la France avait tellement de retard que ces lois ne permettent même pas de le rattraper, ce qui déjà n’aurait été qu’un minimum pour un pays qui se glorifiait, il y a peu encore, de guider le monde en la matière (<em>sic</em>).</p>
<p>Comme à Copenhague, comme pour la taxe carbone rejetée par le Conseil Constitutionnel, l’ambition du Grenelle (et notamment des nombreux écologistes qui s’étaient sincèrement engagés dans la démarche) s’est fracassée sur la contradiction profonde dans laquelle se trouvent des dirigeants politiques qui veulent bien «&#160;faire de l’environnement&#160;», mais à condition que cela ne remettent pas en cause ni un modèle économique qui pourtant craque de toute part, ni la religion de la sacro-sainte croissance, ni les intérêts immédiats de nombreux lobbys plus ou moins bien placés en cour.</p>
<p>Chaque fois le même dilemme est reposé&#160;: il n’est pas possible de limiter le réchauffement climatique à hauteur de 2 degrés (et de suivre les conseils prodigués par la communauté scientifique), de réduire nos émissions de gaz à effet de serre ou d’améliorer notre rapport à l’environnement, si on refuse «&#160;d’entrer dans le dur&#160;» du modèle de développement, si on en reste à une vision de surface. Et chaque fois, le dilemme est tranché de la même façon&#160;: l’environnement, ça commence à bien faire, réduisons les ambitions environnementales, privilégions les logiques de court terme plutôt que la vision politique.</p>
<p>Il n’y a que deux issues possibles&#160;: soit, à force de reporter systématiquement les mesures nécessaires, c’est la planète qui présentera la note, et nos sociétés seront alors contraintes de s’adapter à des coûts économiques et plus encore sociaux qui pourraient bien mettre à mal l’équilibre même de nos sociétés et nos civilisations&#160;; soit, et c’est au moins en cela que le Grenelle aura pu être utile, démonstration faite qu’on ne peut décidément pas mener une politique écologiste avec des hommes et femmes politiques productivistes (rappelons qu’à Copenhague aucun des chefs d’État présents n’était écologiste), nos concitoyens mettront en situation de responsabilité des écologistes. Espérons qu’il ne sera alors pas trop tard.</p>
<p class="meta2">À lire : <a href="http://ecolosphere.net/archives/1388-revanche-des-lobbies-et-deni-de-democratie/">l’explication du vote des députés</a> Verts (par Yves Cochet) et l&#8217;appel de l’association Agir Pour l’Environnement à <a href="http://ecolosphere.net/archives/1387-loi-grenelle-2-sanctionner-le-greenwashing-politique/">voter contre le Grenelle 2</a>.</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Loi Grenelle 2 : Sanctionner le greenwashing politique&#160;!</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1387-loi-grenelle-2-sanctionner-le-greenwashing-politique/</link>
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		<pubDate>Tue, 11 May 2010 10:00:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Agir Pour l’Environnement</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqué]]></category>

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		<description><![CDATA[Paris, le 11 mai 2010&#160;: L’association Agir pour l’Environnement appelle l’ensemble des députés à sanctionner le <em>greenwashing</em> politique de ce Gouvernement en rejetant, sans état d’âme, le projet de loi Grenelle 2.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Paris, le 11 mai 2010&#160;: L’association Agir pour l’Environnement appelle l’ensemble des députés à sanctionner le <em>greenwashing</em> politique de ce Gouvernement en rejetant, sans état d’âme, le projet de loi Grenelle 2.</div><p>Les multiples reculs constatés et coups de canifs dans les accords issus du Grenelle de l’environnement ne peuvent cacher les quelques modestes avancées dont se prévaut le Ministre de l’écologie pour valoriser un projet de loi vidé de sa substance. Pour l’association Agir pour l’Environnement, la somme des cadeaux faits aux lobbies se traduit par un texte législatif terne et sans saveur. Ce projet de loi institutionnalise l’écologie hors-sol qui consiste à «&#160;parler vert&#160;» sans pour autant se sentir obligé de traduire dans les faits les grands discours en faveur de l’environnement.</p>
<p>Tant sur l’éolien, que sur les transports, le nucléaire, les pesticides, les antennes relais, les lignes à très haute tension, la publicité extérieure, les nanotechnologies ou les déchets… la majorité présidentielle a détricoté patiemment mais avec une perspicacité qu’il faut lui reconnaître, les modestes «&#160;avancées&#160;» du Grenelle de l’environnement.</p>
<p>À l’issue du processus «&#160;Grenelle&#160;», l’association Agir pour l’Environnement constate amèrement que la rupture tant annoncée en matière écologique reste largement à démontrer. Pour l’association, la parenthèse faussement écologique du Chef de l’État se referme sur l’adoption d’une loi vidée de son contenu par une majorité parlementaire totalement réfractaire à la rupture écologique qui reste à construire.</p>
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		<title>Revanche des lobbies et déni de démocratie</title>
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		<pubDate>Sun, 09 May 2010 10:00:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yves Cochet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Communiqué]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>Paris, le 9 mai</em>. Le processus Grenelle de 2007 nous avait intéressé. La loi Grenelle 1 du 3 août 2009 contenait des promesses et des incertitudes. La loi Grenelle 2 est décevante&#160;: nous voterons contre mardi 11 mai.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;"><em>Paris, le 9 mai</em>. Le processus Grenelle de 2007 nous avait intéressé. La loi Grenelle 1 du 3 août 2009 contenait des promesses et des incertitudes. La loi Grenelle 2 est décevante&#160;: nous voterons contre mardi 11 mai.</div><p class="meta2">Par Yves Cochet, pour les députés Verts.</p>
<p>Bien sûr, le texte traduit positivement certains engagements du processus Grenelle, notamment au titre des économies d’énergie dans le logement, de la réduction des déchets et pour le renforcement des plans de prévention des risques technologiques.</p>
<p>Mais le climat d’écolosepticisme de 2010 et la revanche des lobbies se sont traduits par des ambigüités, des régressions et des trahisons inacceptables. Les exemples sont nombreux.</p>
<p>La mention «&#160;haute valeur environnementale&#160;» (HVE) des exploitations agricoles est finalement un leurre destiné à entraver la progression de l’agriculture biologique. Mieux — ou pire — les cultures OGM pourront bénéficier de l’appellation HVE !</p>
<p>L’article 34 de la loi, en prétendant encadrer l’installation des éoliennes, ajoute des contraintes (classement ICPE, schémas régionaux, obligation des cinq mâts…) à des contraintes antérieures. Finies les éoliennes communales et coopératives adoptées par les citoyens, les agriculteurs et les institutions d’un village, place au grands groupes financiers seuls capables d’investir dans des centrales éoliennes. C’est la mort du petit éolien.</p>
<p>Le nucléaire était hors-Grenelle, nous disait-on. Mais non, le gouvernement lui-même a introduit, à l’article 94 <em>quater</em>, l’abandon des enquêtes publiques en considérant qu’un «&#160;accroissement significatif&#160;» de rejets radioactifs n’est pas une «&#160;modification notable&#160;» d’une installation nucléaire.</p>
<p>Des dizaines d’autres reculs ou refus disqualifient le texte Grenelle 2&#160;: la taxe carbone est abandonnée, l’étiquetage carbone est repoussé, les PLU intercommunaux sont rejetés, la technologie peu fiable et très chère de stockage du carbone est encouragée, la responsabilité environnementale des entreprises est insuffisante, les abeilles et les apiculteurs ne sont pas protégés des insecticides néonicotinoïdes, la promotion d’une journée végétarienne par semaine est refusée, de même que l’introduction de l’action de groupe dans le code civil, la prise en compte du pic pétrolier est totalement absente…</p>
<p>Enfin, le dernier tiers de la discussion sur articles s’est déroulé en l’absence des députés de l’opposition, privés de temps de parole. Nos demandes répétées d’augmenter le temps du débat public ont toutes été rejetées, prouvant ainsi la dérive antidémocratique du nouveau règlement de l’Assemblée. La moitié du Parlement ne pouvant plus parler, la droite s’est enfoncée dans le ridicule d’un débat interne à l’UMP&#160;!</p>
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		<title>Le désarmement nucléaire, tombé du ciel. Lettre ouverte aux écolos</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1385-le-desarmement-nucleaire-tombe-du-ciel-lettre-ouverte-aux-ecolos/</link>
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		<pubDate>Mon, 03 May 2010 13:37:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Ben Cramer</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[Trois événements récents relatifs au désarmement nucléaire devraient susciter l’intérêt d’Europe Écologie et des Verts. Mieux encore, les faire réagir, publiquement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Trois événements récents relatifs au désarmement nucléaire devraient susciter l’intérêt d’Europe Écologie et des Verts. Mieux encore, les faire réagir, publiquement.</div><p>Le désarmement nucléaire est dans l’air du temps. Le sujet était tabou durant la guerre froide, squeezé et tronqué avec le bras de fer des euromissiles, en hibernation depuis la chute du Mur de Berlin. Et voilà qu’il réapparaît dans le débat public. Même l’église tente de ne pas se laisser dépasser et le Saint-Siège insiste désormais (depuis mai 2009), sur le fait que l’arme nucléaire n’est plus un moyen adapté pour construire la paix. Le Journal télévisé de France 2 s’est même fendu d’un pseudo sondage&#160; pour savoir si la «&#160;disparition de la bombe atomique dans le monde nous paraissait possible&#160;»<sup>[1]</sup>. Est-ce étonnant&#160;? Oui, si on considère qu’avec 1&#160;% de la population mondiale, nous Français, vivons sur 1&#160;% du territoire mondial et que l’arsenal nucléaire de notre pays représente à peine plus de 1&#160;% du potentiel nucléaire militaire mondial. Non, si l’on prend la mesure que ce combat pour le droit de tout un chacun à la sécurité est vital, que la paix, un combat écologique de la première heure, est un bien public mondial auquel on peut difficilement renoncer, quelle que soit la répartition internationale de la menace de mort.</p>
<h3>L’appel du 15 octobre 2009</h3>
