Édito — Jeudi 16 décembre 2010
Retour de Cancùn
Le bilan détaillé a déjà été largement fait et commenté, les analyses reflétant presque plus l’état psychologique et le degré d’espérance des émetteurs, de leur place aussi sur l’échiquier mondial, qu’une analyse factuelle.
Si l’on ne peut que constater que la communauté internationale a encore raté une occasion de prendre ses responsabilités en matière de lutte contre les changements climatiques et d’adaptation (engagements, financements, etc.), il faut également reconnaître que Cancùn est un pas dans le bon sens.
Sous la présidence mexicaine, le processus multilatéral est enfin reparti sur les bons rails.
Nous pouvons aujourd’hui espérer que l’irresponsable jeu de la barbichette inter-étatique — commence d’abord et je verrai — qui avait précipité l’échec de Copenhague est derrière nous. L’Union européenne aurait pu — aurait du ! — s’engager sans attendre et sans condition. Elle continue à minauder.
Refus de reconnaissance de la dette climatique, comparaisons erronées des émissions de la Chine avec celles des États-Unis ou de l’Europe[1] et autres faux-semblants, force est de constater que les pays en développement et émergeant font globalement preuve de beaucoup plus de responsabilité que les pays industrialisés.
Si l’on peut espérer que la Convention Climat permette de redistribuer les cartes sur la scène internationale, sans un sursaut majeur, elle ne sauvera pas le climat. Reconnaître l’objectif de stabilisation de 2 °C est bien, mais se donner les moyens de le faire est beaucoup mieux.
Partout dans le monde, provinces, états fédérés, régions, villes… mettent en œuvre des politiques climatiques ambitieuses sur leurs territoires. De la convention des maires, au Climate group en passant par le réseau NRG4SD, la mobilisation se renforce aussi au niveau international et s’invite dans les négociations ; remède efficace à la désespérance.
Notes
- cf l’article de Bernard Laponche de notre dossier Copenhague [remonter]



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