Dimanche 7 juin 2009
Malte : fort recul du mouvement écologiste
| Liste (Groupe) | Résultat 2009 | Sièges 2009 (2004) |
|---|---|---|
| Alternattiva Demokratika (PVE) | 2,34% | 0 (0) |
| MLP (PSE) | 54,77% | 3 (3) |
| PN (PPE-DE) | 40,49% | 2 (2) |
Résultats des élections européennes de 2009 à Malte
Les résultats : Les partis Verts dans l’Union – Allemagne – Autriche – Belgique – Bulgarie – Chypre – Danemark – Espagne – Estonie – Finlande – France – Grèce – Hongrie – Irlande – Italie – Lettonie – Lituanie – Luxembourg – Malte – Pays-Bas – Pologne – Portugal – République Tchèque – Roumanie – Royaume-Uni – Slovaquie – Slovénie – Suède.
Un espace politique étroit pour les Verts à Malte
Les premiers décomptes officiels à Malte montrent que le Partit Laburista (PL : Parti Travailliste – membre du PSE) a obtenu 54.8% des premiers votes et le Partit Nazzjonalista (PN : Chrétiens Démocrates, au pouvoir à Malte) 40.5%. Alternativa Demokratika (AD – les Verts locaux) n’a obtenu que 2.3% des voix.
Ce résultat signifie un fort gain pour les travaillistes qui avaient fait 48.4% en 2004. Le PN a lui aussi amélioré ses positions – bien que plus légèrement – ayant fait 39.8% en 2004. Les plus gros perdants sont donc Alternativa Demokratika qui perd près des 2/3 de ses voix de 2004 (5.8% à l’époque).
Comme prévu les travaillistes emportent donc la majorité des voix. En revanche c’est un échec pour AD qui perd son député européen et ce, probablement, du fait justement de la nette victoire des travaillistes. Cela dit AD n’a pas fait une bonne campagne, à la fois en terme de visibilité et de positionnement sur le fond. Pour la visibilité ils ont clairement été écrasés par les deux machines électorales des deux grands (et riches) partis dominants à Malte. Sur le fond, AD contrairement à 2004, n’a pas osé affirmer ses positions fortement. Pour ne pas heurter les électeurs, AD n’a pas osé aller sur le terrain des questions clivantes et impopulaires comme l’immigration , le divorce, les droits LGBT, etc. Du même coup AD a troublé son propre électorat qui n’a par conséquent pas hésité à voter utile et donc pour les travaillistes. Et ce d’autant que les deux grands partis n’ont pas hésité eux à revoir leur discours, « verdissant » et gauchissant leur programme, ce qui a contribué à renvoyer AD aux oubliettes, ayant perdu son originalité et son avant-gardisme.
Pour revenir à Malte plus généralement, la participation à 79% est la plus basse de l’histoire électorale du pays (même si elle est énorme comparée aux autres pays où l’élection n’est pas obligatoire). Malte a 5 sièges à répartir (un 6e sera à attribuer quand le traité de Lisbonne entrera en effet). Il est probable que les travaillistes en obtiennent trois et le PN deux. Cela peut apparaître surprenant qu’un pays avec 400 000 habitants et 5 sièges à pourvoir soit probablement le dernier qui annoncera ses résultats définitifs en sièges. C’est dû au système électoral dit de « vote transférable » que Malte partage en Europe seulement avec l’Irlande et quelques endroits du Royaume-Uni…



Cet article est confus. AD ne « perd » pas son député, car AD n’a jamais eu de député européen, puisque depuis 20 ans, ce parti n’est pas parvenu à sortir du carcan bipartiste qui pollue la vie politique maltaise.
AD a fait une campagne molle, et n’ose pas s’aligner sur le Manifesto du Parti Vert Européen, particulièrement en ce qui concerne la défense des droits humains des migrants en situation irrégulière. AD défend timidement le divorce mais n’en fait pas assez sur les questions de parité et des droits des LGBT. AD n’ose pas affirmer son point de vue sur la légalisation de l’avortement.
Cette campagne a été la preuve que la place d’AD sur l’échiquier politique maltais n’est pas celle d’un centre mou qui n’apporte rien par rapport au PN ou au MLP, mais d’un parti courageux résolument de gauche qui dépoussière les pratiques « à la papa » des deux grands partis.
En espérant que cette claque sera une leçon pour les échéances éléctorales à venir.