<p>Dans ce pays où la question de la prolifération nucléaire a fait l’objet d’un seul rapport de l’Assemblée Nationale, en l’an 2000, où le mot d’ordre est toujours de ne pas baisser la garde, la tribune publiée dans <em>Le Monde</em> du 15 octobre 2009 «&#160;<a href="http://www.regards-citoyens.com/article-pour-un-desarmement-nucleaire-mondial-seule-reponse-a-la-proliferation-anarchique-par--41459606.html">Pour un désarmement nucléaire mondial, seule réponse à la prolifération anarchique</a>&#160;», n’est pas passée inaperçue. La <em>bande des quatre</em> qui en appelle à des «&#160;initiatives plus radicales de la part des 5 puissances nucléaires officielles&#160;»<sup>[2]</sup> est composée du général Bernard Norlain, ancien commandant de la force aérienne, deux ex-premiers ministres&#160;de renom n’appartenant pas à la même famille politique (Alain Juppé et Michel Rocard) et l’ancien ministre de la défense Alain Richard. Si Juppé, l’homme de la «&#160;dissuasion élargie à l’Europe&#160;» est un nouveau converti, Michel Rocard n’est pas tout à fait un pacifiste de la dernière heure. Comme il l’explique lui-même dans une interview à <a href="http://www.mvtpaix.org/outils/planete-paix/archives.php">l’hebdomadaire <em>Planète Paix</em></a> en janvier 2010&#160;: <em>«&#160;J’ai pris position dès 1994, je suis un des anciens membres de la Commission de Canberra<sup>[3]</sup> (…) aujourd’hui la conjoncture bouge à toute allure(…). Je souhaite que la France soit capable d’annoncer qu’elle ne désapprouve pas une perspective d’éradication générale de l’armement nucléaire et d’annoncer qu’elle est prête à y prendre sa place quand cela commencera à nous concerner (…)&#160;». </em>Cet appel du 15 octobre, s’il n’a pas suscité beaucoup de vocations anti-nucléaires chez les politiques, a réveillé quelques esprits. D’où l’apparition d’un autre appel intitulé&#160;: <em>Le désarmement nucléaire, c’est urgent aussi pour la France</em>. Celui-ci a recueilli les signatures d’une centaine de personnalités du monde intellectuel, associatif et politique dont une dizaine d’eurodéputés. Parmi eux&#160;: Denis Baupin, Dominique Voynet, Paul Quilès, ancien ministre de la défense, le biologiste Jacques Testard, Yves Cochet, la sénatrice Marie-Christine Blandin, la députée Christiane Taubira,<sup>[4]</sup>.</p>
<h3>START II</h3>
<p>Un autre événement est venu tourmenter le ciel européen et clarifier le paysage nucléaire mondial : à Prague, les présidents Barack Obama et Dimitri Medvedev ont signé un nouvel accord bilatéral de réduction de leurs armes stratégiques offensives baptisé START II. Le lieu est symbolique parce que c’est là que le 5 avril 2009, un président américain a pour la première fois reconnu que les États-Unis étaient «&#160;<em>l’unique puissance nucléaire ayant eu recours à l’arme nucléaire&#160;». C</em>’est à cette occasion-là aussi que Barack Obama a déclaré de façon solennelle&#160;: «&#160;<em>Nous</em> [Medvedev et lui] <em>chercherons à inclure dans cette entreprise</em> [de réduction des armes] <em>tous les Etats dotés de l’arme nucléaire »</em>.</p>
<h3>La France en décalage</h3>
<p>Face à cette nouvelle, ce premier pas, une levée de boucliers ne s’est pas faite attendre. Eh oui, les «&#160;désarmo-sceptiques&#160;» sont parmi nous. Ce sont les nostalgiques de la guerre froide, les adeptes effrénés du permis de détruire, et autres imposteurs. Pour ces révisionnistes,&#160; Hiroshima est un détail, le canif suisse ou la machette plus redoutables que l’uranium 235 ou le plutonium 239, et un ou deux bombardements sur le site de Natanz<sup>[5]</sup> pourraient être une opération moralement défendable puisque relevant du principe de précaution. Bref, des extincteurs d’étoiles comme dirait le poète. Essayons d’y voir un peu plus clair dans la rhétorique des adversaires du désarmement…</p>
<h3>Le <em>cocorico</em></h3>
<p>La première salve&#160; a consisté à s’approprier le succès des héros du jour pour figurer sur la photo de famille. Ainsi, à en croire Bernard Kouchner, « <em>la France se réjouit que d’autres puissances nucléaires s’engagent sur la voie <strong>qu’elle a</strong>, ainsi que le Royaume-Uni, <strong>tracée depuis plus d’une décennie déjà, fondée sur une posture de stricte suffisance</strong> des arsenaux nucléaires »<sup>[6]</sup></em>. Cette déclaration du Quai d’Orsay datée du 8 avril 2010, fait la part belle à notre pays, pourtant pointé du doigt comme mauvais élève du désarmement. Mais surtout, elle laisse entendre que Paris et Londres sont sur la même longueur d’ondes. Alors que le collègue britannique de Bernard Kouchner,&#160; M. Miliband, venait de déclarer que son pays&#160; «&#160;<em>se prononce en faveur d’un monde sans armes nucléaires et se tient prêt à participer aux conférences sur le désarmement&#160;</em>»<sup>[7]</sup>.</p>
<h3>Le déni</h3>
<p>Dans le registre «&#160;nous ne sommes pas des naïfs&#160;», les esprits critiques ont vite fait de minimiser voire de dévaloriser l’accord qui vient d’être signé. Ceci vient brouiller les applaudissements de la veille, mais nous n’en sommes pas à une contradiction près. Ainsi, la nébuleuse parisienne des «&#160;experts&#160;» considère que c’est un accord en trompe-l’œil, et que passer de 2200 à 1500 têtes nucléaires opérationnelles représente ni plus ni moins de la poudre aux yeux. On voudrait nous faire croire que START II représente à la fois un soulagement pour le complexe nucléo-industriel russe, une opération de relations publiques pour le président-vedette Obama. Et que peut gagner Paris dans cette affaire&#160;?&#160; START II est plutôt ressenti comme un cadeau empoisonné de la part d’une nation qui protège sa mini-panoplie de 300 têtes&#160;! Bref, pour l’Élysée, comme pour le Quai d’Orsay, rien de nouveau sous le soleil&#160;: Moscou va faire des économies en procédant au tri sélectif de ses stocks rouillés. Washington, avec « l’idéologie abolitionniste&#160;» de Barack Obama, veut limiter l’exhibitionnisme nucléaire. Pourquoi&#160;? Parce que ceci est la carte maîtresse pour mettre au pas ceux qui sont déterminés à enrichir de l’uranium de façon démesurée (l’Iran)&#160;; et parce que les chances inexplorées de s’approprier le marché nucléaire civil seront compromises voire plombées si les centrales sont perçues (à tort ou à raison) comme des passerelles pour quelques ambitions militaires.&#160; </p>
<h3>L’OTAN à la rescousse</h3>
<p>Enfin, dans le registre <em>je vous ai compris</em>, nos politiques secondés par leurs experts rappellent — comme au temps des missiles Pershing et SS20 — que toute dénucléarisation doit avoir des limites. Nos <em>experts</em> sont-ils en manque d’outils de réflexion stratégique pour permettre à la France de peser sur les grands dossiers géostratégiques de demain&#160;? En tout cas, ils sont quasi unanimes pour dire qu’ « <em>Un monde sans arme nucléaire serait sans doute plus dangereux que le monde d’aujourd’hui »<sup>[8]</sup></em>. L’idée d’une «&#160;zone de basse pression nucléaire&#160;»<sup>[9]</sup> semble, à leurs yeux,&#160; plus séduisante.</p>
<p>Paris ne se limite pas à pointer du doigt les armes nucléaires tactiques russes que le nouvel accord START a zappées. Paris s’oppose à tout retrait des armes nucléaires américaines sur le sol européen. Et pourtant… certains bombardiers basés en Grèce et au Royaume-Uni ont été discrètement rapatriés&#160;; si leur présence était si importante, comment se fait-il que personne n’en ait fait état&#160;? Le fait les 250 à 480 bombes prépositionnées sur des bases en Europe soient mal sécurisées, que leur condition de stockage soit plus contestable que celle sur lesquelles veillent les autorités au Pakistan ne plaide pas en faveur de leur maintien&#160;; il n’arrange pas l’accueil que les pays <em>hôtes</em> sont censés leur réserver. C’est d’ailleurs pourquoi cinq alliés<sup>[10]</sup> européens, dans la perspective de la conférence d’examen du Traité de Non Prolifération (TNP), vont demander expressément à Washington de mettre fin à cette présence mal vécue par les populations concernées. Mais la France, hier encore à l’avant-garde de la défense européenne, se montre en 2010 plus <em>otaniste</em> que ses voisins, des voisins qui ont applaudi le retour du vilain petit canard dans le commandement militaire intégré&#160;! Pourquoi&#160;? Si la thèse selon laquelle Paris serait « attaché à la dimension nucléaire de l’OTAN »<sup>[11]</sup> est peu crédible, de surcroît rejetée par les pères fondateurs de la force de frappe, le rapport du sénateur Chevènement<sup>[12]</sup> apporte un point de vue qui s’inscrit dans le débat général&#160;: cette dénucléarisation pourrait conduire les Russes à prendre en compte, au titre de l’OTAN, la composante aéroportée de la force nationale de dissuasion. Nous y voilà&#160;! La France est prête à tout (ou presque) pour ne pas être entraînée dans l’«&#160;engrenage&#160;» des négociations internationales, comme l’écrit le <a href="http://mrc53.over-blog.com/ext/http:/www.senat.fr/cra/s20100323/s20100323_12.html">sénateur JP Chevènement</a>.&#160; Et tant pis pour ceux qui, en amont de l’option zéro tant décriée, considèrent que le pays détenteur d’armes nucléaires n’est pas en droit de disséminer des armes de ce type sur d’autres espaces que le sien. Une mesure de non prolifération réclamée au fil des années par une majorité de pays du monde depuis …1975. </p>
<h3>Une affaire d’identité nationale&#160;?</h3>
<p>Considérant cette succession d’événements, et de prises de position, à la veille de la conférence d’examen du TNP à New York où siègeront des représentants de 189 pays, on pourrait s’attendre à la sortie d’un communiqué de presse d’Europe-Écologie ou/et des Verts à l’occasion de ce débat. On aurait pu imaginer une voix qui acclame cette aspiration vertueuse, ce «&#160;rêve&#160;», comme dirait le président Nicolas Sarkozy<sup>[13]</sup>, vers un monde sans armes nucléaires ; une vision que le locataire de l’Élysée réfute à tout prix comme si la force de frappe faisait partie intégrante de l’«&#160;identité nationale&#160;». A quand un&#160; Débat Public sur la stricte suffisance&#160;? Sur l’agrandissement des installations près d’Ile Longue ou encore sur la reconversion de l’arsenal de Cherbourg&#160;? </p>
<h3>Le TNP en toile de fond</h3>
<p>Si la posture de <em>stricte suffisance</em> met Paris provisoirement à l’abri du courant pacifiste qui souffle de Washington à Moscou en passant par Londres,&#160; l’avenir du nucléaire militaire français ne ressemble pas à un long fleuve tranquille. On ne peut pas être un donneur de leçon lorsqu’il s’agit de l’Iran et affirmer avec panache que l’emploi en premier de l’arme nucléaire est un <em>must</em> pour défendre ses <em>intérêts vitaux</em>. On ne peut pas se prétendre <a href="http://www.francetnp2010.fr/">champion du désarmement nucléaire</a> et refuser a priori (contrairement à la Grande-Bretagne et à d’autres) d’être associé à de futures réductions sous prétexte que nous vivons «&#160;dans un monde aussi dangereux&#160;»<sup>[14]</sup>, que la vertu de l’exemple ne fonctionne pas, que le minimum (à 300 têtes&#160;!) n’est pas négociable&#160;! On ne peut pas jouer solo dans le concert des puissances nucléaires (les cinq) qui misent sur un succès du TNP à New York en mai 2010 et espérer ravir de gros contrats dans le cadre de la libéralisation du marché du nucléaire civil.</p>
<p>Admettons que START II ne soit pas la panacée. Encore faudrait-il se positionner par rapport aux tractations en cours&#160;: le désarmement nucléaire doit-il se réduire aux manœuvres de stigmatisations de certains <em>outsiders</em> en vue de les désarmer&#160;? Cette tactique de diversion va-t-elle servir de prothèse à un TNP plutôt en sursis&#160;? Au cas où les promesses de sécurisation des armements vont accroître la mondialisation de la demande de nucléaire civil, s’agit-il là d’un deal raisonnable ou d’un marché de dupes&#160;? </p>
<h3>Le désarmement, une valeur écologique</h3>
<p>L’opportunité d’un texte «&#160;vert&#160;» sur cette actualité dépasse ces considérations iréniques ou géopolitiques. En effet, toute diminution de la militarisation de la planète Terre (surtout dans l’hémisphère Nord) a forcément des effets bénéfiques sur les écosystèmes&#160;; la réduction de l’empreinte écologique des activités militaires (que le Protocole de Kyoto se garde bien de chiffrer) est une aubaine. À plus d’un titre. D’abord, la diminution des moyens de destruction de masse, la réduction des menaces de mises à mort par millions &#8211; qui s’accompagnent de stratagèmes pour se terroriser de part et d’autre &#8211; est en soi une entreprise de dépollution mentale et technologique. Si la décroissance n’est pas un mot d’ordre opportun et mobilisateur en temps de crise, la décroissance des ogives nucléaires peut rallier du monde&#160;! L’accord START II, au-delà du symbolique, représente une entreprise de dépollution et d’assainissement qu’un arrêt brutal des activités de l’aviation civile durant quelques jours ne pourra jamais égaler. À moins qu’on ignore, qu’on dénie… disons… Allègrement, l’impact des armes nucléaires sur nos environnements. En attendant d’évaluer la décarbonisation des moyens de défense, rappelons que le complexe militaro industriel est responsable à plus de 50&#160;% de la pollution atmosphérique en Russie.</p>
<p><em>Last but not least</em>, la réduction des arsenaux est une aubaine pour ceux qui se soucient du financement des dégâts du réchauffement climatique. Car les milliards de dollars non investis dans la maintenance d’arsenaux en surnombre pourront alimenter le fonds d’indemnisation pour les préjudices écologiques subis, un fonds que les Africains ont failli réclamer lors du sommet de Copenhague avant d’en être <em>dissuadés</em> par le président Sarkozy. Enfin, si par hypothèse Paris se laissait entraîner dans la vague de l’option zéro, Bercy ferait des économies. Ces économies pourraient bénéficier par exemple au fonds d’indemnisation des victimes des essais nucléaires qui se limite aujourd’hui à 10 millions d’euros, soit 24 heures de dépenses pour nos bombes<sup>[15]</sup>&#160;; elles pourraient aussi combler le déficit de la sécurité sociale et/ou régler la question des retraites.</p>
<p>Certes, il va falloir créer les conditions, les conditions politiques pour parvenir à un monde sans armes nucléaires. Certes, tout ne se joue pas dans les enceintes onusiennes, mais la France de Sarko a perdu une occasion de se taire. Les écologistes, quant à eux, ont ici une belle occasion de se manifester et de se faire entendre sur un dossier complexe, en dépassant les refrains simplistes sur les bienfaits de la non-violence, sachant qu’il en va aussi de l’avenir de la politique de sécurité européenne, et …de leur crédibilité.<br />
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1385" class="footnote">Résultats rendus publics le 7 avril sur 7400 votants</li>
<li id="footnote_1_1385" class="footnote">Pourquoi pas&#160; associer les quatre&#160; autres dont Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord&#160;?</li>
<li id="footnote_2_1385" class="footnote"></em>Cette commission ne comptait que deux membres français, Michel Rocard et Jacques-Yves Cousteau.<em></li>
<li id="footnote_3_1385" class="footnote">cf. L’Humanité du 26 janvier 2010 et <a href="http://www.politis.fr/Appel-pour-le-desarmement,9335.html">Politis</a></li>
<li id="footnote_4_1385" class="footnote">Seuls 18 % des Européens seraient favorables à une frappe contre l’Iran, Cf. sondage Wall Street Journal du 10 septembre 2009.</li>
<li id="footnote_5_1385" class="footnote">Nous graissons, <em>ndlr</em>.</li>
<li id="footnote_6_1385" class="footnote">Déclaration du 26 mars 2010</li>
<li id="footnote_7_1385" class="footnote"></em>Cf. Bruno Tertrais, note n° 09/09 de la Fondation de Recherche Stratégique<em></li>
<li id="footnote_8_1385" class="footnote">  Cf. Rapport d’information du sénateur JP Chevènement intitulé Désarmement, non-prolifération nucléaires, sécurité de la France, page 9 + p. 55</li>
<li id="footnote_9_1385" class="footnote">Allemagne, Belgique, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas</li>
<li id="footnote_10_1385" class="footnote">Cf. Le Monde 25-26 avril 2010</li>
<li id="footnote_11_1385" class="footnote">cf Rapport d’information du sénateur JP Chevènement intitulé «&#160;Désarmement, non-prolifération nucléaires, sécurité de la France&#160;», page 158.</li>
<li id="footnote_12_1385" class="footnote">Cf. Le Figaro du 14 avril 2010</li>
<li id="footnote_13_1385" class="footnote">Cf. déclarations de N. Sarkozy, le Monde du 12 avril 2010</li>
<li id="footnote_14_1385" class="footnote">Cf. « Nuclear weapons&#160;: at what cost ? », Ben Cramer, Bureau International de la Paix, juillet 2009</li>
</ol>
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		</item>
		<item>
		<title>Lettre ouverte à mes amis communistes qui se demandent : que faire ?</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1384-lettre-ouverte-a-mes-amis-communistes-qui-se-demandent-que-faire/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2010 14:10:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Perreux</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai participé dernièrement à cette réunion où 200 militants communistes se sont posés gravement la question&#160;: <em>«&#160;Que faire&#160;? Autre chose&#160;? Autrement&#160;?&#160;»</em>. J’ai envie de continuer à débattre avec eux, avec vous, parce que le départ évoqué du parti ne doit pas être seulement une déchirure inévitable, mais une libération. Mais aussi parce que je pense que l’idée avancée de coopérative peut permettre à ce qu’il y a de meilleur dans l’héritage et la pensée communiste d’entrer en relation et en construction avec la multitude de ceux qui mènent les combats d’aujourd’hui.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">J’ai participé dernièrement à cette réunion où 200 militants communistes se sont posés gravement la question&#160;: <em>«&#160;Que faire&#160;? Autre chose&#160;? Autrement&#160;?&#160;»</em>. J’ai envie de continuer à débattre avec eux, avec vous, parce que le départ évoqué du parti ne doit pas être seulement une déchirure inévitable, mais une libération. Mais aussi parce que je pense que l’idée avancée de coopérative peut permettre à ce qu’il y a de meilleur dans l’héritage et la pensée communiste d’entrer en relation et en construction avec la multitude de ceux qui mènent les combats d’aujourd’hui.</div><p class="meta2">Par Jacques Perreux, vice-président (ex-PC) du conseil général du Val-de-Marne, conseiller régional (Europe Écologie), ancien directeur de campagne de José Bové aux présidentielles de 2007.</p>
<p>Pour ma part j’ai quitté le PCF parce que celui-ci contredisait ou plutôt contrecarrait deux des combats qui me tiennent le plus à cœur&#160;: la gestion publique de l’eau et la construction du rassemblement pour ouvrir une alternative au capitalisme.</p>
<p>En rejoignant le mouvement Europe Écologie, je me suis assuré que quatre principes qui guident mon action de militant communiste y trouveraient plus de chances d’être pollinisés, qu’en restant au PCF.</p>
<h3>Le premier principe c’est l’attention absolument primordiale que nous devons porter aux biens qui nous sont communs.</h3>
<p>Ce devrait être le cas évidemment pour tous les communistes. Mais reconnaissons-le, notre histoire, notre mode de pensée nous ont conduit à faire comme si ces biens communs étaient inépuisables, qu’on pouvait les dominer et se comporter comme on voulait vis-à-vis d’eux. Je faisais partie à 20 ans de ceux qui souriaient — c’est le moins que l’on puisse dire — quand en 1974, le grand savant écologue René Dumont, menait sa campagne électorale en nous alertant avec son verre d’eau.</p>
<p>Tout le monde sait aujourd’hui que ces biens communs sont en danger. L’air, l’eau, la biodiversité, le climat, les énergies, sont menacés du fait des activités humaines, du fait surtout du système capitaliste, mais aussi de tous les systèmes productivistes qui exploitent et épuisent les hommes et les ressources, et saccagent notre planète. Nous savons aussi que ce sont souvent les plus malheureux qui payent le plus cher ces dégradations. Les inégalités sociales vont de pair avec les inégalités environnementales. Qui mange le plus mal&#160;? Qui est le plus atteint par les cancers environnementaux&#160;? Qui est le plus mal transporté&#160;? Qui souffre le plus de la précarité énergétique&#160;?</p>
<p>Et puis ces biens communs, au delà de leur intérêt vital, ont aussi une magnifique originalité — on l’oublie trop souvent — celle d’avoir amené les hommes au fil des millénaires à inventer et installer des rapports de solidarité entre eux pour les partager, les gérer ensemble, les protéger, et les transmettre en bon état aux générations suivantes. Ne cachons pas que l’arrogance ou la négligence vis-à-vis de ces biens communs, a contribué à abîmer aussi, ce qui est, il me semble pour un communiste, la plus belle des valeurs&#160;: la solidarité.</p>
<p>Nous devrions avoir en commun avec les militants de l’écologie politique, la défense, la protection, la valorisation des biens communs et la promotion d’une gestion publique, citoyenne, prévenante et innovante de ceux-ci. Nous ne pouvons ni contourner ni atténuer cette priorité-là. Ce doit être un sujet de discussion entre nous. Et la faute de la direction du PCF contribuant lors du renouvellement du contrat du <abbr title="syndicat des eaux d’Île-de-France">SEDIF</abbr>, à préférer Veolia à la régie publique n’est pas mineure. Elle a porté atteinte en profondeur à une approche éthique écologique, sociale et politique de ces enjeux.</p>
<h3>Le deuxième principe concerne l’indispensable radicalité.</h3>
<p>Ce mot est parfois galvaudé. Il est vrai que la radicalité verbale masque souvent le renoncement ou l’impuissance à produire des stratégies de rassemblement victorieuses. La radicalité ne se mesure pas au nombre de fois que l’on utilise le mot anticapitaliste… mais à la capacité à s’attaquer à la racine des problèmes pour apporter des solutions en terme de bien-être social et écologique. Polémiquons un peu&#160;! Quand je compare les programmes en Île-de-France du Front de Gauche et d’Europe Écologie, je dis que vraiment ce dernier n’est pas le moins à gauche. Il n’est pas celui qui s’attaque le moins au système capitaliste&#160;! Il n’est pas celui qui protège le moins les plus démunis&#160;!</p>
<p>Il y a bien besoin de faire décroître des activités nuisibles à notre environnement et à la qualité de notre vie et donc de nos relations humaines, il y a bien besoin d’inventer un nouveau logiciel qui permette des réponses écologiques aux urgences et inégalités sociales. Comment croire que ce logiciel pourrait ne pas intégrer la lutte de classes quand le plus riche des milliardaires Warren Buffet reconnaît <em>«&#160;que la guerre des classes existe et que c’est la sienne qui l’a gagnée&#160;»</em>, au point qu’en 20 ans la part des salaires dans le PIB a baissé de 9,3&#160;% au profit du capital.</p>
<h3>Le troisième principe est la nécessité absolue en politique de faire coïncider nettement davantage les actes avec les paroles.</h3>
<p>Le niveau croissant des abstentionnistes ne cesse de nous le rappeler, mais globalement nous sommes sourds. L’important, c’est d’agir ici et maintenant. Nous le savons bien dans les villes et les conseils généraux que nous dirigeons. Mais on ne peut oublier que dans notre culture communiste, le grand soir nous a souvent amené à négliger, voire à mépriser, et parfois à combattre ceux qui n’entendaient pas attendre ce grand soir pour commencer à changer la vie. Lip, le féminisme, la bataille pour les droits des homosexuels, l’écologie… sont autant de rendez-vous que nous avons manqués et qui ont éloigné de nous des générations entières. Les AMAP, les coopératives, l’économie sociale et solidaire… sont bien des façons de contester concrètement la loi du marché et permet souvent de prendre confiance dans sa force. Les militants d’un autre mode de vie, d’une consommation plus sobre, du bio, des circuits courts… et bien d’autres sont <em>«&#160;les viviers du futur&#160;»</em> qui peuvent contribuer à <em>«&#160;la métamorphose&#160;»</em> dont parle Edgar Morin<sup>[1]</sup>.</p>
<p>Je dois dire aussi qu’ayant été, l’un des négociateurs d’Europe Écologie du programme entre les deux tours, j’ai été très surpris que le Front de Gauche, ne participe pas aux négociations avec nous et le PS. Ce refus de négocier en fait, revient à dire aux électeurs que leur vote n’a pas servi à grand chose. Pourtant nous avons obtenu de nos partenaires socialistes arrivés en tête, qu’ils portent le budget du logement de 750 millions à 1 milliard d’euros, notamment pour lutter contre la précarité énergétique. L’institution d’un Pass Navigo unique en 2012, la conversion de 20&#160;% de l’agriculture en Bio, le refus de travailler avec les banques ayant des succursales dans les paradis fiscaux, ainsi qu’une quinzaine d’autres points.</p>
<p>Sur ces questions de l’action et des stratégies à mettre en œuvre, n’est-il pas largement temps d’avoir des confrontations entre nous&#160;?</p>
<h3>Enfin le 4ème principe, c’est qu’il nous faut avoir le sens du rassemblement.</h3>
<p>Nous nous sommes beaucoup dépensés les uns et les autres dans notre mouvance communiste pour ce combat-là, et nous avons échoué.</p>
<p>Ces dernières années ont été celles des replis sur soi, des concurrences, parfois des communautarismes. Celles où chacun a campé sur son identité et ainsi souvent ces identités se sont desséchées par manque d’ouverture à la vie et aux choses émergentes. Les partis n’ont pas échappé à cette sclérose bien au contraire et notre parti créé pour pousser le nouveau en avant s’est vidé d’une grande partie de ses intelligences.</p>
<p>Dans le monde d’aujourd’hui, il nous faut camper, non pas, sur l’identité mais sur l’altérité et avoir le goût des autres. Là est la richesse et la seule la possibilité de soulever des montagnes. La force politique du 21e siècle, pour moi, est une force qui décloisonne, qui aime et recherche la contradiction, qui favorise la confrontation, qui exclue le monolithisme, qui permet les allées et venues, la porosité et développe au bout du compte l’intelligence collective. Ce vendredi soir-là, plusieurs d’entre vous, ont dit à propos de la proposition de Daniel Cohn Bendit<sup>[2]</sup> et des initiatives d’Europe Écologie&#160;: <em>«&#160;quelle belle idée, cette coopérative, mais quel dommage qu’elle soit déjà prise&#160;»</em>.</p>
<h3>Comment ça dommage&#160;!</h3>
<p>Soit c’est l’idée que vous trouvez bonne et alors coopérons, et coopérons ensemble. Évidemment, pas chacun de son côté.</p>
<p>Soit c’est le mot qui vous plait et peut-être ne voulez vous coopérer qu’entre vous.</p>
<p>Mais dans ce cas là ceci n’est pas une coopérative, c’est un parti et risque même d’être un groupuscule.</p>
<p>Dans une coopérative, chacun apporte des choses différentes pour réaliser des objectifs communs. Et dans ce cas précis, chacun apporte une histoire, une culture différente, une sensibilité, un combat pour réussir la transformation ou la métamorphose sociale et écologique.</p>
<p>Faisons nous ce pari ensemble&#160;? Allons nous avoir de tous cotés — sans béatifier ni diaboliser qui que ce soit — cette audace là&#160;? Là est la question.</p>
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1384" class="footnote">Edgar Morin, <em>Éloge de la métamorphose</em>. <em>Le Monde</em> du 11 janvier 2010</li>
<li id="footnote_1_1384" class="footnote">Cohn Bendit, <em>Inventons ensemble une coopérative politique</em>, <em>Libération</em> du 22 mars 2010</li>
</ol>
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		<title>La décroissance est-elle souhaitable ? : entretien avec Stéphane Lavignotte</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Mar 2010 10:52:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Colomb</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Entretien]]></category>
		<category><![CDATA[Vidéo]]></category>

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		<description><![CDATA[<em>« La décroissance est un débat »</em> : partant de cette intuition, Stéphane Lavignotte propose une analyse serrée et généreuse des idées et des positions défendues par les principaux animateurs de la réflexion sur l’objection de conscience en France. Avec <em>La décroissance est-elle souhaitable ?</em>, il suit les lignes de force et dénoue les fils d’un champ de pensée en pleine ébullition. Militant pluriel et pasteur à la parole vive, Stéphane Lavignotte revient dans cette entretien lumineux sur les principales thèses de son ouvrage et met en scène les interrogations qui le traversent.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;"><em>« La décroissance est un débat »</em> : partant de cette intuition, Stéphane Lavignotte propose une analyse serrée et généreuse des idées et des positions défendues par les principaux animateurs de la réflexion sur l’objection de conscience en France. Avec <em>La décroissance est-elle souhaitable ?</em>, il suit les lignes de force et dénoue les fils d’un champ de pensée en pleine ébullition. Militant pluriel et pasteur à la parole vive, Stéphane Lavignotte revient dans cette entretien lumineux sur les principales thèses de son ouvrage et met en scène les interrogations qui le traversent.</div><p class="meta2">Stéphane Lavignotte, « <a href="http://www.editionstextuel.com/index.php?cat=020201&#038;id=458&#038;c=&#038;count=0">La décroissance est-elle souhaitable ?</a> », Paris, Textuel « Petite encyclopédie critique »,  2010 (9,90 €).</p>
<p class="meta2">Entretien conduit par Philippe Colomb, à <a href="http://blog.lamaisonverte.org/">la Maison Verte</a>, le 12 février 2010.</p>
<h3>Première partie</h3>
<p class="meta2">Présentation de l’auteur ; « Quel est <strong>l’objet général</strong> du livre ? » ; « La décroissance : un mouvement très politique… avec quelle <strong>base idéologique</strong> ? ».</p>
<div class="video">
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</div>
<h3>Deuxième partie</h3>
<p class="meta2">« Pourquoi la décroissance génère-t-elle des <strong>réactions aussi violentes</strong> ? » ; « Comment articulez-vous le lien entre décroissance et <strong>spiritualité</strong> ? » ; « Qui sont <strong>les acteurs</strong> de la décroissance ? ».</p>
<div class="video">
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</div>
<h3>Troisième partie</h3>
<p class="meta2">« Comment étendre le champ de la décroissance pour en faire un <strong>projet collectif</strong> ? » ; « L’homme, la nature… Comment posez-vous la question du <strong><em>centre</em></strong> ? » ; « Quelques mots sur la collection inaugurée par ce livre : la <strong><em>petite encyclopédie critique</em></strong> ».</p>
<div class="video">
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		<title>Pour une stratégie industrielle durable contre des modèles dépassés</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1378-pour-une-strategie-industrielle-durable-contre-des-modeles-depasses/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 08:57:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[Pas une semaine sans annonce catastrophique sur le front industriel français&#160;: d’Arcelor Mittal à Total, en passant par les constructeurs automobiles licenciant à tour de bras, Areva et son réacteur nucléaire EPR embourbé et invendable, ou encore Dassault et son avion Rafale. Les commentaires sur cette série noire oscillent entre subtiles analyses sectorielles et grossier souverainisme économique. Mais, paradoxalement, rares sont ceux qui se risquent à poser clairement un diagnostic et donc un traitement.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Pas une semaine sans annonce catastrophique sur le front industriel français&#160;: d’Arcelor Mittal à Total, en passant par les constructeurs automobiles licenciant à tour de bras, Areva et son réacteur nucléaire EPR embourbé et invendable, ou encore Dassault et son avion Rafale. Les commentaires sur cette série noire oscillent entre subtiles analyses sectorielles et grossier souverainisme économique. Mais, paradoxalement, rares sont ceux qui se risquent à poser clairement un diagnostic et donc un traitement.</div><p class="meta2">Tribune parue dans Le Monde du 2/3/2010 (<a href="http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/02/pour-une-strategie-industrielle-durable-contre-des-modeles-depasses_1313329_3232.html">consultable en ligne</a>)</p>
<p>Et si, tout simplement, ce qui caractérisait ces industries était d’être irrémédiablement tournées vers un modèle dépassé, incapables d’anticiper les enjeux du XXI<sup>e</sup> siècle et donc de produire les équipements dont nous avons besoin aujourd’hui&#160;? Et si les stratégies purement défensives défendues par le gouvernement (à coup de plans de relance et de coups de menton virils) et la gauche traditionnelle (défendant systématiquement le statu quo) ne pouvaient qu’échouer parce qu’ayant fait leur temps&#160;?</p>
<p>Et si l’échec à Copenhague comme celui de la taxe carbone n’étaient que les résultats directs de cette incapacité à choisir, à tourner résolument le dos au passé et regarder l’avenir&#160;? Et si, avec des discours qui prétendent traiter les problèmes de fond, tout en ne voulant quasiment rien changer pour ne pas se mettre à dos les principaux lobbies, on ne faisait que reporter systématiquement les réformes structurelles indispensables, au risque de les rendre demain encore plus brutales et coûteuses, avec un cortège de souffrances plus lourd encore&#160;? Et si en fin de compte, les écologistes étaient aujourd’hui les seuls porteurs d’une stratégie industrielle digne de ce nom-là où toutes les autres forces politiques ont depuis longtemps renoncé&#160;?</p>
<p>Certes, en tant qu’écologistes, nos aspirations premières vont naturellement à la création d’emplois dans les services (notamment les services à la personne) ou dans l’économie de l’immatériel (technologies de l’information). Mais nous avons pleinement conscience que la mutation écologique de l’économie passe par une mutation industrielle, et ce d’autant plus que des centaines de milliers de salariés, ouvriers et cadres, aujourd’hui menacés, sont placés en situation d’angoisse, d’incapacité à se projeter vers l’avenir.</p>
<p>Réussir la mutation écologique nécessite de nombreuses filières industrielles&#160;: pour rénover thermiquement les bâtiments — à commencer par les &laquo;&nbsp;grands ensembles&nbsp;&raquo; où règne la précarité énergétique —, et donc fabriquer des isolants thermiques, des panneaux solaires, etc.&#160;; pour développer les systèmes de transports collectifs de demain ainsi que des véhicules automobiles sobres, des vélos plus performants, des dispositifs d’éclairage basse consommation, etc.&#160;; pour produire et distribuer l’énergie de façon renouvelable et décentralisée, mais aussi pour recycler les déchets, inventer des filières du réemploi et de la réparation des biens, réduire les circuits de fabrication et de distribution, en donnant la priorité à l’utilité sociale et à la relocalisation de l’économie.</p>
<p>Ces filières, pour la plupart émergentes, ne tomberont pas du ciel. Elles ont besoin d’une impulsion publique. C’est d’ailleurs ce que font chacun de leur côté la Chine et les États-Unis. Et elles peuvent aussi s’appuyer sur le tissu industriel existant, pour peu qu’on mobilise les réseaux, les savoir-faire existants, qu’on privilégie la reconversion plutôt que l’acharnement thérapeutique ici ou la chirurgie lourde là. On ne compte plus les exemples européens de sous-traitants du secteur de l’automobile ou du secteur minier, reconvertis dans l’éolien notamment. Mais il faut maintenant passer à une autre échelle.</p>
<p>Reconvertir est forcément un moment difficile. Cela impose de faire des choix, de convenir de ce qui ressort du passé et de ce qui ressort de l’avenir. De dire, par exemple, qu’entre les énergies du passé (pétrole, gaz, charbon, uranium) qui sont toutes centralisées, reposant sur des ressources limitées et peu créatrices d’emplois, et les énergies d’avenir (éolien, solaire, géothermie, énergies de la mer, etc.) décentralisées, renouvelables et créatrices d’emplois, les bonus économiques iront aux secondes et les malus aux premières.</p>
<p>Mais cette reconversion n’est pas uniquement affaire économique&#160;: elle est d’abord affaire humaine. Qui dit reconversion industrielle dit stratégie d’envergure de formation, de renforcement des compétences, d’accompagnement dans le changement, de garantie des revenus pendant la transition. La région, parce qu’elle est non seulement chargée de la formation professionnelle, mais aussi du développement économique, est le lieu par excellence où cette nouvelle impulsion peut être donnée.</p>
<p>En organisant des états généraux de la transformation écologique de l’économie et de l’emploi, nous entendons associer l’ensemble des acteurs économiques et sociaux du territoire — et notamment les forces syndicales de plus en plus conscientes de cet impératif de mutation — débouchant sur des contrats de conversion écologique et garantissant un revenu de transition pour accompagner et protéger les salariés dans cette évolution professionnelle. En créant un fonds de soutien à l’intelligence écologique, nous accompagnerons humainement et matériellement les TPE et PME dans leurs projets d’innovation dans les éco-technologies et dans l’invention de l’économie de demain. Rien qu’à partir de l’Île-de-France, c’est près de 170&#160;000 emplois durables et non délocalisables qui pourraient ainsi être créés.</p>
<p>Cette mutation industrielle est ainsi au coeur des enjeux de notre début de siècle&#160;: enjeux économiques, écologiques, énergétiques, sociaux. À elle seule, elle ne saurait traduire l’ensemble des mutations nécessaires à la métamorphose qu’appelle de ses vœux Edgar Morin, tant les enjeux culturels, de solidarité, de décroissance de notre empreinte écologique et de changement de notre vision du monde sont essentiels. Mais elle en est un point de passage urgent.</p>
<p><em>Nous ne voulons pas vivre notre époque comme la fin d’un monde qu’il faut à tout prix retarder, mais au contraire comme l’aube d’un nouveau monde à construire.</em></p>
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		<title>Énergies renouvelables : en finir avec la mauvaise foi</title>
		<link>http://ecolosphere.net/archives/1377-energies-renouvelables-en-finir-avec-la-mauvaise-foi/</link>
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		<pubDate>Tue, 30 Mar 2010 08:56:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Cécile Duflot</dc:creator>
				<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Tribune]]></category>

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		<description><![CDATA[Après la décision du gouvernement de baisser les tarifs d’achat par EDF de l’électricité solaire photovoltaïque, les écologistes Denis Baupin, Cécile Duflot et Hélène Gassin dénoncent les faux-semblants du développement durable façon Sarkozy.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Après la décision du gouvernement de baisser les tarifs d’achat par EDF de l’électricité solaire photovoltaïque, les écologistes Denis Baupin, Cécile Duflot et Hélène Gassin dénoncent les faux-semblants du développement durable façon Sarkozy.</div><p class="meta2">Tribune <a href="http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/280110/energies-renouvelables-en-finir-avec-la-mauvais">publiée sur Mediapart</a>.</p>
<p>La schizophrénie du gouvernement, en matière d’environnement en général et d’énergies renouvelables en particulier, vient d’atteindre un stade alarmant avec les péripéties autour du tarif d’achat du solaire photovoltaïque.</p>
<p>Après les atteintes systématiques au développement de l’éolien — il existe aujourd’hui en France une forme de moratoire de fait, puisque les dossiers ne sont plus instruits dans les préfectures — c’est maintenant le solaire photovoltaïque qu’on tente d’entraver… À rebours des envolées lyriques officielles en faveur de la diversité énergétique et de la lutte contre le dérèglement climatique.</p>
<p>Après l’avoir annoncé il y a un an, le gouvernement a publié, le 13 janvier, les nouvelles règles pour l’achat de l’électricité solaire. Ces nouveaux tarifs ne sont pas bons puisqu’ils découragent les installations architecturales innovantes d’intégration au bâti sur le neuf (hors logement) et la majorité des projets d’équipement de bâtiments existants&#160;: pour bénéficier d’un tarif d’achat élevé, il faudra remplacer le toit plutôt que de simplement poser les panneaux dessus… Les nouvelles règles vont lourdement pénaliser les nombreux projets en cours en zone urbaine ou sur des bâtiments d’activité agricoles ou commerciaux.</p>
<p>Anticipant sur ce changement annoncé depuis un an, de très nombreux porteurs de projet avaient déposé leurs dossiers entre novembre et décembre pour bénéficier des anciens tarifs. Voyant arriver des milliers de dossiers, dont un grand nombre resteraient peut-être dans les cartons, il semble que le gouvernement ait pris peur. Il a donc désamorcé la «&#160;bulle spéculative&#160;» en prévoyant que les nouveaux tarifs soient quasiment rétroactifs&#160;: Les projets déposés depuis le 1er novembre 2009 mais n’ayant pas fait une demande de raccordement au réseau au 11 janvier 2010 passent sous le nouveau régime. Ce gouvernement aurait donc à cœur de lutter contre la spéculation et les excès de rentabilité&#160;!</p>
<p>Grâce à cet acte héroïque, les quelques centaines d’agriculteurs et gérants de supermarché qui auraient construit des installations solaires «&#160;trop rentables&#160;» ne le feront pas. Que les choses soient claires&#160;: les écologistes que nous sommes ont toujours dénoncé la course au profit et la spéculation, mais dans un pays qui laisse la grande distribution s’enrichir à millions au détriment des petits fournisseurs et qui refuse de distribuer équitablement les aides agricoles, cette subite poussée de vertu pour quelques milliers d’euros prête à sourire.</p>
<p>À l’appui de ce combat, le ministère explique que les énergies renouvelables coûtent cette année 500 millions d’euros aux consommateurs d’électricité, et on a pu lire ici ou là que si les «&#160;spéculateurs&#160;» n’avaient pas été freinés, cela nous aurait coûté des milliards et fait exploser nos factures. </p>
<p>Or, selon la Commission de régulation de l’énergie, les énergies renouvelables, avec 64 millions d’euros en 2009, ne constituent que 3&#160;% de la Contribution aux charges de service public de l’électricité (CSPE) prélevée sur nos factures. La CSPE sert à financer plusieurs dispositifs dont la péréquation tarifaire, les tarifs de première nécessité et les tarifs d’achat. La part des énergies renouvelables correspond à la différence entre le tarif d’achat et le prix de l’électricité sur le marché. Or, comme ce dernier augmente chaque année, les renouvelables coûtent mécaniquement de moins en moins cher.</p>
<p>La part «&#160;solaire&#160;» de notre facture représentant moins de 0,5&#160;%, le risque d’une explosion semble bien circonscrit&#160;!</p>
<p>Dans un pays qui tolère, voire encourage, la spéculation immobilière et boursière, qui gratifie les plus riches d’un bouclier fiscal, qui laisse les banques distribuer primes et bonus par centaines de millions, qui démonte pièce par pièce les outils de redistribution et de service public, la seule activité condamnable pour immoralité serait les énergies renouvelables&#160;?</p>
<p>Ce qui gêne dans cette «&#160;bulle spéculative&#160;» du solaire, ce ne sont pas les petits profits mais bien le développement à grande échelle d’énergies renouvelables que l’on préfèrerait garder dans une niche de communication tout en continuant à favoriser les «&#160;vraies énergies sérieuses&#160;»&#160;: le pétrole, le charbon, le gaz et bien sûr le nucléaire.</p>
<p>Oui, il faut éviter les abus dans le développement des énergies renouvelables et, oui il y a un impératif de qualité et de concertation dans ce domaine… comme dans les autres. Mais si, comme il l’affirme, la préoccupation du gouvernement était de concilier éthique économique et développement durable des énergies renouvelables, au lieu d’inventer des réglementations vexatoires, il encourageait l’investissement collectif et citoyen, il donnerait aux territoires une compétence élargie et un droit à l’expérimentation.</p>
<p>Si la maîtrise des factures d’électricité était un objectif, alors le gouvernement aurait empêché EDF d’empocher centaines de millions d’euros initialement destinés au renouvellement et à l’entretien des réseaux de distribution, facture que nous allons repayer via une augmentation de nos factures — réelle celle là — de 10&#160;% en 4 ans.</p>
<p>Messieurs Borloo et Sarkozy affirment sans broncher qu’ils tiendront l’objectif européen du «&#160;paquet climat-énergie&#160;» de 23&#160;% d’énergies renouvelables dans la consommation française d’énergie mais…  sans développer les énergies renouvelables.</p>
<p>Face à cette mauvaise foi, à cette morale à géométrie variable, nous opposons une autre logique&#160;: que les Régions, avec les villes et les territoires, réinventent, avec les citoyennes et citoyens, et les acteurs de leurs territoires, un service public des énergies renouvelables ambitieux et juste. Car nous, nous ne renoncerons ni à l’intérêt général, ni aux 23&#160;% d’énergies renouvelables, ni aux 240&#160;000 emplois qui vont avec&#160;!</p>
<p>Pour cela, nous nous engageons et mettrons en œuvre de véritables paquets climat-énergie régionaux, nous démocratiserons l’accès aux économies d’énergie et aux énergies renouvelables avec des mécanismes financiers adaptés (prêts bonifiés, chèques éco-énergie) et développeront des opérateurs publics, ouverts à l’investissement citoyen, pour développer les énergies renouvelables et rénover à grande échelle les logements.</p>
<p><em>Face au dérèglement climatique, face à l’épuisement des matières premières énergétiques non renouvelables, nous ne pouvons plus attendre. L’écologie c’est maintenant.</em></p>
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		<title>Dette publique : trois options non écolos et une autre</title>
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		<pubDate>Fri, 19 Feb 2010 12:14:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hervé Morel</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[L’auteur souhaite ici montrer que les partenariats publics privés (PPP) s’apparentent au système des « fermiers généraux », cercle vicieux dont l’amplification nous mène au bord d’une rupture à venir. Il apporte ensuite des éléments pour une réponse écolo à cette situation.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">L’auteur souhaite ici montrer que les partenariats publics privés (PPP) s’apparentent au système des « fermiers généraux », cercle vicieux dont l’amplification nous mène au bord d’une rupture à venir. Il apporte ensuite des éléments pour une réponse écolo à cette situation.</div><p><em>«&#160;Mme Pecresse propose que la “double boucle” de métro automatique projetée par Christian Blanc soit financée par la région à hauteur de 300 millions d’euros par an à partir de 2012 en partenariat public-privé&#160;».</em></p>
<p>Le 11 Juillet 1789, Louis XVI révoque Necker de sa fonction de Directeur Général des Finances du royaume.</p>
<p>La royauté est en faillite morale, politique, mais aussi financière. Depuis plusieurs années les dépenses publiques excédent les recettes d’un quart voire d’un tiers. Pour combler ces déficits, le Trésor fait appel à l’emprunt et à des expédients financiers coûteux.</p>
<p>Un de ses expédients est l’affermage. Le roi reçoit des fonds de financiers privés, les fermiers généraux qui obtiennent en échange le droit de collecter les impôts. Les fermiers versent immédiatement le produit escompté des impôts au Trésor et se chargent ensuite de prélever les impôts. Evidemment le financier minimise le produit escompté car l’excédent d’impôts prélevés ira dans sa poche. Face à un Trésor en permanence au bord de la banqueroute, il lui est facile de négocier. Comme une part des impôts prélevés ne revient pas au Trésor, les déficits s’accroissent.</p>
<p><em>«&#160;Les déficits ne sont pas un problème, <em>dit le financier au Roi</em>, je te prêterai de l’argent et cela à des taux d’intérêts de plus en plus élevés puisque ton déficit s’accroit. Certes ces intérêts augmenteront tes dépenses, et donc ton déficit, et donc les taux d’intérêt auxquels je te prêterai de l’argent, mais l’essentiel c’est d’avoir de l’argent aujourd’hui qu’importent les générations futures&#160;»</em>. Au XVIII<sup>e</sup> siècle on disait «&#160;après moi, le déluge&#160;».</p>
<p>Ce cercle vicieux devait avoir une fin. Après le 11 Juillet, il y eut le 14 Juillet, une rupture qui inaugurait un changement d’époque.</p>
<h3>Ce qu’est un partenariat public privé</h3>
<p>Imaginons un projet de construction d’un lycée, la Région peut décider de passer un marché avec une entreprise de bâtiment qui va construire le Lycée, la région paiera les travaux de l’entreprise soit par son autofinancement (l’excédent de ses recettes fiscales sur ses dépenses de fonctionnement) soit par emprunt. Elle assurera ensuite la maintenance de l’ouvrage. Elle collectera des impôts pour payer cette maintenance, payer les intérêts et rembourser son emprunt.</p>
<p>Donc si un élu veut investir, il doit soit augmenter les impôts, soit réduire les dépenses, soit accroitre la dette. L’élu traditionnel n’aime pas augmenter les impôts, il aime distribuer des prébendes. C’est un «&#160;bon père de famille&#160;» qui veille à maintenir la dette à un niveau raisonnable. Ce sont trois contraintes lourdes. Le PPP partenariat public privé est une «&#160;entourloupe&#160;» qui va lui permettre de desserrer ces contraintes.</p>
<p>Le PPP est un contrat qui lie une collectivité (état, ville, région), un constructeur -exploitant et un financeur. Le constructeur-exploitant va construire et maintenir l’équipement, un financier va en devenir propriétaire et le louer à la collectivité qui en deviendra propriétaire au bout de 20 à 25 ans. Certes il faudra payer les loyers, mais sur une durée telle que l’impact sera faible dans les années du mandat de l’élu.</p>
<p>Vous me direz qu’un engagement de payer une série de loyers s’apparente à une dette et que l’on devrait l’additionner à la dette. Vous avez du bon sens et vous avez raison. Mais toute la perversité du PPP est de créer un écran de technicité qui cache cette réalité simple et évidente. Un PPP est une dette publique cachée au citoyen.</p>
<p>Et c’est une dette couteuse. La collectivité paiera dans son loyer le coût de la construction, le coût de la maintenance, la non mutualisation des risques, la rémunération ordinaire du capital, le supplément de rémunération que réclament les actionnaires et les honoraires des multiples juristes qui vont établir les contrats entre les différents acteurs puis gérer les litiges. À cela peut s’ajouter la corruption, mais même sans cela, le PPP est une entourloupe perverse.</p>
<p><em>«&#160;Les déficits ne sont pas un problème, <em>dit le financier à l’élu</em>, je vais te prêter de l’argent et cela à des taux d’intérêts de plus en plus élevés car ton déficit s’accroit. Certes ces intérêts augmenteront tes dépenses, et donc ton déficit, et donc les taux d’intérêt auxquels je te prêterai de l’argent, mais l’essentiel c’est d’avoir de l’argent aujourd’hui qu’importent les générations futures.&#160;»</em></p>
<h3>Comment cela évoluera-t-il&#160;? Trois options non écolos</h3>
<p>Il est probable qu’un jour prochain, les PPP seront comptabilisés dans les dettes publiques. Ce n’est pas le cas dans la comptabilité française, mais si les collectivités publiques appliquaient les normes comptables internationales des groupes privés, cela serait déjà le cas. La commission Européenne réfléchit à intégrer les PPP dans le calcul de l’endettement public. L’immensité des dettes apparaitra alors plus crûment. Que se passera-t-il alors&#160;? Je vois trois options non écolos&#160;:</p>
<h4>Le bricolage</h4>
<p>L’inventivité des financiers est sans limite. Si le PPP est comptabilisé dans la dette, des financiers inventeront un nouveau montage financier et juridique, une nouvelle «&#160;entourloupe&#160;» pour continuer à empiler les dettes sur les dettes en les cachant. Les montages seront plus complexes, les honoraires et marges seront donc plus élevés. Les «&#160;fermiers généraux&#160;» continueront à s’enrichir et la montagne de dettes à s’élever. On gagnera du temps mais on aggravera le problème. Nous ne pouvons soutenir cela.</p>
<h4>Le risque systémique</h4>
<p>C’est quand les dettes sont telles que le système bancaire s’effondre. Nous avons frôlé ce risque avec la faillite de Lehmann Brothers. La réponse a été une injection massive d’argent public. On a accru les dettes publiques. Aujourd’hui la prochaine faillite peut être la Grèce, l’argent allemand peut colmater cette brèche, mais après il y a l’Espagne, l’Italie, la France… «&#160;L’Allemagne paiera&#160;» ne peut pas être la seule réponse. Le risque systémique, c’est la situation où le distributeur de billets répond «&#160;appareil définitivement hors d’usage&#160;». Après un moment de stupéfaction, on comprend qu’il ne nous reste comme moyen d’échange que la violence et la barbarie. Il est de notre devoir d’éviter cela.</p>
<h4>Le plan Pinay Rueff</h4>
<p>En 1958, le général de Gaulle revient au pouvoir. Il prend en main le dossier algérien, il lance aussi un plan d’assainissement des finances publiques, le plan «&#160;Pinay Rueff&#160;», du nom de ces deux initiateurs — je développerai un jour mon avis sur l’habileté d’associer ces deux noms, eau et feu, «&#160;bon sens&#160;» et technocratie, car un succès financier est d’abord un succès de communication. Ce plan est rude&#160;: réduction des remboursements de sécu, hausse des impôts et même proposition de réduction des retraites d’anciens combattants. Deux groupes sociaux renfloueront les caisses de l’État, les classes populaires et les classes moyennes. Et cela a été accepté. La puissance politique du général de Gaulle est alors gigantesque. Il est soutenu par les factieux d’extrême droite d’Alger, par la Droite, mais aussi par le MRP, les radicaux et même l’essentiel de la SFIO. Demain, un pouvoir politique «&#160;d’union nationale&#160;» peut tripler la taxe d’habitation et réduire de moitié les remboursements de santé, et d’un tiers les retraites. La mise sous tutelle de la ville de Grigny en est un avant-gout. Qui peut assurer que Martine Aubry ne s’associera pas à une action de ce type&#160;? Quand à Dominique Strauss Kahn, y a-t-il un doute sur sa capacité à «&#160;être un gestionnaire rigoureux&#160;», c’est-à-dire celui qui fait payer les pauvres&#160;? Nous connaissons ce triste mois de Décembre où pour beaucoup, les cadeaux de Noël sont amputés du paiement de la taxe d’habitation. Décembre pourrait devenir beaucoup plus rude encore. Cela ne peut pas être notre politique.</p>
<h3>Éléments pour une réponse écolo à la question des PPP et plus généralement de la dette publique.</h3>
<p>Parce que nous sommes écolos, nous avons un raisonnement de long terme et nous ne pouvons pas reporter sur les générations futures une dette non maitrisée. Pour paraphraser une formule célèbre, je dirais que <em>«&#160;Nous n’héritons pas de la dette de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants.&#160;»</em></p>
<p>Parce que nous sommes écolos, nous sommes pour la transparence. Nous devons faire un bilan complet de la dette, des quasi dettes (PPP et autres) et construire des projections financières pluri annuelles de réduction de la dette. </p>
<p>Parce que nous sommes écolos, nous sommes pour le contrat citoyen. Nous devons établir un pacte fiscal, techniquement viable, juridiquement solide, socialement juste qui soit un engagement réciproque. Nous sommes les enfants de Thoreau, l’impôt doit être moral. Cela nécessite de se débarrasser des «&#160;fermiers généraux&#160;». La proposition d’emprunt populaire émise par les Verts Paris et qu’Europe Écologie a reprise à son compte en est un pilier technique mais aussi une prise de position politique. </p>
<p>Parce que nous sommes écolos, nous avons une logique systémique. La dette publique sera remboursée par des rentrées fiscales, ces rentrées fiscales seront fonction de l’activité économique. Mais ce n’est pas une croissance écologiquement insoutenable qui peut être la solution. C’est un projet systémique, écologique, social, économique qui intégrera la solution à l’endettement public.</p>
<p>La fondation pour l’innovation politique a commandé un sondage en janvier, il en ressort&#160;:</p>
<ul>
<li>que 69&#160;% des personnes interrogées pensent que la dette est un lourd fardeau pour les générations futures&#160;;</li>
<li>que 26&#160;% pensent que la dette est trop importante pour être remboursée&#160;;</li>
<li>que 67&#160;% voterait oui à un référendum proposé par Nicolas Sarkozy interdisant le déficit public&#160;;</li>
<li>que 92&#160;% pensent qu’il faut réduire les dépenses publiques&#160;;</li>
<li>que 25&#160;% pensent que c’est l’aide aux chômeurs qui doit être réduite en priorité.</li>
</ul>
<p>Voila la réponse de droite à la question de la Dette&#160;!</p>
<p>À nous écolos, de prendre en main cette question pour y apporter une réponse écolo .</p>
<p>Raisonnement de long terme, transparence, contrat citoyen, logique systémique, voilà les bases d’une vision écolo. Cette vision écolo, rupture civilisationnelle, sera le soubassement de notre projet pour les prochaines échéances électorales de 2012.</p>
<p>Nous avons les ressources intellectuelles pour apporter une réponse écologiste à la question de la dette publique, il nous faudra aussi trouver les mots pour le dire en évitant l’excès de technicité car la finance écolo est citoyenne, compréhensible par tou-te-s, alliance du bon sens et de la compétence.</p>
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		<title>De Seattle et Porto Alegre à Copenhague, nouveaux défis pour les mouvements</title>
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		<pubDate>Tue, 12 Jan 2010 12:50:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Christophe Aguiton</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>
		<category><![CDATA[Copenhague 2009]]></category>
		<category><![CDATA[Dossiers]]></category>

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		<description><![CDATA[Une quinzaine de jours après la fin de la conférence de Copenhague et dix ans après Seattle et Porto Alegre, qui ont marqué l’émergence du mouvement altermondialiste, il peut être utile de comparer les situations pour mieux comprendre quelques-uns des défis et problèmes auxquels seront confrontés les mouvements qui luttent pour une « justice climatique ».]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Une quinzaine de jours après la fin de la conférence de Copenhague et dix ans après Seattle et Porto Alegre, qui ont marqué l’émergence du mouvement altermondialiste, il peut être utile de comparer les situations pour mieux comprendre quelques-uns des défis et problèmes auxquels seront confrontés les mouvements qui luttent pour une « justice climatique ».</div><p class="meta2">Par Christophe Aguiton, militant d’ATTAC, actif dans la coalition <em>Climate Justice Now!</em> <a href="http://copenhague.blogs.liberation.fr/climat/2010/01/de-seattle-et-porto-alegre-%C3%A0-copenhague-nouveaux-d%C3%A9fis-pour-les-mouvements-.html">Publié sur <em>Copenhague le blog off</em></a> (Libération).</p>
<p>Copenhague, du point de vue des mouvements, est en effet très similaire à Seattle. Dans les deux cas les ONGs étaient les premières à se mobiliser sur les thématiques en cause, la dette des pays du Sud ou l’ouverture des marchés pour le mouvement altermondialiste, les questions climatiques pour Copenhague. Dans les deux cas les mouvements sociaux ont commencé à s’investir sur ces terrains, de façon déterminée pour le mouvement paysan avec Via Campesina, de manière plus timide pour le mouvement syndical. Dans les deux cas enfin, une importante mobilisation de la jeunesse a marqué l’émergence de nouveaux mouvements.</p>
<p>Du point de vue de la disposition des acteurs, Seattle et Copenhague sont, en revanche, dans des positions opposées. En s’opposant à l’OMC et au néolibéralisme, le mouvement altermondialiste se confrontait au point nodal du capitalisme contemporain : 1999, c’était l’époque de la « pensée unique » et du « consensus de Washington » qui ne voyaient aucune autre politique possible que celle de l’ouverture et la libéralisation des marchés. Sur la question climatique, à l’inverse, les ONGs et mouvements sociaux se retrouvent alliés — partiellement en tout cas — à des acteurs décisif du système et du capitalisme. Face aux responsables politiques qui nient encore — à l’image de George Bush — la réalité du changement climatique et face aux secteurs industriels qui veulent préserver leurs activités et leurs profits dans des secteurs émetteurs de gaz à effet de serre, on trouvera les mouvements, mais aussi des acteurs industriels qui veulent être les gagnants du « <em>green capitalism</em> » et des responsables politiques qui veulent que leur pays soient les hérauts de cette transformation.</p>
<h3>Étrange sentiment de voir « <em>Climate Justice</em> » faire un bout de chemin avec Arnold Schwarzenegger, Angela Merkel, voire Nicolas Sarkozy !</h3>
<p>La scène politique, en particulier à l’échelle internationale, est coutumière de ces situations où les acteurs se retrouvent ensemble, pour une alliance ponctuelle qui n’efface en rien les différences d’intérêts et de point de vue. Cela avait été le cas lors de la guerre en Irak où les mouvements anti-guerre avaient été en alliance objective — de très courte durée — avec les gouvernements allemand, français ou russe.</p>
<p>Les paysage est beaucoup moins clair sur la question climatique, où il est difficile de situer les lignes de partage des eaux. Une difficulté qui tient à l’ampleur des défis posés par la crise climatique, mais aussi à la coexistence de trois approches différentes qui divisent tant les mouvements que les différents secteurs du capitalisme. La première de ces approches consiste à faire confiance aux marchés et à l’initiative individuelle et collective pour permettre l’éclosion d’une vague d’innovations techniques et économiques. La deuxième est étatique et technologique et s’appuie sur des grands projets dans des domaines tels que les transports, la construction de centrales nucléaires ou des programmes de stockage et enfouissement du carbone. La troisième approche s’appuiera sur les initiatives sociales : les initiatives d’habitants sur les transports ou l’énergie, les échanges directs entre producteurs et consommateurs pour relocaliser la production ou les campagnes pour étendre le champ des « biens communs » à la propriété intellectuelle sur les nouvelles technologies.</p>
<p>Si personne ne se reconnaîtra dans une seule de ces trois approches, le poids à mettre sur telle ou telle, et en particulier sur les grands projets technologiques, sera un objet de controverse entre les mouvements. À la différence du mouvement altermondialiste ou il était possible de voir une ligne de front entre des mouvements défendant les services publics et la protection sociale face à un capitalisme néolibéral tenant du « moins d’état » et des privatisations.</p>
<p>À Porto Alegre le Forum Social Mondial pouvait se contenter de proclamer, face à Davos et au « consensus de Washington » : « Un autre monde est possible ». Une réponse qui ne saurait suffire face à l’urgence climatique et aux risques de voir « d’autres mondes » surgir qui soient aux antipodes des valeurs et aspirations des militants pour une justice climatique comme, par exemple, l’imposition de mesures autoritaires par des États qui jugeraient que c’est la seule voie possible….</p>
<p>Pour avancer dans la définition de modèles de développement ou de projet de société, les mouvements devront cependant lever deux obstacles :</p>
<ul>
<li>les différences de point de vue renvoyant à l’existence sociale des acteurs, salariés des grandes entreprises, petits paysans en culture vivrière ou indigènes d’une forêt primaire…</li>
<li>l’héritage doctrinal de la gauche et de mouvements sociaux formés lors du siècle précédent, héritage assez éloigné des préoccupations actuelles des mouvements pour la « justice climatique »…</li>
</ul>
<p>L’élaboration d’un projet de société pourrait également permettre de revisiter une césure très ancienne entre ceux qui pensent pouvoir changer le monde en changeant le système et ses structures et ceux qui mettent en avant la nécessité de commencer par changer ses propres pratiques. Une césure qui remonte à Fourrier, adepte des phalanstères, versus Blanqui, maître de l’insurrection, mais qui n’a cessée de diviser le mouvement social.</p>
<h3>Autre différence entre Seattle et Copenhague, la relation aux institutions internationales et l’appréciation des rapports Nord–Sud.</h3>
<p>À Seattle, là aussi les choix étaient simples : d’un côté l’OMC, outil du néolibéralisme, les entreprises multinationales et les pays du Nord ; de l’autre les pays du Sud, étranglés par la dette et contraints de subir les plans d’ajustement du FMI. Pas besoin de longs débats pour savoir de quel côté se situer !</p>
<p>À Copenhague, première différence, c’est l’ONU qui est le cadre des négociations… Une ONU fragilisée par la place pris par le G8, le FMI, la Banque Mondiale, l’OMC et, dans la dernière période, par le G20 et qui est de ce fait d’autant plus ouverte aux petits pays et à la participation de la « société civile ».</p>
<p>La deuxième différence tient au décollage de certains des grands pays du Sud, à commencer par la Chine. En dix ans les rapports de force mondiaux se sont transformés et la négociation de Copenhague en a été la démonstration éclatante. Le texte final a été écrit par les États-Unis et la Chine et avalisé par cinq pays, les mêmes plus le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud avant d’être présenté pour ratification finale à 28 pays, dont l’Europe et le Japon. Une réalité qui demandera une discussion dans les mouvements sur les stratégies d’alliance : s’il allait de soi d’exiger la reconnaissance de la responsabilité historique des pays du Nord dans le réchauffement climatique, il sera difficile de soutenir sans débat le « groupe des 77 plus la Chine » ce qui reviendrait à  mettre sur le même plan la Bolivie, qui a combattu — à juste titre — le texte final, et ceux qui ont été les protagonistes de son adoption !</p>
<p>Cette énumération de défis et problèmes à résoudre n’est pas exhaustive, et elle ne doit surtout pas être comprise comme une incitation à la résignation face à l’ampleur des tâches à accomplir. Elle est, au contraire, un encouragement à prendre à bras le corps des questions qui sont au cœur des préoccupations des militants et dont la prise en compte peut aider la gauche et les mouvements sociaux à redéfinir des orientations et des stratégies.</p>
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		<title>Copenhague – Taxe carbone : même logique, même échec</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Dec 2009 15:51:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Denis Baupin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Analyse Actu]]></category>
		<category><![CDATA[Articles]]></category>

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		<description><![CDATA[Mêmes causes, mêmes effets. Du flop de Copenhague au rejet de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, c’est le <em>greenwashing</em> de l’économie productiviste, c’est la tentative de faire passer pour écologiste la poursuite d’une croissance éternelle, fut-elle repeinte en vert, qui sont en échec.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="font-weight:bold; margin-bottom:1em;">Mêmes causes, mêmes effets. Du flop de Copenhague au rejet de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel, c’est le <em>greenwashing</em> de l’économie productiviste, c’est la tentative de faire passer pour écologiste la poursuite d’une croissance éternelle, fut-elle repeinte en vert, qui sont en échec.</div><p>À Copenhague, c’est l’acharnement des États-Unis à rester dans une logique « 20<sup>e</sup> siècle » et à considérer prioritaire sa compétition économique avec la Chine — et donc à limiter tout ce qui pouvait réduire la sacro-sainte productivité — plutôt qu’à inventer de nouvelles règles de coopération planétaires « 21<sup>e</sup> siècle » qui a  conduit à l’échec. Et ce d’autant plus que les autres pays riches (Union Européenne compris) se sont alignés sur cette logique. Ce sont alors les pays victimes (les États insulaires, les pays les plus pauvres) et les ONG qui ont dénoncé le fait que le compte n’y était pas.</p>
<p>Dans le cas de la taxe carbone, c’est la même logique « 20<sup>e</sup> siècle » qui a conduit le Président Sarkozy et le gouvernement à vider de son contenu la contribution climat-énergie, sous la pression des lobbies économiques (qui ont obtenu l’exonération de l’électricité et des industries polluantes) et de sa majorité législative (qui a obtenu l’abaissement de la taxe à un niveau inefficace et une redistribution injuste de son produit), ne conservant que l’enveloppe (pour la comm’, et encore une comm’ extrêmement maladroite privilégiant le terme « taxe » à celui de « contribution ») et reportant à plus tard les inévitables réformes. Mais là, plus surprenant, c’est le Conseil constitutionnel qui a dit que le compte n’y était pas, validant a posteriori la stratégie écologiste de reconnaissance des enjeux planétaires dans la constitution (principe de précaution, Charte de l’environnement, etc.).</p>
<p>Selon que l’on considère le verre à moitié vide ou à moitié plein, on peut donc se désespérer de ces deux situations, ou au contraire trouver matière à se consoler.</p>
<p>Se désespérer de voir le vieux monde résister à ce point aux évolutions rendues indispensables, et constater que décidément, ce ne sont pas les vieux responsables politiques — enfermés dans les vieilles logiques du 20<sup>e</sup> siècle et n’acceptant de prendre en compte les enjeux du 21<sup>e</sup> qu’à reculons, et donc de façon inefficace écologiquement et injuste socialement — qui arriveront à nous sortir de l’ornière, tant le court terme et la vision traditionnelle l’emporte sur le long terme et l’invention d’une nouvelle doctrine économique et écologique.</p>
<p>Profitons de l’occasion pour préciser que les communiqués triomphateurs du Parti socialiste, certes à l’origine du recours, ne l’exonèrent nullement des mêmes travers, tant ses propres contradictions dans l’opposition (quand sa propre candidate à la Présidentielle et cheffe de file pour les prochaines régionales se prononce avec force démagogie contre toute fiscalité carbone) ou en situation de pouvoir (quand dans les municipalités, il préfère retirer les délégations des élus écologistes ici, rejeter les amendements budgétaires là, construire des autoroutes et des aéroports ailleurs, plutôt que de mettre ses actes en accord avec ses propos écologistes de circonstances) s’apparentent à celles du parti au pouvoir.</p>
<p>Ou se consoler de constater que les « cordes de rappel » sont aujourd’hui suffisamment puissantes pour mettre en échec le <em>storytelling</em> de Sarkozy. Qu’elles prennent la forme des victimes actuelles et futures du dérèglement climatique à Copenhague, ou celles de la plus haute juridiction en France, elles montrent qu’il n’est plus si facile aujourd’hui de se prétendre écologiste en restant productiviste, qu’il n’est plus aussi facile de prétendre qu’on sauve les générations futures quand on continue de les enfoncer, de prétendre être au service des victimes quand en fait on ne sert que les lobbies.</p>
<h3>Et maintenant, « que faire ? » comme dirait Dany<sup>[1]</sup>.</h3>
<p>J’ai eu l’occasion ici de livrer <a href="http://ecolosphere.net/archives/1363-rebondir-apres-l-echec-de-copenhague/">des pistes sur la façon dont on pourrait rebondir après l’échec de Copenhague</a>, et à quel point les mois à venir seront cruciaux tant en ce qui concerne la reprise des négociations planétaires que sur la mise en place de politiques écologistes au niveau des régions, particulièrement en France.</p>
<p>Il en va de même pour ce qui concerne ce que nous continuerons d’appeler la contribution climat énergie. La solution est aujourd’hui connue. EIle est pour l’essentiel contenue dans les propositions de la commission Rocard :</p>
<ul>
<li>n’exonérer aucune source d’énergie non renouvelable ;</li>
<li>n’exonérer aucune industrie ;</li>
<li>revenir à un niveau de taxation efficace en tant que signal prix ;</li>
<li>consacrer le produit de la taxe à corriger ses effets pervers sociaux (redistribution aux plus bas revenus) et à la mise en  place de politiques écologiques (transports collectifs, isolation thermique, etc.).</li>
</ul>
<p>Et accompagner ce dispositif d’une communication enfin à la hauteur expliquant en quoi cette contribution est indispensable pour impulser de nouveaux comportements (bonus) et pénaliser les plus polluants (malus) tout en mettant en place — et c’est essentiel — les outils permettant à nos concitoyens de choisir ces comportements vertueux…</p>
<p>Faute de quoi, en culpabilisant sans donner le choix, le politique serait loin de jouer son rôle.</p>
<p>La résolution des deux questions — Copenhague et la taxe carbone — est intimement liée. Sortir rapidement de l’échec de la taxe carbone est d’autant plus urgent que la France pèse en Europe, et que l’Europe détient une partie des clés du succès de l’après-Copenhague. Et ce, dès le 31 janvier prochain, quand l’Union Européenne devra déclarer ses objectifs de réduction d’émission de GES à l’horizon 2020, conformément à l’engagement pris à Copenhague.</p>
<p>La France est dorénavant au pied du mur. Soit elle fait preuve de volonté politique et assume que lutter contre le dérèglement climatique nécessite une contribution climat-énergie efficace écologiquement et juste socialement, et elle aura acquis la crédibilité nécessaire pour porter une parole forte au sein des 27 et en direction du monde. Soit, comme il est à craindre, elle cède de nouveau à la facilité et aux lobbies et sa capacité à incarner un quelconque leadership climatique aura vécu avant même d’être éclos.</p>
<p>Au pied du mur, Nicolas Sarkozy doit choisir : s’en tenir à un <em>storytelling</em> défraichi, ou passer enfin au « <em>storymaking</em> » ?</p>
<h3>Notes</h3>
<ol class="footnotes">
<li id="footnote_0_1374" class="footnote">Daniel Cohn-Bendit, <em>Que faire ?</em>, éd. Hachette Littératures</li>
</ol>
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